Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Plateforme - ACCES
Navigation

Enseigner les Sciences de la nature

logo ensl   Logo du ministère de l'éducation
logo CIRI logo Immuniser Lyon
logo LBMC logo Musée Mérieux
Logo Inserm igfl igfl logo CREATIS
Logo du Museum national des histoires naturelles
Logo du musée de Confluences
logo geo 3d
Logo de Lyon 1 logo lgltpe 
Logo du Museum national des histoires naturelles
Logo du musée de Confluences
logo LBMC
logo LBMC
logos composé logo COP In My City logo Investissement d'avenirLogo du musée de Confluences
logo Météo France Logo du musée de Confluences
logo EVSlogo Grand Lyon
logo UDL
Logo Auvergne-Rhone-Alpes
logo UNISCIEL
Vous êtes ici : Accueil / Thématiques / EDD / COP : simulation des conférences sur le changement climatique / IV - Informations générales sur les COP - Accord de Paris / Les Cop après l'accord de Paris : les avancées et ce qu'il reste à faire

Les Cop après l'accord de Paris : les avancées et ce qu'il reste à faire

l'accord de Paris sur le climat 

Adoption de l'accord le 12 décembre 2015

Suivre les événements internationaux en temps réel et en français et les actualités du monde sur le climat: Mediaterre

Le contexte des négociations en 2015 et les enjeux majeurs de la COP21...Cop22...et après

La France a accueillie, du 30 novembre au 11 décembre 2015, la 21e Conférence des parties à la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). La COP21 s'est tenue à Paris et au Bourget. Plus de 40 000 participants y sont venues, entre les délégations des 195 États, la société civile – les entreprises, les ONG, les scientifiques, les collectivités territoriales, les populations autochtones, les syndicats – et les médias du monde entier.

Cette convention universelle, principal traité international sur le climat, reconnaît l’existence d’un changement climatique d’origine humaine et donne aux pays industrialisés le primat de la responsabilité pour lutter contre ce phénomène. Elle a été adoptée au cours du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro, le 9 mai 1992, avant d’entrer en vigueur le 21 mars 1994. Elle a été ratifiée par 195 États (auxquels il faut ajouter l’Union européenne), parties prenantes à la Convention.

La 3e COP a permis l’adoption du Protocole de Kyoto, le premier traité international juridiquement contraignant visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Signé en 1997 et entré en vigueur en 2005, ce traité ne concerne que 55 pays industrialisés, représentant 55 % des émissions globales de CO2 en 1990. Le protocole visait alors à réduire d’au moins 5 % leurs émissions de six gaz à effet de serre (dioxyde de carbone, méthane, protoxyde d’azote et trois substituts des chlorofluorocarbures), entre 2008 et 2012, par rapport au niveau de 1990. Si certains États ont respecté leurs engagements (comme l’Union européenne), les gros pollueurs n’ont pas rempli leurs objectifs : les États-Unis ne l’ont jamais ratifié, le Canada et la Russie se sont retirés et la Chine, devenue le premier émetteur mondial de gaz à effet de serre, n’est pas concernée par Kyoto. Pour toutes ces raisons, le protocole de Kyoto est obsolète. Il expire en 2020 et doit être remplacé par un nouveau texte : enjeu majeur de la COP21.

En effet, depuis 2009, les COP (Copenhague, Durban, Doha, Varsovie et Lima) ont toutes échoué à renégocier cet accord international sur le climat qui engage tous les pays signataires.

L’objectif principal de la COP21, appelé objectif d’atténuation, est donc celui de conclure le premier accord universel et contraignant, applicable à partir de 2020 aux 195 pays pour limiter la hausse des températures à 2 °C par rapport à l’ère préindustrielle. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) estime que la température à la surface de la Terre a déjà augmenté de 0,85 °C en moyenne depuis 1880 et devrait continuer à croître de 0,3 à 4,8 °C d’ici à 2100 si l’évolution des émissions de gaz à effet de serre reste sur la même trajectoire. Pour rester dans le scénario d’un réchauffement à 2 °C, il faut atteindre, selon le GIEC, la neutralité carbone au plus tard à la fin du siècle. Il faut également que la quantité accumulée d’émissions de CO2 d’origine humaine n’excède pas 800 gigatonnes de carbone. Or, depuis 1870, les hommes ont déjà relâché 531 gigatonnes de carbone dans l’atmosphère.

Fin octobre 2015, date limite des dépôts, 160 États ont envoyé leurs promesses d'engagement à la CCNUCC en matière de réduction d’émissions de GES,(soit environ 90% des émissions globale de GES), ce qui est un premier plébiscite de la Cop21. La plupart des contributions semblent sérieuses selon les analystes, même si les intentions des États sont globalement insuffisantes pour atteindre l'objectif de +2°C. Les niveaux d'ambition sont très divers et les États gardent toute latitude pour fixer les moyens d'y parvenir et pour déterminer une année de référence (2025 ou 2030), (voir le paragraphe ci dessous sur l'analyse des contributions des pays).

Mais le plus dur reste à faire pour que ces promesses se traduisent par des faits : l'accord de Paris doit définir une politique climatique équitable qui repose sur la recherche d’une convergence mondiale vers des émissions compatibles avec la stabilisation du climat, soit 2 tonnes de gaz à effet de serre par habitant et par an. En 2015, les États-Unis d’Amérique en sont à 16 tonnes, la Chine à 5, l’Inde à 1,7, l’Éthiopie à 0,1. Les instruments de politique économique –  taxes, marchés  – comme les outils réglementaires ne peuvent donc être identiques partout, puisque les situations sont radicalement différentes entre les pays. Notons que les pays producteurs de pétrole et gros émetteurs (Arabie saoudite, Qatar, Venezuela, Iran, Oman, Nigeria, EAU) n'ont pas rendu de contribution. Ces derniers maintiennent un prix bas des hydrocarbures, ce qui n'engage pas à la sobriété et à la transition énergétique.

L'accord de Paris fixe un second objectif : celui du financement de l'adaptation aux conséquences du changement climatique. Là encore, c'est un bon point pour Paris, car ce thème présent dans le Protocole de Kyoto avait disparu des débats ces dernières années. Ce sont des ambitions en termes de transition vers les énergies renouvelables et des promesses d'aide au développement des pays du Sud pour lutter contre les effets du changement climatique (adaptation). En 2010 à Cancun, dans le cadre de la CCNUCC et lors de la COP17 à Durban en 2011, les pays développés s’étaient engagés à mobiliser ensemble 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020 sur fonds publics et privés en faveur des pays en développement pour lutter contre le dérèglement climatique et s’engager dans un développement durable. Le nouveau rapport rendu début octobre par l'OCDE et Climate Policy Initiative donne une estimation actualisée de ces financements publics et privés. Selon le rapport, ils affichent une moyenne de 57 milliards de dollars (environ 50 milliards d’euros) par an sur la période 2013-2014. A Lima, seuls 10 milliards de dollars ont été garantis entre 2015 et 2018. Une partie de ces montants promis par les États donateurs doit transiter par le Fonds vert pour le climat, un mécanisme financier créé par l’ONU.

Un autre enjeu de la Cop21 : le thème de la réduction des subventions aux énergies fossiles ré-émerge. L’AIE (Agence internationale pour l’Énergie) estime qu’en 2013 les subventions aux fossiles représentaient dans le monde plus de 500 Milliards de dollars. La réduction de ces subventions favoriserait l’efficacité énergétique et permettrait de financer les investissements nécessaires au développement des énergies décarbonées. Le rapport du New Climate economy du 9 octobre 2015 met la tarification carbone sur la table des négociations et Le rapport accompagne l'inventaire OCDE des mesures de soutien pour les combustibles fossiles.

Enfin, pour espérer conclure un accord solide, au delà des négociations de Paris 2015, les négociateurs devront également convaincre les États réticents à Kyoto de dépasser la question de la responsabilité historique des États industrialisés dans le réchauffement de la planète et de revoir la répartition des efforts à accomplir entre pays industrialisés et émergents car la classification des pays de la CCNUCC n’est plus opérante.

Les analystes (Novethic, World Research Institute, Climate interactive, Fondation Nicolas Hulot, Climate Action Tracker, voir ci-après) étudient la hauteur des engagements déclarés pour déterminer si l’éventuel accord permettra de rester sous les 2°C d’augmentation moyenne de la température à la surface du globe d’ici à 2100. Pour ces analystes, la tâche est complexe. Il est en effet difficile de comparer les engagements de réduction de GES entre eux car, avant une éventuelle uniformisation lors de la COP21, chaque État détermine une « date référence » à partir de laquelle il met en place ses mesures de réduction et la compare avec une date BAU (business as usual). Or, ces dates devraient être 2030 par rapport à 1990, selon Kyoto. Certains pays chiffrent leurs émissions par habitants plutôt qu'en données globales, d'autres comptabilisent les forêts (puits de carbone), et/ou ont recours au marché carbone pour compenser les hausses d’émissions domestiques.

Rien n’est encore acquis depuis la COP21 et l'avenir de l'Accord de Paris est incertain, même si la vision est plus claire sur ce qui est mis sur la table des négociations. Ainsi, les premières analyses indiquent que les promesses déposées fin octobre 2015, qui représentent environ 90% des émissions mondiales, totalisent une augmentation de 22% des émissions en 2030, ce qui représenterait environ 60 teCO2/an et 7,2 teCO2/habitant. Ces estimations se rapprochent encore beaucoup trop du scénario RCP 4.6 du GIEC et conduiraient à un réchauffement allant de 2,7 à 3.6°C scoreboard de Climate interactive et simulation de Climate Action Tracker. Ce qui est insuffisant par rapport aux objectifs du scénario sobre du GIEC qui préconise une diminution globale des émissions de - 20% pour atteindre 30 à 50 GteCO2/an en 2030 (soit 4,8 TeCO2/hab). Tous les analystes soulignent le besoin urgent de réaliser des réductions d’émissions supplémentaires, au-delà des engagements annoncés. Après Paris 2015, de nombreux pays ont fait des promesses supplémentaires, qu'ils ont traduit dans leur document de ratification tout le long de l'année 2016 (voir l'état des contributions de Paris et des ratifications par CAIT Climate Data Explorer.

Il est donc fort possible que l’on ne parvienne pas à tenir l’objectif des deux degrés sur la seule base des engagements INDCs pris pour la COP21. Le rapport de l'ONU fait le bilan des engagements des Etats avant la Cop21 et confirme que les contributions sont insuffisantes pour limiter le réchauffement planétaire à moins de +2°C d'ici la fin du siècle. Au regard de l’urgence climatique, tous les États, en particulier les moins bons élèves, devront revoir leur copie dès que possible et bien avant 2020, date de l’entrée en vigueur de l’accord mondial sur le climat. Ainsi, les négociateurs orientent leurs discussions sur la mise en place de mécanismes de révision pour garantir que l’on revient sur cette trajectoire. Le cœur des discussions entre une quarantaine de pays à Paris en juillet dernier et à Bonn en septembre, puis dernièrement à Paris, lors de la pré-Cop (60 ministres des affaires étrangères) ont ainsi porté sur la définition « de clauses de revoyure ». Un compromis semble se dessiner pour un rendez-vous régulier autour des engagements tous les cinq ans avec des volets forts sur l'économie, les emplois, la santé de les populations.

Les diplomates des parties engagés dans les Cop depuis Paris doivent en la matière naviguer entre deux écueils. Soit renoncer trop facilement à l’objectif des + 2 degrés, alors même qu’il s’est imposé dans les esprits face à l’urgence scientifique et permettrait d’enclencher une vraie dynamique de changement. Soit, à l’inverse, en faire l’horizon indépassable de l’accord de Paris qui sans cela serait considéré comme un échec, au risque d’altérer durablement l’avenir des négociations climatiques, comme après l’échec de la conférence de Copenhague. Il y a donc matière à négociations pour mettre en action l'accord de Paris !

A l'issue des négociations de Paris, et des intersessions qui les ont précédées, l'essentiel des 195 pays et l'Union européenne ont élaboré un traité censé empêcher notre planète de se réchauffer de plus de 2°C. C'est l'objectif numéro un partagé par les signataires, avec un idéal à 1,5°C qui préserverait les États insulaires et les pays déjà très impactés par les aléas climatiques. La société civile peut aujourd'hui exiger que cet objectif soit tenu.

L'accord de Paris vise la neutralité carbone en 2050. Cela veut dire qu'après cette date, tous les pays devront stocker ou compenser leurs émissions réchauffantes, par exemple en plantant des arbres. Tous les cinq ans, les pays signataires devront revoir leurs promesses, à chaque fois plus ambitieuses que les précédentes. Ces promesses sont contraignantes sur le papier. En réalité, la communauté internationale n'a pas les moyens d'obliger tel ou tel pays à respecter ses engagements. Elle doit donc se doter d'instances indépendantes, de mesures et d'actions pour vérifier que les promesses de réduction des GES sont bien mises en œuvre.

L'accord de Paris ne parle pas clairement des énergies renouvelables. Or les énergies carbonées sont au cœur de notre civilisation et les premières responsables des émissions des GES. Réduire les émissions de GES, c'est utiliser moins d'énergies carbonées et aller vers une transition énergétique qui parie sur les renouvelables.

L'accord stipule que l'aide au financement des pays du Sud par les pays du Nord (100 milliards de dollars par an) sera respecté jusqu'en 2025. L'enjeu est aujourd'hui de garantir la poursuite de cet effort.

Cop 22 à Marrakech

 

Cop23 Fiji

 

Ressources scientifiques et actualités climat : Pour aller plus loin, cet espace renferme des informations et des données qui ont été produites et publiées depuis la tenue de la Cop21 à Paris en décembre 2015. Elles peuvent servir de mise en contexte pour le travail pédagogique de la classe qui souhaite organiser une simulation.