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Valoriser le dialogue entre Sciences et Société

Par urgelli, publié le 16/12/2008, mise à jour le 05/12/2016
Extraits d'un article publié au journal du CNRS n°226, novembre 2008, pp. 32-33....

La conférence a lieu les 24 et 25 novembre 2008, au palais d'Iéna, à Paris. Elle est organisée par le Mouvement universel pour la responsabilité scientifique (MURS), avec le concours de la Commission européenne et du CNRS, et sous le label de la présidence française de l'UE.
> Pour en savoir plus : www.sciencesensociete.eu

L'enjeu ? Développer le dialogue entre science et société. Regards croisés de Jean-Gabriel Ganascia, professeur à l'université Pierre et Marie Curie, Jean-Pierre Alix, conseiller science-société à la présidence du CNRS et Jean Jouzel, directeur de l'Institut Pierre-Simon Laplace (IPSL), et (de gauche à droite sur la photo).

CNRS_226_2008_01.jpg

A noter :

L'objectif principal de la conférence est de développer le dialogue entre science et société. Il était rompu ?
Jean-Pierre Alix :
Non, mais il a longtemps été limité à deux interlocuteurs : les scientifiques d'une part et l'État d'autre part, qui finance et fixe les grands axes de recherche et d'éducation. Or on ne peut plus limiter les relations entre sciences et société à une relation privilégiée entre les scientifiques et les politiques. Toutes les parties prenantes ont leur mot à dire.

Et les associations ? Elles sont pourtant devenues un interlocuteur essentiel, non ?
Jean Jouzel :
Bien sûr qu'elles sont présentes ! Elles n'apparaissent pas car nous avons choisi de lister les grandes fonctions de la société. Mais elles interviennent dans ce dialogue. De même que les syndicats ! Il ne faut pas les oublier. C'était une des grandes avancées du Grenelle de l'environnement de les avoir intégrés dans les discussions, il faut garder ce réflexe.

Que manque-t-il aujourd'hui à ce dialogue ? Les sciences sont-elles assez à l'écoute de la société ?
Jean Jouzel :
Toutes les disciplines font face à ce devoir de s'ouvrir à la société. C'est indéniable. La question sous-jacente est la suivante : comment garder un équilibre entre la recherche fondamentale et l'ouverture à la société ? Une recherche tournée vers la société, répondant à ses besoins, ne doit pas se faire au détriment d'une recherche fondamentale, plus « fermée », qui nécessite une gestation au sein de la communauté scientifique.
Jean-Pierre Alix : En effet, considérer que la science doit uniquement être au service de la société est une position excessive. Elle a pourtant été adoptée par certains États par le passé, mais elle a échoué. La position opposée, la science dans sa bulle, n'est pas viable non plus. Pas aujourd'hui, alors que les enjeux sociétaux interagissent de plus en plus avec ceux de la science.
Jean Jouzel : Il faut donc garder l'équilibre. Or, ce qui a le plus progressé aujourd'hui, ce sont les développements technologiques. Mais on ne peut pas s'en contenter : la connaissance n'est pas restreinte à l'innovation. La plupart des domaines scientifiques sont très ouverts vers la société, même s'il y a quelques exceptions. Il est évident qu'il y a un peu plus de distance entre la vie quotidienne et le démarrage du LHC, pour prendre un exemple récent, qu'avec le réchauffement climatique. Quoique nous constations parfois l'excès inverse. J'entends dire par exemple que maintenant que l'on sait que le climat va se réchauffer, nous n'avons plus besoin de recherches sur le sujet. Alors qu'elles sont plus nécessaires que jamais !
Jean-Gabriel Ganascia : La réflexion scientifique doit se nourrir de la demande sociétale, mais pas seulement. Pourquoi ? Parce que la demande de la société est toujours une demande à très court terme. Or, la Science est aussi une quête de la connaissance. La réduire à une simple fonction utilitaire, c'est l'amputer de sa moitié. C'est aussi abaisser la culture européenne, fondée sur la connaissance.

Si les disciplines scientifiques sont très ouvertes sur la société, qu'est-ce qui freine le dialogue ?
Jean-Pierre Alix
: il y a en fait une crise de confiance dans la science. Elle n'est plus seulement synonyme de progrès comme elle l'a longtemps été. L'attitude de la société vis-à-vis de la science est de plus en plus ambiguë : d'un côté, comme le montrent les études du Cevipof 4 qui ont été réalisées à l'occasion de la conférence, les scientifiques sont les interlocuteurs les plus crédibles, ceux qui rassemblent le plus grand taux de confiance dans l'opinion publique. Le CNRS figure en tête de ce palmarès. Mais de l'autre côté, la méfiance à l'égard de la recherche est de plus en plus grande. C'est vrai en France, et partout en Europe. D'ailleurs, nous ne sommes pas les seuls à nous en préoccuper. Ainsi, en Grande-Bretagne et en France, un « peerage » a été mis en place. Un système qui « couple » un scientifique et un parlementaire, dans le but d'instaurer un véritable dialogue, de familiariser les deux mondes.

CNRS_226_2008.jpg