Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Plateforme - ACCES
Navigation

Enseigner les Sciences de la nature

logo ensl   Logo du ministère de l'éducation
logo CIRI logo Immuniser Lyon
logo LBMC logo Musée Mérieux
Logo Inserm igfl igfl logo CREATIS
Logo du Museum national des histoires naturelles
Logo du musée de Confluences
logo geo 3d
Logo de Lyon 1 logo lgltpe 
Logo du Museum national des histoires naturelles
Logo du musée de Confluences
logo LBMC
logo LBMC
logos composé logo COP In My City logo Investissement d'avenirLogo du musée de Confluences
logo Météo France Logo du musée de Confluences
logo EVSlogo Grand Lyon
logo UDL
Logo Auvergne-Rhone-Alpes
logo UNISCIEL

La mutagénèse

Par jean — Dernière modification 08/04/2019 16:10

Adapté par Jean-Yves Dupont à partir d'un article de Beth A. Montelone Division of  Biology, Kansas  State University Avec l'autorisation de l'auteur 

LES MUTAGENES

Un mutagène est un agent naturel ou résultant de l’activité humaine, physique ou chimique qui peut altérer la structure de l’ADN.

Les mutagènes chimiques 

On les distingue par leur mode d’action. Certains agissent par des mécanismes semblables aux mécanismes spontanés, d’autres agissent davantage comme les radiations.

1 - Les analogues des bases : 

Leur structure chimique rappelle les purines et pyrimidines. Ils peuvent être incorporés à l’ADN lors de la réplication. Le bromo-uracile (BU), semblable à T (Br remplace CH3), s’apparie à A. Il a une forte tendance à se tautomériser en « enol ». Elle s'apparie alors à G. L’aminopurine, analogue de A s’apparie avec T et cause des transitions de A-T en G-C ou l’inverse.

2 - Les substances chimiques alterant la structure et l’appariement des bases : 

L’acide nitreux provient de la digestion des nitrites (conservateurs des aliments). Il est à l’origine de déaminations(= perte d'un groupe NH3)(ex : C ->U ; meC->T ; A-> hypoxanthine). 
La nitrosoguanidine, le methyl-methanesulfonate, l’ethyl- methanesulfonate réagissent avec les bases en ajoutant des groupements methyl ou ethyl. La dégradation peut aller jusqu’à  la production de sites sans bases ce qui, à la réplication, est générateur de mutations.

3 - Les agents intercalants : 

Acridine, proflavine, bromide d’ethidium sont des molécules qui s’insèrent entre les bases de l’ADN. Ceci entraîne un étirement de l’ADN. La polymérase insère alors une base surnuméraire en face de la molécule étrangère.

4 - Les agents qui altèrent la structure de l’ADN : 

Certaines grosses molécules se lient aux bases et qui deviennent ainsi  « non codantes » (ex : NAAAF) 
D'autres agents causent des liaisons intra et inter brins (ex : le psoralène trouvé dans les végétaux et utilisé dans les traitements de la peau). 
Des produits chimiques causent des ruptures dans l’ADN ( ex : peroxydes). 
Ces agents n’induisent sans doute pas directement les mutations mais induisent des processus de réparation qui sont mutagéniques.

Les radiations : 

Elles sont le principal agent mutagène. 

1 - Le spectre électromagnétique : 

La lumière visible et les autres formes de radiations sont des radiations électromagnétiques. Leur longueur d'onde varie et est inversement proportionnelle à leur énergie. 
Parmi les courtes longueurs d'onde , l'énergie est croissante dans cet ordre : ondes FM, TV, micro-ondes, Infrarouge, visible, UV, rayons X et gamma. La fraction biologiquement active est constituée par les UV, les rayons X et gamma..

2 - Les radiations ionisantes : 

Les rayons X et gamma sont assez énergétiques pour produire des ions réactifs (atomes chargés ou molécules) quand ils interagissent avec les molécules biologiques. On parle ainsi de radiations ionisantes. On regroupe également sous ce terme les radiations corpusculaires, flux de particules atomiques et subatomiques émises par les éléments radioactifs. Elles sont de deux types : les particules alpha (noyau de l'hélium 2H+ + 2 neutrons) et les particules bêta (des électrons). 
Les UV ne sont pas ionisants mais peuvent réagir avec l'ADN ou d'autres molécules biologiques. 
L'unité utilisée pour évaluer les radiations ionisantes est le rem (roentgen equivalent man) : 1 rem de n'importe quelle radiation ionisante produit le même effet biologique.

3 - Les sources de radiations : 

Les sources naturelles produisent des radiations "d'arrière-plan". Ce sont les rayons cosmiques (incluant le rayonnement solaire), les éléments radioactifs du sol ou des produits du sol (bois, pierre) et de l'atmosphère (radon). 
Les autres sources sont  artificielles : rayons X pour le diagnostic, essais nucléaires, TV, etc. 
Dans l'ensemble, le taux moyen d'exposition est de 350 mrem/an, l'essentiel étant dû au radon.

4 - Effets biologiques des radiations : 

Les dégâts causés aux cellules  par les radiations sont le résultat de la production de radicaux libres issus de l'eau (le radical OH ou hydroxyl). Les radicaux libres possèdent des électrons non appariés et sont chimiquement très réactifs. Ils interagissent avec l'ADN, les protéines et les lipides des membranes. 
Les dégâts causés ont pour conséquences l'atteinte d'organelles, le blocage de la division cellulaire ou la mort de la cellule. 
Les cellules à cycle cellulaire court (cellules souches de la moelle osseuse, lignée du tractus gastro-intestinal) sont les plus touchées. La sévérité des effets dépend de la dose reçue : 

  •  Dose létale : (100 - 250 rems) : nausées et vomissements, période de latence de 1 à 2 semaines suivie de malaises, anorexie, diarrhée, perte des cheveux, puis récupération.
  •  Dose létale (350 - 450 rems) : nausées et vomissements, latence de 1 semaine suivie par des symptômes sévères avec des hémorragies internes ; 50% de risque mortel dû à l'altération des cellules sanguines et gastro-intestinales
  •  Dose supra létale (>650 rems) : nausées et vomissements, état de choc, douleurs abdominales, diarrhées, fièvres, et mort en quelques heures en raison d'atteintes du système nerveux et du cœur.

5 - Les effets génétiques des radiations ionisantes : 

Les radiations ionisantes ont de nombreux effets sur l'ADN à la fois par les radicaux libres qu'elles créent et par action directe :

  •  ruptures dans l'un ou les deux brins (qui peuvent conduire à des réarrangements, délétions, perte de fragments de chromosome, ou la mort de la cellule en l'absence de réparation).
  •  altération ou perte de bases (mutations)
  •  enchevêtrement de l'ADN avec lui-même ou avec des protéines

Il y a une relation entre la dose de rayonnement et le taux de mutations, l'effet des radiations étant cumulatif.

6 - Les effets des UV :

Ils ne sont pas parmi les plus énergétiques et ne sont pas ionisants, mais leurs longueurs d'onde sont absorbées préférentiellement par des bases de l'ADN et par les acides aminés aromatiques des protéines. 
On distingue parmi les UV :

uv.gif

  •  les UV-C (180 - 290 nm) : les plus énergétiques. Ils son létaux mais absorbés par la couche d'ozone.
  •  les UV-B (290 - 320 nm) : ils peuvent être létaux. Ils constituent  le rayonnement mutagène de la lumière solaire.
  •  les UV-A (320 - visible) : ils ont des effets délétères parce qu'ils créent des radicaux oxygéne mais ils produisent peu de dimères de la pyrimidine.

Les lampes à bronzer produisent des U.V.-A et des U.V.-B.

La plupart des lésions létales sont des dimères entre bases pyrimidiques ( T-T ou T-C) dans l'ADN, résultat de l'établissement d'une liaison covalente entre pyrimidines adjacentes sur un brin.

T-T.gif

T-C.gif

 

Ces dimères comme la majeurs partie des lésions d'origine chimique, bloquent la transcription et la réplication. Elles sont létales si elles ne sont pas réparées. Elles genérent aussi des mutations et des réarrangements chromosomiques.