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Al Gore : trois idées fausses sur le changement climatique ?

Par urgelli, publié le 26/02/2007, mise à jour le 05/12/2016
Dans le film "Une vérité qui dérange", Al Gore finit son exposé en présentant les trois idées fausses qui, selon lui, empêchent la mobilisation populaire en faveur de la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre...
RETRANSCRIPTION des propos D'Al Gore dans "Une vérité qui dérange"

"Les trois idées fausses
qui troublent notre réflexion"

- Retranscription à partir de la minute 72'

- DVD à paraître en France à partir d'avril 2007...Voir le site d'Amazon ou de la FNAC) :

Voir aussi  :

[01h12min20s]

 
 
 
 

D’abord, les experts ne sont-ils pas en désaccord sur la question ?

 

En fait, pas vraiment.

 
 
 
 

Une grande étude scientifique a recensé toutes les publications scientifiques sur le réchauffement planétaire depuis dix ans et en a retenu un échantillon de 10 %, c’est-à-dire 928 articles. Vous savez combien d'entre eux contestaient l'idée que nous sommes responsables du réchauffement et que c'est sérieux ? Sur 928 ? Zéro.

 
 
 
 
 

L'idée fausse d'une controverse scientifique a été délibérément répandue par un groupe assez restreint. Une de leurs notes internes a transpiré. En voici la teneur, selon les médias : le but est de faire passer le réchauffement pour une théorie et non un fait. On a déjà connu ça. Mon médecin fume des Camel. Après le rapport du ministre de la Santé. Une de leurs notes internes avait transpiré, il y a 40 ans : « Nous devons produire du doute. C'est le meilleur moyen de créer une controverse dans les esprits. »
Ont-ils réussi ? Sur 928 publications dans des revues scientifiques, le désaccord était de 0 %.
Une autre étude sur les médias populaires a retenu un échantillon de 636 articles des 14 dernières années. Plus de la moitié disaient : « C’est peut–être un problème mais peut-être pas. » Pas étonnant que la confusion règne.

 
 

[…enquête téléphonique sur le réseau politique et pétrolier…]

 
 

Les scientifiques ont l’obligation de respecter la vérité et de s’en tenir aux faits.

 
 

[… 8 mai 1989, interview du Dr. James HANSEN de la NASA Goddard, Institute for Space Studies …]

 
 
 
 

- Al-Gore : Pourquoi êtes-vous directement en contradiction avec vous-même dans votre témoignage sur cette question scientifique ?.
- Hansen : Le dernier paragraphe n’est pas de moi. Il a été rajouté.
- Al Gore : S’ils vous ont forcé à modifier vos conclusions, c’est de la fraude, de leur part. En U.R.S.S., on ordonnait à des scientifiques de réviser leurs conclusions pour coller à l’idéologie.

 
 
 
 
 
 
 

J’ai vu des scientifiques qui étaient persécutés, ridiculisés, privés de leur emploi, de leur salaire, pour l’unique raison qu’ils avaient découvert une vérité qui dérange, qu’ils voulaient rendre publique.
Il (Philippe Cooney) travaillait pour l’Institut Américain du Pétrole. Et, en janvier 2001, il fut chargé par le Président, de la politique de l’environnement.
Ayant reçu de la Protection de l’Environnement une note alarmante sur le réchauffement, il l’a réécrite. Sans aucune compétence scientifique, il s’est substitué aux experts. J’ai demandé à voir son écriture. Voici la note de l’EPA, avec les parties qu’il a censurées. Il a dit : « Vous ne pouvez pas dire ça. Ce sont des suppositions. ».
C’est gênant, pour la Maison Blanche. Il a donc démissionné, quelques jours plus tard. Le lendemain de sa démission, il travaillait chez Exxon Mobil.
Il y a plus d’un siècle, Upton Sinclair écrivait : « Difficile pour un homme de comprendre une chose si son salaire dépend de ce qu’il ne la comprenne pas. »

 
 

[01h17min]

 
 

Deuxième idée fausse : faut-il choisir entre l’économie et l’environnement ?

 

Elle est de taille. Beaucoup pensent que oui. J’ai essayé de persuader la dernière administration, la première administration Bush, d’aller au Sommet de Rio. En conférence de presse à la Maison Blanche, ils ont dit : « On suit ça de près. » Un de leurs graphiques m’a intéressé. Et j’aimerais vous en parler. Voici l’alternative à laquelle nous sommes confrontés, selon eux. Nous avons ici une balance, avec ses deux plateaux. D’un côté, des lingots d’or. Appétissants, non ? J’aimerais bien en avoir quelques-uns. Equilibre. Sur l’autre plateau de la balance, la planète entière !

 

Pour moi, cette alternative est fausse, pour deux raisons. Premièrement : si nous n’avons pas de planète… Deuxième raison : si nous faisons les bons choix, nous créerons des richesses et nous créerons des emplois. Oui. Quand on fait les bons choix, on avance.

 
 

[01h18min30s]

 

J’ai du donner cette conférence des milliers de fois. Un bon millier de fois. De Nashville à Knoxville, à Aspen et Sundance, Los Angeles et San Francisco, Portland, Minneapolis, Boston, New Haven, Londres, Bruxelles, Stocgkholm, Helsinki, Vienne, Munich, en Italie et en Espagne, en Chine, en Corée du sud, au Japon.

 

Et je crois que j’ai consacré la majeure partie de mon temps à essayer de débusquer ces idées que les gens ont dans la tête qui sont autant d’obstacles à leur compréhension du problème. Et quand je reconnais un obstacle, j’essaie de l’isoler, de le retourner, de le démonter, de le faire sauter.

 
 

Je me suis fixé un objectif : expliquer tout ça le plus clairement possible. La seule façon de le faire, c’est ville après ville, individu après individu, famille après famille.

 

Et je suis convaincu que bientôt, suffisamment d’esprits auront changé et qu’un seuil sera franchi.

 

Voici un exemple de déséquilibre entre économie et environnement. Ca concerne l’automobile. Voici la norme rigoureuse sur le kilométrage au Japon. L’Europe a prévu de faire mieux. Nos alliés australien et canadien nous laissent loin derrière. Voici où nous sommes. Il y a une raison à cela. Certains prétendent qu’on ne peut protéger l’environnement sans menacer l’économie et notre secteur automobile, car les constructeurs chinois pourraient nous voler nos marchés. Voici où en est la Chine en matière de norme kilomètres par litre. Bien au dessus de nous. Nous ne pouvons pas vendre nos voitures en Chine. Nous ne répondons pas à leurs critères écologiques. La Californie a pris l’initiative de limiter la consommation des voitures vendues dans l’état. Les constructeurs ont poursuivi la Californie en justice pour faire annuler la loi, en affirmant qu’il faudrait que d’ici 11 ans, les voitures vendues en Califormie soient aussi économiques dans 11 ans que les autos chinoises d’aujourd’hui. Une exigence beaucoup trop lourde à satisfaire. Cela profite-t-il à notre industrie ? Les marques qui réussissent le mieux sont celles qui produisent les voitures les plus économes. Les nôtres sont en grande difficulté.

 
 

Dernière idée fausse : si on admet que le problème existe, peut-être qu’il est déjà insoluble.

 

Beaucoup de gens passent directement du déni au désespoir, sans s’arrêter à l’étape intermédiaire qui consiste à agir pour trouver des solutions.

 
 

[01h22min34s]

 
 

Je conclurai là-dessus :

 

« Humanity already possesses the fundamental scientific, technical, and industrial know-how to solve the carbon and climate problems…” Stephen Paccala and Robert Sacolow, Science, August 13, 2004.

 
 

Nous savons d’ores et déjà tout ce qu’il faut savoir pour agir efficacement. Il y a beaucoup de choses à faire. En utilisant des appareils électriques d’un meilleur rendement, nous pouvons réduire d’autant la pollution qui serait sinon émise dans l’atmosphère. D’autres produits plus efficaces, des voitures plus économes. Tout cela s’additionne. Les transports, les énergies renouvelables, la capture et le stockage du carbone, une solution dont vous entendrez parler. Tout cela s’additionnant, nous serions bientôt au-dessous des taux d’émissions de 1970. Nous avons tout ce qu’il faut. Sauf peut-être, la volonté politique. Mais aux Etats-Unis, la volonté politique est une énergie renouvelable.

 

Nous pouvons y arriver. Chacun a sa part dans le réchauffement. Mais chacun peut décider de changer ce qu’il achète, l’électricité qu’il consomme, sa voiture, et réduire son taux d’émission de carbone à zéro. Les solutions sont entre nos mains. Il suffit de décider de les mettre en œuvre.

 

Allons-nous rester en arrière quand le reste du monde avance ? Toutes ces nations ont signé le protocole de Kyoto. Seuls deux pays développés dans le monde ne l’ont pas signé et nous sommes l’un deux. L’autre est l’Australie. Heureusement, plusieurs de nos états prennent l’initiative. Les neuf états du nord-est se sont unis pour réduire le taux de CO2. La Californie et l’Oregon prennent l’initiative. La Pennsylvanie est en tête pour les énergies solaire et éolienne. Et les villes américaines s’engagent. L’une après l’autre, on a vu toutes ces villes s’engager dans la lutte contre le réchauffement. Et les autres, alors ? En définitive, la question se résume à ça : sommes-nous, en tant qu’Américains, capables de faire de grandes choses, quoique difficiles ? Sommes-nous capables de nous dépasser et de dépasser l’histoire ? Nos archives indiquent que nous avons cette capacité. Nous avons formé une nation, avons fait une révolution et avons introduit quelque chose de nouveau sur la Terre : on a instauré la liberté et l’autodétermination. Les Etats-Unis ont pris une décision morale contre l’esclavage. Notre pays ne pouvait pas être à moitié libre et à moitié asservi. En tant qu’Américains, nous avons décidé que bien entendu, les femmes devaient obtenir le droit de vote. Nous avons vaincu le totalitarisme et avons gagné une guerre dans le Pacifique et l’Atlantique, simultanément. Nous avons aboli la ségrégation dans nos écoles. Nous avons guéri des maladies redoutables, comme la polio. Nous nous sommes posés sur la Lune, bel exemple de notre excellence. Nous avons œuvré, par l’union bipartie, à la chute du communisme. Nous avons même résolu une crise écologique majeure : le trou dans la couche d’ozone de la stratosphère. Certains disaient que c’était impossible parce que c’est un défi planétaire qui nécessite la mobilisation de toutes les nations. On a relevé le défi. Les Etats-Unis ont ouvert la voie en supprimant peu à peu les produits chimiques mis en cause. Nous devons maintenant utiliser nos processus démocratiques et agir ensemble pour résoudre ces problèmes. Mais celui-ci doit être envisagé différemment. Nous n’en avons jamais affronté de semblable.

 
 

Vous vous rappelez ces images de la Terre tournoyant dans l’espace ? Un engin spatial a poursuivi sa course dans l’univers. A quatre milliards de kilomètres d’ici, Carl Sagan a dit : « Prenons une autre photo de la Terre. » Vous voyez ce point bleu pâle ? C’est nous. Tous les événements de l’histoire de l’humanité se sont produits sur ce pixel. Tous les triomphes, les tragédies, les guerres, les famines, toutes les grandes avancées. C&rsquorsquo;est notre seule maison. Et c’est cela qui est en jeu : la possibilité de vivre sur la planète Terre, la survie de la civilisation.
Je suis convaincu que c’est une question morale. A vous de prendre le problème en main. A nous de nous redresser pour assurer notre avenir.

 
 
 
 
 

Ce que je fais n’a rien d’extraordinaire. Le privilège, c’est qu’on m’ait ouvert les yeux quand j’étais jeune.  C’est un peu comme si on avait ouvert une fenêtre à travers laquelle l’avenir était clairement visible. « Vous voyez ? » nous disait-il. « Voici le futur dans lequel vous allez vivre. »
[01h29mn]
Les générations à venir risquent fort de se demander « A quoi pensaient nos parents ? Pourquoi ne se sont-ils pas réveillés quand il était temps ? ». Cette question, nous devons l’entendre dès maintenant.

[Générique de fin du film]