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Le double jeu des arbres

La végétation, qu'elle pousse ou qu'elle ne pousse pas, peut accélérer le réchauffement climatique. Note de lecture sur un article de La Recherche n°391 Novembre 2005, Odile LENAIN (Académie de Lyon).

Cet article révèle le comportement paradoxal de la végétation dans le processus de réchauffement climatique.

D’un côté le réchauffement actuel stimule la croissance végétale mais la végétation à son tour accélère ce réchauffement et ceci qu’elle soit en expansion ou sur le déclin.

Dans les régions arctiques les étés ont gagnés 3° à 4°C au cours des cinquante dernières années contre 0,6°C en un siècle pour la terre entière.

Les travaux d’une équipe nord-américaine, s’appuyant sur des données recueillies depuis 1980, montre que cette rapidité du réchauffement climatique s’explique par une fonte des neiges de plus en plus précoce (2,5 jours d’avance tous les dix ans) : Les sols dénudés, moins bons réflecteurs que les sols enneigés absorbent de plus en plus le rayonnement solaire (plus 3 Watts par mètre carré par décennie) mais en plus des arbres et des arbustes colonisent peu à peu la toundra qui, elle, est repoussée vers le nord. Selon les chercheurs, 11 600 kilomètres carrés de toundra (soit 2,3% de sa surface) ont été convertis en forêt depuis cinquante ans. Comme les étendues arbustives, et, à fortiori, les forêts, réfléchissent encore moins le rayonnement solaire que la végétation de la toundra on obtient une rétroaction positive.

Le climatologue Frédérique Rémy de l’observatoire Midi-Pyrénées parle de l’éventualité d’un emballement du processus accentuant encore le réchauffement estival des régions arctiques et boréales.

Une équipe européenne a montré que les températures élevées en Europe et la sécheresse exceptionnelle de l’été 2003 ont fortement limité la croissance végétale et donc l’activité photosynthétique. Conséquence : 500 millions de tonnes de carbone atmosphérique n’ont pas été piégé par les écosystèmes européens ce qui correspond à plus de la moitié de émissions anthropiques annuelles en Europe. De telles vagues de chaleur pourraient entraver le rôle de « puits de carbone » joué par la forêt.