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Littérature et darwinisme. 16 décembre 2009, Lyon, INRP

par Michèle PRIEUR last modified 19 Mar 2010 10:55

 

En rendant compte de la réception du darwinisme par les romanciers du dix-neuvième siècle, ce séminaire a pour objet de souligner la dimension interdisciplinaire de l’enseignement de l’évolution et susciter des initiatives dans les classes.

  

Les vulgarisatrices victoriennes face à l’évolution

 

par Laurence Talairach-Vielmas, Professeur des universités, Université Toulouse2-Le Mirail,  responsable scientifique d’EXPLORA - vulgarisation de la science au XIXI° siècle- UTM –séminaire 2009-2010 (ANR).

La professionnalisation de la science à l’époque victorienne impose plus que jamais l’hégémonie masculine, plaçant la femme tout en bas de l’échelle de l’évolution : Darwin donne à l’homme les facultés intellectuelles, tandis que la femme se cantonne à l’intuition. Pourtant, si les femmes sont de plus en plus exclues du monde scientifique (des universités aux sociétés savantes), elles continuent d’écrire la science, participant activement à la vulgarisation du discours scientifique. La vulgarisation apparaît alors comme un moyen ultime, pour elles, d’accéder à la sphère scientifique, et peut-être, également, à une autonomie financière. A travers l’exemple de deux vulgarisatrices victoriennes, Margaret Gatty (1809–1873) et Arabella Buckley (1840–1929), cette communication abordera les techniques de mise en récit des ‘merveilles’ de la Création divine à une époque où les théories de Darwin commencent à redéfinir le monde. Ainsi, même si ces deux figures, séparées par une vingtaine d’années, n’ont pas la même vision de la théorie de l’évolution, cette communication montrera comment ces vulgarisatrices fournissent des exemples significatifs de la façon dont les femmes, dans la deuxième moitié du dix-neuvième siècle, ont développé une conscience presque visionnaire de l’environnement, préfigurant l’avènement de l’écologie moderne.


 Rêver la Préhistoire : pseudo-darwinisme, idéologies et fictions

 

Image d'homme-singe, frontispice du livre de Pierre BOITARD, Études antédiluviennes, Passard, 1861

 

par Marc Guillaumie, agrégé de lettres, docteur ès lettres. Enseigne aujourd’hui le français dans un lycée général et technologique.

Loin d’être un phénomène marginal ou une curiosité littéraire, les récits de fiction consacrés à la Préhistoire sont depuis longtemps nombreux, en français et en anglais, dans la littérature, le cinéma et la bande dessinée. Ils se réclament souvent des idées de Darwin, qu’ils prétendent illustrer. Depuis le XIXème siècle, ils proposent une vision convenue de l’homme préhistorique et imposent leurs clichés simplistes dans l’imaginaire « populaire » : c’est du moins ainsi qu’en jugent les savants.

Nous nous proposons d’interroger non seulement ce supposé darwinisme, mais aussi ces jugements savants sur la fiction. Nous allons essayer de montrer que le roman préhistorique n’est évidemment pas darwinien ; il ne l’est d’ailleurs pas plus aujourd’hui qu’il ne l’était au XIXème siècle. Mais la vulgarisation autorisée l’est-elle davantage ? Quels obstacles rencontre la théorie de Darwin, lorsqu’on prétend la mettre en récit ?

Si ces fictions et ces scénarios de vulgarisation ne sont pas darwiniens, que sont-ils donc ? Quelles théories ou quelle(s) idéologie(s) illustrent-ils en réalité ? Enfin, comment peut-on utiliser devant les élèves ou les étudiants de tels récits ?

 

 


Contact : marie.musset@inrp.fr

 

 

 

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