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Les enjeux éducatifs du projet pédagogique

Selon Joël de Rosnay, Conseiller du Président de la Cité des Sciences et de l'Industrie de la Villette, "il faut créer dans l'enseignement un environnement qui motive, qui excite la curiosité et donne envie d'aller plus loin". C'est ce qu'il appelle le projet pédagogique...
D'après la conférence "Enseigner aujourd'hui ?", Joël de ROSNAY
Atlantica hors-série An@é, novembre 2004, pp 41-48.

Voir le site de Joël de Rosnay : Le carrefour du futur, Regard vers le troisième millénaire

Voir également sa conférence "Energie et développement durable", 17 janvier 2006,
Cité des Sciences et de l'Industrie.

  • Les enjeux et les contraintes de l'enseignement d'aujourd'hui
Ils sont au nombre de trois : le temps, l'espace et la complexité. Ils expliquent probablement la crise actuelle que rencontre l'enseignement.

D'abord le temps...
Les jeunes et nous, nous vivons des relations différentes au temps. La télévision mondiale a créé la notion de temps réel et d'instantanéité des évènements. Les jeunes sont habitués à ce temps court et ils l'acceptent mieux que le temps long.  Le temps long, c'est celui de la formation, de l'école, des programmes scolaires. C'est un temps séquentiel, organisé en heures, en jours, en semaines, en mois... Il est contraignant et entre en conflit avec le temps des évènements, des instants juxtaposés, qui fait à présent parti de la culture des jeunes. Ce temps entre ainsi en conflit avec l'école.
Mais le temps court, avec la notion de replay, est également réversible, contrairement à la non réversibilité de la formation en classe. On ne peut que difficilement revenir en arrière lorsqu'on a choisi une filière et c'est probablement ce qui explique la difficulté de beaucoup de jeunes à choisir.
Face à ces constats, il faut probablement apprendre la notion de temps large, c'est à dire un capital-temps qui va permettre de générer des intérêts temporels d'une manière beaucoup plus souple que les séquences du temps long.

L'espace de vie a aussi changé...
Les environnements dans lesquels les élèves sont confrontés à l'acquisition de connaissances ont complètement changé. Dans les années soixante, l'environnement de la classe était très riche et varié. Il y avait des cartes, des squelettes, des photos, des films, de l'audiovisuel... alors qu'à l'extérieur, l'environnement était pauvre : pas beaucoup de publicité, pas d'internet, pas de télévision avec cent chaînes, pas de Loft Story en temps réel...
Aujourd'hui la situation est inversée. Le monde dans lequel vivent les jeunes est très solliciteur, alors que le monde scolaire, même s'il a progressé, est resté relativement plus pauvre. Il y a donc un décalage entre les espaces de vie ete les espaces dans lesquels on apprend.

La compléxité...
Dans un monde interdépendant où tout réagit sur tout en permanence, les matières que l'on enseigne semblent dissociées les unes des autres, mais également par rapport au réel. On n'a pas l'impression qu'elles sont connectées entre elles, alors que le monde dans lequl on vit donne au contraire une impression d'interdépendance permanente, de l'écologie à l'énergie, de l'énergie au développement social et humain. Ainsi, même si tout est interdépendant, on enseigne pourtant des morceaux séparés, une mosaïque du monde.

  • Comment adapter notre enseignement ?
Jusqu'à présent, on a consiédéré les professeurs comme des détenteurs de connaissances, les transmetteurs de connaissances et donc dotés d'une certaine capacité de communication pour expliquer les choses et les rendre plus claires... Mais on les considère également comme les chefs de la classe, au sens disciplinaire du terme.
Aujourd'hui, avec l'irruption des technologies, les professeurs deviennent plutot des médiateurs de connaissances à qui l'on va demander de contextualiser les faits reçus par bribes ou par discipline, dans une vision systémique et interdépendante d'un monde qui change.

Il faut alors aborder la question des méthodes et contenus à enseigner, face à la complexité. Nous sommes confrontés à la crise de l'enseignement encyclopédique par rapport à l'enseignement systémique.
Il existe en effet des données transversales que la systémique fait ressortir. Edgar MORIN essaie d'expliquer que plutôt que d'avoir une démarche analytique et encyclopédique, on pourrait adopter une démarche systémique permettant de regrouper les connaissances et de définir des domaines qui permettent de croiser les disciplines entre elles et de les rapprocher.
Les jeunes n'arrivent plus à faire le lien entre l'approche analytique qu'on leur assène à l'école et la globalité du monde dans lequel ils vivent. Lorsqu'on leur explique les liens entre les choses, par l'éducation systémique, non seulement ils comprennent mais ils veulent aller plus loin. Il y a donc un champ passionnant qui commence à entrer dans les programmes.

Il faut donc trouver des sujets globaux qui permettent par le haut de la pyramide, de descendre aux éléments de formation (vers les mathématiques, l'écologie ou encore l'informatique) plutôt que de commencer par le bas de la pyramide pour apprendre toutes les disciplines dont on aura besoin pour arriver en haut, même si la pyramide est désaxée vers une autre vocation qu'on a eue en cours de route.

  • L'éducation systémique par quels moyens ?
Pour mettre en oeuvre l'éducation systémique, il faut considérer la classe comme un système de communication humain, un système de relations humaines. Cela veut dire que la médiateur enseignant devra se forger un projet pédagogique, quelque soit la classe et l'âge, et en fonction de ce projet, choisir les technologies adaptées pour mener à bien ce projet. Il crée alors un petit réseau d'intelligence collective qui exploite sur le terrain les éléments que le professeur va indiquer dans son rôle de catalyseur, plutot que de détenteur essentiel de connaissances.

Internet et l'intranet sont au centre d'un matrice dans laquelle on a vers le haut, des technologies de plus en plus sophistiquées et vers la droite, de plus en plus de personnes touchées. Le satellite, très sophistiqué et qui touche beaucoup de monde, se trouve ainsi en haut à droite. Le tuteur, le livre, qui ne touche qu'une personne, se trouve en bas à gauche.
Dans cette matrice, vous avez l'ensemble des moyens pédagogiques actuels, depuis l'ordinateur jusqu'au manuel, à la classe ou au séminaire. Mais on aura toujours besoin de la relation humaine, du contact, de l'émotion et de la sensibilité. L'électronique ne les remplacera évidemment pas.

  • Transmettre des connaissances mais contribuer surtout à la culture
La culture à plusieurs définitions, mais pour de Rosnay, c'est un ciment qui permet de réunir les éléments épars d'un monde disjoint, d'un monde que nous recevons par bribes, par l'école, par les disciplines analytiques, par les médias, par la télévision... La culture, c'est donc l'intégration de ces bribes. Elle permet d'être capable de situer des faits dans un contexte évolutif.
Et transmettre cette culture ne peut se faire qu'en fonction de valeurs, qui résultent de la communication en société.  Par conséquent, on peut construire des valeurs à l'école, dans la famille. Elles permettront de donner du sens à ce qu'on fait et veut faire, mais aussi pour choisir les informations qui sont pertinentes pour sa vie et son action.