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Qu'est-ce qu'un champignon ?

Des difficultés de vocabulaire et une évolution de la signification du terme "champignon"

 Une situation initiale qui paraît simple

Au jeu des devinettes si l'on se munit des termes "pied" et "chapeau", d'une indication de lieu (le plus souvent sous les arbres en forêt), et de saison (parfois au printemps mais plus sûrement en automne après une période humide), l'affaire paraît entendue et il serait bien surprenant que ne soit pas trouvé le mot champignon.

 

Mycélium et sporocarpe

 

C'est en effet en automneen automne.gif que les champignons (que l'on récolte) se développent - sous nos latitudes - et, par ailleurs, de façon très spectaculaire. Mais voilà, ce que l'on apprend - étant enfant - à reconnaître comme champignon, s'avère par la suite n'être que la partie émergée d'un être vivant dont la réalité - un peu à l'image d'un iceberg - est essentiellement enfouie sous la terre et constituée d'un enchevêtrement de filaments dont l'ensemble forme ce que l'on appelle un mycélium.

 

Un même mot, "champignon", désigne ainsi deux objets bien distincts et le langage véhicule à travers ce mot deux catégories d'idées associées aux deux sens du mot. Par exemple  "appuyer sur le champignon" fait à l'évidence référence à la forme (pied et chapeau) alors que le verbe "champignonner", l'expression "ville-champignon" font référence certes à une croissance rapide et concertée de ces mêmes pieds et chapeau, mais aussi imperceptiblement nous font glisser vers la dimension souterraine puis surnaturelle, voire mystique, de ce soubassement à l'origine d'une aussi spectaculaire croissance. On l'a vu ci-avant la réalité des chiffres concernant cette croissance s'inscrit finalement dans la norme du monde vivant, toutefois parmi les valeurs hautes.

Une ambiguïté du langage commun que nos voisins britanniques ont su mieux gérer (et qui n'épargne pas  la science...)

La langue anglaise est de ce point de vue plus rigoureuse puisqu'elle dispose de deux mots - "mushrooms" et "fungi" - pour les deux sens. De façon amusante l'allemand utilise le mot champignon dans un sens encore différent puisqu'il désigne le "champignon de couche" c'est-à-dire le champignon cultivé, les sens habituels étant donnés par le mot "gashebel". L'espagnol a recours à deux mots "seta" et "hongo" qui semblent avoir essentiellement la même signification. L'italien - comme le français - n'utilise qu'un seul mot (funghi).

Pas facile donc de s'y retrouver avec le langage commun... On peut donc souhaiter que dès lors, et pour parer à ces nombreuses difficultés, le langage scientifique ait su être plus rigoureux. Il l'est, fort heureusement, mais des problèmes de vocabulaire, il y en a malgré tout. Regardons un peu. Ainsi le champignon (que l'on récolte) qui n'en est pas tout à fait un s'appelle un carpophore (et est classiquement considéré comme une fructification car il est cueilli comme un fruit). Or, le terme "carpophore" n'est plus accepté. Une autre difficulté dans le langage scientifique provient du changement de statut dont les champignons ont bénéficié et qui les range au sein d'un Règne à part, à l'égal de leurs illustres voisins Animaux et Végétaux dont ils ont eu du mal à se défaire.