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Rentrée 2007 : un numéro spécial de L'Express : Objectif TERRE

Par urgelli — Dernière modification 05/12/2016 10:02
De manière symbolique, L’Express a clôturé l'année 2006 avec la publication d’un numéro spécial "Objectif TERRE" consacré aux enjeux environnementaux....

REFERENCE : L’Express n°2894-2895 du 21 décembre 2006 au 3 janvier 2007, Numéro spécial- Objectif TERRE


Voir le site de l'Express, spécial Ecologie

ANALYSE par HG-Lyon et Benoît URGELLI, Equipe EEDD Climat de l'INRP

On ne peut encore une fois que constater la pénétration spectaculaire du thème environnemental et en particulier climatique et énergétique dans la sphère médiatique durant l'année 2006 à la suite, par exemple, des interventions retentissantes d’Al Gore ou Nicolas Hulot. Nul doute que l’année 2007, ponctuée en France d’élections présidentielles et législatives au printemps, ne poursuive cette tendance et fasse une place très large à ce thème lors des campagnes électorales comme le souligne d’ailleurs Christophe Barbier dans son éditorial (voir à ce propos les analyses de l'émission Arrêt sur Images de France 5 du 19 novembre 2006, mais également les résultats de l'InfoChrono qui indiquent que les élections présidentielles 2007 et l'environnement font partie, avec les faits divers, des trois thèmes les plus présents dans les principaux journaux télévisées...).
 

 

 

 
En 72 pages agrémentées de nombreuses photos et d’interviews d’invités prestigieux :
le magazine dresse un constat des défis environnementaux auxquels est confrontée la planète et émet des propositions pour « limiter les dommages et préserver l’avenir ».
 

 

 

Le dossier s’articule autour de trois grands axes : « Le prix de l’air », « Le pouvoir de l’eau » et enfin « Les trésors de la Terre ».

 

 

 
S’ouvrant sur l’interview d’Al Gore, le premier axe traite ainsi principalement du réchauffement climatique, de ses causes, de ses effets et pour finir de quelques solutions.
 
 
Le constat formulé n’est pas surprenant dans la mesure où il reprend les travaux du GIEC, maints fois cités par ailleurs. Notons qu'au début du mois de février 2007 sortira le quatrième rapport de ce groupe intergouvernemental d'experts du climat. Après avoir grimpé d’environ 1°C au XX° siècle, la hausse globale des températures à la surface du globe à l’horizon 2100 serait comprise entre 1,4 et 5,8 °C. Elle serait en lien direct avec l’augmentation de la concentration dans l’atmosphère de gaz à effet de serre et en premier lieu du CO2.

Tout en reconnaissant la persistance d’incertitudes (voir à ce propos l'article d'Hervé Le Treut "Certitudes et incertitudes des modèles" dans le dossier spécial de la revue Pour La Science de janvier 2007), le journaliste balaye les opinions contradictoires allant même jusqu’à les qualifier de « négationnistes », terme évidemment très connoté. Pour lui, les (pseudo)scientifiques qui ne reconnaissent pas la réalité du réchauffement global sont à la solde de grandes entreprises américaines et en particulier pétrolières (Exxon-Mobil en tête), comme le signalait également dans un article intitulé "Les mensonges du lobby Exxon" dans le dossier Courrier international Hors-série "Trop chaud" d'octobre-décembre 2006.

Notons que ce durcissement de ton vis-à-vis des sceptiques est également identifiable chez certains scientifiques. Ainsi, dans le hors-série n°18 du Courrier International Le monde en 2007 (décembre 2006 - février 2007), le rédacteur en chef du magazine prestigieux Nature, Oliver Morton écrit "En 2007, le scepticisme ne sera plus de mise". Ce qui pose un délicat problème en terme d'éducation aux sciences, dont un des principes de fonctionnement reste malgré tout le scepticisme organisé !.

Plusieurs photos ou courts articles illustrent les conséquences déjà visibles ou à venir de cette hausse des températures : multiplication d’épisodes climatiques extrêmes (inondations, sécheresses, cyclones), coût économique faramineux (voir le rapport controversé de l'économiste britannique Stern), coûts sociaux (multiplication des réfugiés climatiques). Faisant référence au protocole de Kyoto, ils pointent aussi du doigt les « bons » et « mauvais » élèves. Non directement reliés à la question du réchauffement sont aussi évoqués les effets sanitaires de la pollution atmosphérique en milieu urbain ainsi que les difficultés pour réduire le trou de la couche d’ozone, sans que les risques qui lui sont liés ne soient d’ailleurs rappelés.
 

 

 
Le deuxième axe du dossier sur l’eau est intimement lié au premier puisque les effets du réchauffement sont ici développés : fonte des calottes glaciaires, élévation du niveau de la mer, multiplication des cataclysmes, dérèglement des courants marins (Gulf Stream, El Nino). Sont également évoqués les thèmes de l’inégalité d’accès à la ressource, de sa surexploitation et de sa dégradation. Une large place est aussi laissée à la question de la dégradation de la faune et de la flore sur les côtes ou directement dans le milieu marin.
 

 

 
A l’aide de nombreuses photos et courts articles, le troisième et dernier axe constitue un plaidoyer pour la sauvegarde de la biodiversité, la lutte contre les pollutions et donc le respect de l’environnement dans son ensemble. Alternent ainsi les constats alarmants (avancée du désert de Gobi, assèchement du lac Tchad, déforestation massive…) et les motifs d’espoir (exploitation raisonnée de la forêt au Gabon, sauvegarde réussie d’une espèce menacée au Pakistan, le léopard des neiges…).
 

 

 
Face à ces situations critiques (« ce coup-ci, l’homme est menacé de disparition. », p. 64), L’Express publie également un manifeste composé de 25 propositions « pour préserver la planète ».
 
Parmi elles, la proposition 18 incluse dans le thème « sensibilisation » concerne directement le système éducatif : « Inscrire le thème Consommation et citoyenneté dans les programmes scolaires ». tout comme le propose à la page 67 le Plan Climat 2004 du ministère de l'Ecologie et du Développement durable dans le paragraphe "Eduquer et Former" appellant les acteurs de l'école et des médias à contribuer activement aux changements de comportements des citoyens.

Si tant est que nous ayons bien compris les objectifs de la proposition 18 (?), il s’agirait donc de responsabiliser chaque écolier (et donc chaque consommateur en devenir) dans son acte d’achat en le poussant à réfléchir à la question suivante : « ce que je viens d’acheter a-t-il été élaboré dans un processus respectueux de l’environnement ou pas ? ». Cela suppose donc une connaissance aiguë à la fois des défis environnementaux auxquels la planète est soumise et des différents processus productifs possibles : se pose alors inévitablement la question de l'information et de la formation scientifique des enseignants à ces problématiques et de la place à accorder à ces questions dans notre système éducatif.
 

 

 
Au final, ce numéro spécial apporte peu dans les débats scientifiques autour des questions « énergie, climat, développement ». Son intérêt réside essentiellement dans la prise de conscience qu’il peut éveiller ou renforcer quant à ces questions : la beauté des photos, la multitude des sujets évoqués comme l’encouragement fait aux lecteurs (et aux présidentiables) de signer le manifeste pour préserver la planète poussent à ce que chacun se sente investi de cette tâche. « Pour protéger, il faut faire aimer », déclare Luc Jacquet. C’est probablement l’objectif de ce numéro.