Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Plateforme - ACCES
Navigation

Enseigner les Sciences de la nature

logo ensl   Logo du ministère de l'éducation
logo CIRI logo Immuniser Lyon
logo LBMC logo Musée Mérieux
Logo Inserm igfl igfl logo CREATIS
Logo du Museum national des histoires naturelles
Logo du musée de Confluences
logo geo 3d
Logo de Lyon 1 logo lgltpe 
Logo du Museum national des histoires naturelles
Logo du musée de Confluences
logo LBMC
logo LBMC
logos composé logo COP In My City logo Investissement d'avenirLogo du musée de Confluences
logo Météo France Logo du musée de Confluences
logo EVSlogo Grand Lyon
logo UDL
Logo Auvergne-Rhone-Alpes
logo UNISCIEL

Le Canada et les pays développés

Par Anne Chemin-Roberty, publié le 18/12/2018, mise à jour le 31/01/2019
Vous êtes à la tête de la délégation du Canada, un pays riche et développé,
lors des prochaines négociations sur le changement climatique
au musée des Confluences

 

Australie, Canada, Corée du Sud, Japon, Norvège, Nouvelle-Zélande, Royaume Uni, Russie et les républiques issues de l'URSS, etc.

Ces pays sont historiquement les plus gros pollueurs de la planète. Le Japon, le Canada et la Russie n'ont jamais vraiment respecté le Protocole de Kyoto qui visait à réduire d’au moins 5 % leurs émissions de six gaz à effet de serre (dioxyde de carbone, méthane, protoxyde d’azote et trois substituts des chlorofluorocarbures), entre 2008 et 2012. Après plusieurs années de réclamation, ces pays se sont retirés de la négociation en 2012, n'ayant pas obtenus que les deux pays les plus pollueurs de la planète (USA et Chine) ratifient, pour l'un, le protocole de Kyoto durant la première période d'engagement 2008-2012, et pour l'autre l'amendement de Doha pour la seconde période d'engagement 2012-2020.

Les pays industrialisés réfutent la demande des pays en développement d'axer les négociations et la répartition des efforts sur la question de la responsabilité historique dans le réchauffement. Pour ces pays industrialisés, cette répartition des efforts à accomplir doit être revue à la lumière de la réalité des émissions de chaque pays. Car la population dans les pays émergents va considérablement augmenter d'ici à 2100 et la consommation d'énergie par personne va elle aussi exploser. La Chine est devenue le premier pollueur au monde, l’Inde le troisième alors que ces deux pays sont classés comme pays en développement par l'ONU, et se voient opposés moins de contraintes. Sur ces points, la division des Nations Unies entre pays industrialisés et émergents n’est plus du tout opérante.

Le charbon, première source d’électricité dans le monde (40%) est l'énergie la plus dommageable pour le climat et la qualité de l’air, la plus polluante et la moins chère. Elle donc est au cœur de la bataille contre le réchauffement entre les pays riches qui l'ont massivement utilisée depuis l'ère indusctrielle et qui ne l'abandonne pas encore aujourd'hui car elle compense l'augmentation des besoins, et entre les pays pauvres qui veulent se développer et faire accéder leur population à l'électricité.

Par ailleurs, certains de ces pays industrialisés possèdent de puissants lobbys climato-négationnistes ou partisans du statu quo, comme l'Australie, qui ne ne sont pas prêts à jouer un rôle de bailleurs internationaux de l'aide en faveur des pays en développement, notamment les pays les plus vulnérables.

Les stratégie de negociations des pays avancés

Pour les pays avancés, l’enjeu des négociations est double :

  1. mieux répartir les efforts entre pays industrialisés et en développement pour limiter les émissions de gaz à effet de serre des pays devenus les plus pollueurs de la planète et qui ont des démographies galopantes avides d'énergies, en s'assurant qu'un accord solide et chiffré soit ratifié par les trois grands pollueurs de la planète : la Chine, l'Inde et les USA;
  2. éviter des réductions de GES trop importantes sur leur sol (émissions domestiques).

Dans cet objectif :

  1. les pays riches mettent en place au moins une des stratégies suivantes :
    • jouer sur la date de référence à partir de laquelle ils vont mettre en place des mesures de réduction (dans le protocole de Kyoto, cette date devrait être 2030 par rapport à 1990) comme le font le Canada ou l'Australie;

    • incorporer les puits carbone (les forêts) dans leurs contribution, comme le font la Russie, le Canada, la Suisse;

    • acheter des crédits carbone sur les marchés de compensation, autrement dit un droit à polluer, en participant à des projets de réduction de GES à l'étranger comme le font la Suisse, le Canada et le Japon.

  2. Les pays riches s'organisent en coalition pour peser plus lourdement dans les négociations. Les 9 pays développés n’appartenant pas à l’UE, et parmi les plus gros émetteurs historiques mondiaux de gaz à effet de serre forment Le groupe Parapluie. Dans ce groupe informel et flexible, se retrouvent habituellement les Etats-Unis, l’Australie, le Canada, l’Islande, le Japon, la Nouvelle-Zélande, la Norvège… Et la Fédération russe et l’Ukraine, qui se font la guerre dans la vraie vie mais sont du même côté ici. Parapluie est issu du groupe JUSSCANNZ (première lettre de chaque pays le composant). Avec cette nouvelle appellation très imagée, décidée après Kyoto, le groupe Parapluie s’est toujours positionné contre un prolongement du protocole de Kyoto. Et ses membres font figure de mauvais élèves face au défi climatique : le Japon a reculé sur son objectif de baisse des gaz à effet de serre pour 2020, le Canada exploite ses sables bitumineux, et l’Australie consomme plus de 16 teqCO2, l'un des taux les plus élevés au monde (à titre de comparaison, l'Ethiopie consomme une tonne par habitant).

Le Japon

Émissions de CO2 : 1100 Mt (5ème rang mondial)
Emissions de CO2/habitant : 15,8 Mt (20ème rang mondial)

Situation énergétique du Japon

le Japon est un pays très densément peuplé (128 millions d’habitants) et d'un niveau de vie très élevé, donc gros consommateur d'énergie. La consommation d'énergie primaire par habitant était de 3,38 tonnes équivalent pétrole au Japon en 2015 contre 1,86 tep de moyenne mondiale.

Le Japon se situait en 2015 au 5e rang mondial pour les émissions de CO2 dues à la consommation d'énergie (3,5 % du total mondial). Ses émissions par habitant atteignaient 8,99 tonnes CO2 en 2015, soit plus du double de la moyenne mondiale, 2,06 fois le niveau de la France et 1,4 fois celui de la Chine.

Depuis l’accident nucléaire de Fukushima en mars 2011, qui a privé l’île de plus d’un quart de sa production électrique, 85% de ses besoins en énergie primaire sont réalisés à partir des importations fossiles : 1er importateur mondial de gaz naturel en 2016, 3e pour le charbon et 4e pour le pétrole ; ces importations ont été fortement accrues du fait de l'arrêt presque complet de la production des centrales nucléaires (en 2010, le nucléaire assurait 25 % de la production d'électricité du pays, qui se classait au 3e rang mondial pour sa production nucléaire, et seulement 2 % en 2016).

Le pays continue à depenser des milliards de dollars pour importer des combustibles fossiles, ce qui pèse sur sa balance commerciale et augmentent les émissions en GES, car le gouvernement a fait le choix de conserver en 2030 un mix électrique très carboné (56% de fossiles dont 26% de charbon) et de revenir à une part quasi identique du nucléaire par rapport à ce qu'il représentait avant 2011 sans vraiment miser sur les énergies renouvelables

En 2015, la consommation d'énergie primaire du Japon se répartissait en 93,6 % d'énergies fossiles (pétrole : 43,0 %, charbon : 27,3 %, gaz : 23,3 %) et 5,8 % d'énergies renouvelables (dont 2,7 % de biomasse et déchets et 1,7 % d'hydroélectricité).

La contribution du japon dans l'accord de paris à la Cop21

Lors de la COP21, le Japon avait annoncé son objectif de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 26% d’ici à 2030 par rapport à 2013 (date de référence qui tient compte des augmentations de GES pour compenser Fukushima). Il équivaut en réalité à une baisse des émissions de 13% par rapport à 1990, ce qui est très faible. Si tous les pays choisissaient des niveaux d’engagement comparables, alors le monde serait sur une trajectoire de réchauffement de 3 à 4°C en moyenne par rapport à la période préindustrielle, bien au-delà de la limite des 2°C.

En outre, le gouvernement nippon inclut dans cet objectif les « puits » de carbone opérés par les forêts et les sols, ce qui passe l’effort à réaliser dans tous les autres secteurs (énergie, transport, agriculture, industrie, bâtiment, etc...) à seulement 23,3% de réduction des gaz à effet de serre à horizon 2030. Le pays s’appuye, pour le réaliser, sur le Mécanisme japonais de crédits carbone (JCM – Japanese Crediting Mechanism), un mécanisme de crédits carbone internationaux qui ne répond même pas aux règles du Protocole de Kyoto en achetant des crédit carbone et en participant à des projets de réduction des émissions à l'étranger.. (hors Kyoto, le marché carbone est un mécanisme financier qui permet à des entreprises « économisant » l'émission des tonnes d'équivalent CO2 de vendre ces tonnes sous forme de crédits. D'autres entreprises ne parvenant pas à réduire leurs émissions peuvent ainsi les racheter, ce qui leur octroie en quelque sorte des « droits à polluer »). Cela signifie que l’effort domestique serait réduit à une baisse des GES de seulement 16-20% environ d’ici à 2030 par rapport à 2013 (soit 7-11% par rapport à 1990).

Les actions du Japon pour le climat après la Cop21

En 2018, le Japon a été durement impacté par une vague de chaleur caniculaire (températures dépassant les 40°C) des incendies meurtriers et des pluies torrentielles.

Ces catastrophes pourraient inciter le gouvernement nippon à changer ses mesures et politiques publiques qui jusqu'à présent ne  l'engage pas véritablement dans l'objectif -2°C malgré sa 5ème position des pays émettant le plus de GES. Après son désengagement du prolongement du Protocole de Kyoto portant sur la période 2013-2020, et une contribution à Paris jugée très insuffisante par les experts et les ONGs, le Japon n’apparaît plus comme un pays leader dans la lutte contre le changement climatique. Son ambition politique énergétique et climatique, jamais tenue jusqu'à aujourd'hui, signifie qu’il ne compte faire aucun effort supplémentaire pendant quinze ans !

Il faut noter que les émissions futures du Japon sont difficiles à prévoir, en raison des incertitudes liées au nucléaire : si 70 % des Japonais, traumatisés par la catastrophe de Fukushima, se montrent opposés à la relance du nucléaire, le 1er ministre Shinzo Abe dans son « Plan stratégique énergie » compte sur le retour de l’énergie nucléaire pour respecter ses engagements de réduction des gaz à effet de serre, et rétablir une balance commerciale déficitaire depuis plusieurs années en raison de la forte augmentation des importations d’hydrocarbures. Un 6ème réacteur nucléaire a ainsi été remis en fonctionnement en 2018.Ainsi, il n'y a pas une sortie du nucléaire avant 2040. A noter tout de même que le développement des énergies renouvelables est soutenu au Japon qui a su réaliser des économies d’énergie drastiques pour surmonter la « pénurie » électrique auquel il a été confronté depuis Fukushima.

Articles et sources

L'Australie

Émissions de CO2 : 380,9 Mt (16ème rang mondial) en 2015 et 550, 3 Mt en 2017
Emissions de CO2/habitant : 15,83 Mt (10ème rang mondial)

Grand pays/continent peu peuplé, l'Australie représente 1,4% des émissions mondiales, ce qui le place au 13eme rang des pays les plus émetteurs de la planète, mais il est le premier pollueur par habitant (29,7 teCO2/habitant). Les emissions continuent d'augmenter dangereusement en 2017 (1,6% ).

En Aout 2018, l'Australie a refusé d'inscrire les objectifs de l'Accord de Paris dans la loi, mettant en péril les engagements signés à Paris puis ratifiés à New York un an plus tard.

Situation énergétique de l'Australie

Les énergies fossiles ont compté pour 93,4% de la consommation australienne d’énergie primaire en 2016 selon les dernières données de l’AIE. Malgré une baisse de 12% de la contribution du charbon dans ce mix au cours de la dernière décennie, cette énergie reste au cœur du système énergétique australien : le pays, dont la population avoisine 25 millions d’habitants, dispose des 4e réserves mondiales de charbon, combustible peu coûteux qui compte pour 74,5% de la production nationale d’énergie et pour presque deux tiers de la production électrique. L'Australie est le premier exportateur mondial de charbon (il exporte près de 90% de sa production) mais reste en revanche importateur net de pétrole brut et de produits pétroliers (avec de faibles stocks, en comparaison avec les autres pays développés).

Grâce à ses importantes réserves de gaz naturel, l’Australie fait déjà partie des principaux exportateurs mondiaux de GNL. Précisons que l’Australie dispose également des plus importantes réserves d’uranium naturel au monde, le pays n’ayant toutefois pas de réacteur électronucléaire en service. Contrairement aux autres pays développés, les secteurs résidentiel et tertiaire consomment peu d’énergie en Australie par rapport aux transports et à l’industrie. (Connaissance des Énergies d’après AIE)

La stratégie énergétique australienne repose sur trois priorités énoncées par le gouvernement dans son Energy White Paper d’avril 2015 : une plus grande concurrence des marchés de l’énergie, un usage plus efficace de l’énergie à des coûts moins élevés et des investissements dans l’innovation et le développement de nouvelles ressources énergétiques.

La contribution de l'Australie dans l'accord de paris à la Cop21

Dernier pays du G20 à avoir envoyé son INDC dans le cadre de l’Accord de Paris, l’Australie s’était engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 26% à 28% d’ici à 2030 par rapport au niveau de 2005, et envisageait de porter la part des énergies renouvelables à 23% de son mix énergétique en 2020. L'Australie avait demandé a changé son année de référence (2005 au lieu de 2000). les émissions australiennes étaient particulièrement élevées en 2005, ce qui permettait donc au gouvernement de donner l’impression d’un objectif plus ambitieux qu’il ne l’est réellement. Avec une contribution très loin des enjeux, le gouvernement australien réaffirmait ainsi son hostilité à tout plan climatique et maintenait le charbon. Tracker pour bilan et engagements de l'Australie (en anglais) L'analyse par maCop21.

L'action climatique de l'Australie Depuis 2015

Depuis Paris, « les efforts domestiques doivent augmenter », indique l’AIE qui déplore que le gouvernement australien ne dispose pas à ce jour d’une politique climatique sur le long terme (six États et territoires australiens se sont toutefois engagés à avoir des émissions nettes nulles à l’horizon 2050).

Les émissions australiennes de CO2 ne cessent d'augmenter depuis 1990 pour atteindre des records en 2018 selon les dernières données de l’AIE (). Ces émissions proviennent à l’heure actuelle pour près de moitié de la production électrique très carbonée de l’Australie qui se trouvera, selon les termes de l’AIE, « au cœur de la transformation du système énergétique australien ». L’intensité carbone de la production électrique australienne a certes baissé de 15% depuis 2015 mais reste particulièrement élevée (740 g de CO2 par kWh en 2015) par rapport aux autres pays développés.

La fermeture d’anciennes centrales à charbon et le développement des énergies renouvelables doivent ponctuer la transition énergétique australienne mais les mix électriques des différents États et territoires australiens sont très différents les uns des autres : l’hydroélectricité compte par exemple pour 86% de la production électrique de la Tasmanie alors que le mix du Territoire du Nord repose en très grande majorité sur le gaz naturel.

Le développement des énergies renouvelables « variables » (éolien et solaire) diffère lui aussi beaucoup d’un État australien à un autre : leur part dans le mix électrique australien atteint près de 7% en 2016 selon l’AIE, et jusqu’à 48% dans le mix électrique de l’Australie-Méridionale cette année-là (essentiellement grâce à l'éolien). Concrètement, l’Australie est l’un premiers pays émetteur de gaz à effet de serre par habitant et par unité de PIB produite. Si tous les pays suivaient le mauvais exemple australien, la grande barrière de corail disparaitrait rapidement.

L’arrivée au pouvoir de Malcolm Turnbull, qui a renversé Tony Abbott lors d’un « putsch » en septembre 2015 au sein du parti libéral, a suscité l’espoir des défenseurs du climat après dix ans de tergiversations. Le 1er ministre a annoncé en 2016 la création d’un fonds d’1 milliard de dollars australiens (672,3 millions d’euros) pour l’innovation dans les énergies propres. Cependant, il a maintenu les ambitions modestes pour le climat de son prédécesseur, et n'a pas choisi de renoncer au charbon : en octobre 2016, il a rejeté un moratoire sur la création de nouvelles mines. En 2018, l'arrivée d'un nouveau premier ministre Scott Morrison, du parti libéral a remis l'Australie sur le chemin de l'energie fossile.

A la Cop24, l'Australie est d'ailleurs le seul pays riche à rejoindre les USA, l'Arabie saoudite, la Russie et le Koweit (les principaux pays producteurs de gaz et de pétrole) au colloque pro charbon. L'australie s'est également distinguée en en restant silencieuse lors d'un débat sur le dernier rapport du GIEC 1,5 (IPCC1.5) rejetant implicitement les derniers résultats de la science sur le changement climatique.  En s'alliant ainsi avec les lobbies des energies fossiles, la ministre de l'environnement Melissa Price envoie un très mauvais signe à la communauté internationale, en particulier l'UE et les 47 pays développés, les pays d'Amérique latine et des Caraibes, les nations amérindiennes et les états insulaires du pacifique portés par les Maldives qui se mobilisent.

L'Australie n'est pas sur le chemin de ses engagement pour 2030.

Articles et sources

Le Canada

Émissions de CO2 : 550 Mt (9ème rang mondial)
Emissions de CO2/habitant : 15,7 Mt (11ème rang mondial)

Situation énergétique du Canada

Le Canada dispose de ressources énergétiques abondantes, et de la proximité immédiate d'un marché naturel : les États-Unis. Le pays était en 2015 le 6e producteur d'énergie au monde, avec 3,4 % de la production mondiale et le 6e producteur d'électricité avec une part de 2,8 %. Sa production d'électricité est tirée en majorité (63,8 % en 2015) des énergies renouvelables, en particulier de l'hydraulique (56,8 %) et de l'énergie éolienne (3,9 %) ; le nucléaire fournit 15,1 % et les combustibles fossiles 21,1 %. L'électricité contribue pour 22,4 % à la consommation finale d'énergie du pays.

Le Canada est en 2016 le 2e producteur mondial d'uranium avec 22,5 % de la production mondiale ; il figure parmi les plus grands producteurs d'hydroélectricité (2e rang), d'électricité nucléaire (6e rang), de pétrole (4e rang), de gaz naturel (4e rang) et de charbon (12e rang).

Les Canadiens sont de gros consommateurs d'énergie primaire : 7,54 tep/habitant en 2015 ; ils dépassent même à cet égard leurs voisins américains (6,80 tep/hab), avec qui ils forment le plus grand marché commun énergétique au monde. Le Canada envoie 96 % de ses exportations énergétiques totales vers les États-Unis et constitue ainsi le principal fournisseur énergétique de la plus grande économie mondiale. Le Canada exporte aussi des quantités significatives d'uranium et de charbon en Asie, en Europe et en Amérique latine.

Bien qu'il soit un exportateur net d'énergie, le Canada importe néanmoins de grandes quantités de combustibles fossiles. Il est à la fois fournisseur et client sur les marchés mondiaux du charbon et du pétrole en raison de la distance qui sépare les principaux gisements, dans l'ouest du Canada, des principaux centres de consommation, concentrés en Ontario et au Québec, dont les raffineries ne peuvent traiter les sables bitumineux qui constituent aujourd'hui la plus grande partie de la production canadienne.

L'exploitation des sables bitumineux de l'Athabasca crée de graves pressions sur l'environnement et a fait du Canada l'un des plus grands émetteurs de gaz à effet de serre par habitant : les émissions de CO2 liées à l'énergie atteignaient au Canada 549,2 Mt en 2015, soit 15,32 tonnes de CO2 par habitant (États-Unis : 15,53 t/hab, Monde : 4,40 t/hab, France : 4,37 t/hab).

Engagements du Canada à la Cop21

Bien que pays immense, peu peuplé et couvert de forêts, le Canada n’en est pas moins le 9e émetteur mondial.  Lors de la COP21, le Canada avait déjà accumulé un retard phénoménal dans la lutte contre le changement climatique. En 2012, le gouvernement fédéral avait fait sortir son pays du Protocole de Kyoto afin d’échapper à des sanctions. En effet, les émissions canadiennes n’avaient cessé d’augmenter, tandis que le pays devait opérer une baisse à horizon 2012, alors qu'il maintenait l'exploitation controversée des sables bitumineux.

Sa contribution nationale (NDC) déposée à la Cop21 portait exclusivement sur :

  • la réduction des émissions de GES de 30% d’ici à 2030 par rapport à 2005 (cette date de référence est privilégiée par le Canada, qui a connu une forte augmentation de ses émissions entre 1990 et 2005), avec un objectif d’émission de 621 MtCO2e excluant LULUCF[1]. Ce qui équivaut, selon les experts, à une baisse des émissions domestiques de 14% par rapport à 2005 (et une augmentation de 4% par rapport à 1990), puits de carbone exclus, et à une augmentation de +2% avec les puits de carbone.
  • l'utilisation de mécanismes internationaux de compensation (marché carbone etc.).

Ces deux mesures ont été jugées très insuffisantes par les experts et dénoncées unanimement par les pays pauvres les pays en développement et par les ONG.

La contribution du Canada ne parle pas de financer l'adaptation et l'aide internationale, ce qui le place donc loin derrière les autres pays riches, qui pourtant n’ont pas fait de propositions suffisantes pour contenir le réchauffement en deçà de 2°C.

 

[1] LULUCF signifie “utilisation des terres, changement d’affectation des terres et foresterie.” C’est un des secteurs compris dans la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, qui mesure et comptabilise les émissions et l’absorption de carbone par les terres cultivées et les forêts. LULUCF est un secteur essentiel des pays à forets immenses comme le Canada, la Russie, le Brésil pour attendre l’objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre sous le niveau de 1990. LULUCF est un secteur particulier par ce qu’il mesure non seulement les émissions, mais aussi les absorptions de carbone (les arbres absorbent et stockent une grande quantité de carbone, qui sera à nouveau relâché dans l’atmosphère quand l’arbre meurt ou est supprimé). Lorsque LULUCF absorbe plus de carbone qu’il n’émet, on parle d’un « puit de carbone ». LULUCF a le potentiel d’absorber beaucoup de carbone, et les forêts sont actuellement en dessous de leur seuil de stockage maximum. Mais ce potentiel devient dangereux si les états membres font l’erreur de penser que l’absorption de carbone annule ou « compense » les émissions de carbone des autres secteurs. Car il ne prend pas en compte que l’absorption de carbone par les arbres est temporaire alors que les émissions dû au combustibles fossiles reste dans l’atmosphère pour des milliers d’années.

L'action climatique du Canada après la Cop21

L'élection en 2015 de Justin Trudeau a changé la donne. Contrairement à son prédécesseur conservateur, ce premier ministre libéral souhaite s'engager dans la lutte contre le changement climatique. Trudeau a lancé en juin 2016 un programme intitulé « Cadre pan-canadien sur la Croissance Propre et le Changement climatique » qui doit faire en sorte de réduire plus fortement les émissions de GES, fixer un prix du carbone et mettre en place un plan de suppression progressive des centrales traditionnelles à charbon.

Le 11 mai 2017, le Canada a soumis une NDC révisée qui contient des mesures plus ambitieuses encore en tenant compte de l’utilisation des terres, le changement d’affectation des terres et la foresterie (LULUCF). Avec cette nouvelle politique mise en place depuis 2016, les experts estiment que les émissions de gaz à effet de serre atteindraient 507-591 MtCO2e (excluant LULUCF) en 2030, ce qui permettrait au Canada de réaliser son objectif fixé à Paris.

Cependant, les mesures incluent des crédits carbone internationaux, ce qui signifie que les réductions d'émission ne sont pas uniquement le résultat d'efforts de réduction domestiques. De plus, le Canada ne dit pas clairement combien de crédits carbone vont être achetés. En tout cas, les effets de cette nouvelle politique sont estimés à une réduction de 1-15 % par rapport à 1990 et à une réduction de 18-30 % par rapport à 2005.

Les autres annonces de ce cadre pan-canadien sont :

  • le lancement de la plateforme des collectivités locales et des peuples autochtones, qui donne voix au chapitre aux peuples autochtones.
  • L’engagement à aider les pays vulnérables et en développement dans leurs efforts pour contrer les changements climatiques et à prendre le leadership pour maintenir l’élan politique de l’Accord de Paris (Côte d’Ivoire et Sénégal notamment).
  • L'occasion de promouvoir les entreprises canadiennes qui sont en bonne position pour saisir les possibilités que représente la croissance propre, soit de nouveaux emplois, de nouvelles technologies et moins de pollution. D’ici 2030, les nouvelles possibilités d’investissement dans les marchés émergents se chiffrent à plus de 20 mille milliards de dollars. La COP23 propose aux entreprises canadiennes des occasions d’accroître leur participation à la conversation nationale et mondiale sur la tarification du carbone et la compétitivité.

Lors de la COP23 à Bonn, la ministre canadienne de l'environnement et du changement climatique, Catherine Mac Kenna, a également envoyé un signal fort : en collaboration avec le Royaume-Uni, elle se félicite d’avoir mis sur pied une coalition -qui porte, en anglais, le nom de Global Alliance to Power Past Coal- regroupant 25 membres, dont des collectivités locales et 19 pays, pour éliminer progressivement le charbon (Les plus gros consommateurs de ce combustible fossile, la Chine, l’Inde et les États-Unis, n’en font toutefois pas partie.). Cette « l'Alliance pour la sortie du charbon» a été rejointe, entre autres par, le Danemark, les Pays-Bas, la Finlande, le Mexique, le Costa Rica et la Nouvelle-Zélande, et aussi par la France. Les partenaires de l’alliance comprennent diverses administrations, entreprises et organisations qui se sont unifiées pour prendre des mesures visant à accélérer la croissance écologique et la protection du climat par le retrait progressif et rapide de l’alimentation traditionnelle au charbon. Les ministres canadienne et britannique  veulent inciter les autres pays à se doter d'un plan afin de ne plus construire de centrales au charbon sans mode de récupération et de mettre fin éventuellement aux autres actuellement en activité. Les centrales au charbon sans mode de récupération sont celles qui n'enfouissent pas le carbone, ce qui émet beaucoup plus de gaz à effet de serre que celles munies d'une telle technologie.

Il semble que, malgré une prise de conscience bien tardive, le Canada veuille désormais se poser en leader de la lutte contre le réchauffement climatique. Il appartient désormais au gouvernement canadien de mettre en oeuvre son plan et de se donner les moyens de diminuer rapidement ses émissions de gaz à effet de serre.

Au total : Le Canada doit faire plus pour atteindre sa cible de réduction de GES en 2030 et s’adapter aux impacts des changements climatiques, en mettant en œuvre rapidement les mesures annoncées dans le Cadre pan-canadien sur la croissance propre et les changements climatiques. Malgré de nombreux retards par rapport aux objectifs fixés, ce nouveau plan climat a cependant nettement amélioré la collaboration entre le fédéral, les provinces et les territoires en matière de changements climatiques. La balle est donc dans le camp du gouvernement canadien pour améliorer significativement son action climatique sur son territoire et clarifier sa position par rapport au marché carbone.

Articles et sources

La Russie

Émissions de CO2 : 1486 Mt (4ème rang mondial)
Emissions de CO2/habitant : 10,3 Mt (18ème rang mondial)

Situation énergétique

Le secteur de l'énergie en Russie tient une place dominante dans l'économie de la Russie (52 % des recettes du budget fédéral et 70 % des exportations en 2012) et figure parmi les plus importants au monde.

La Russie possède en 2017 les premières réserves de gaz naturel du monde (18,1 % des réserves prouvées mondiales) devant l'Iran (17,2 %), ainsi que les deuxièmes réserves de charbon (15,5 %) derrière les États-Unis et les sixièmes de pétrole (6,3 %).

La production d'énergie primaire en 2015 est constituée presque entièrement (94,5 %) de combustibles fossiles : pétrole (40,2 %), gaz naturel (39,3 %) et charbon (15 %).

La Russie est en 2017 au 2e rang mondial des producteurs de gaz naturel (17,3 % de la production mondiale) derrière les États-Unis, au 3e rang des producteurs de pétrole (12,6 %) et au 6e rang des producteurs de charbon (5,5 %), au 1er rang des exportateurs de gaz naturel avec 23,6 % des exportations mondiales en 2015, au 1er rang des exportateurs de pétrole (12,7 %) en 2017 et au 3e rang des exportateurs de charbon (12,1 %) en 2016.

Elle est 4e producteur d'électricité mondial, 3e producteur d'électricité nucléaire, 5e producteur d'hydroélectricité, 2e producteur d'électricité à partir de gaz naturel ; 66 % de l'électricité russe est produite par des centrales thermiques fossiles (gaz : 50,1 %, charbon : 14,9 %, pétrole : 1 %), 17 % par des centrales nucléaires, 16,6 % par l'hydroélectricité et 3 % par les autres énergies renouvelables (surtout déchets).

L'énergie primaire consommée en 2015 en Russie était de 4,93 tep par habitant, soit 2,65 fois la moyenne mondiale et 33 % au-dessus de la consommation française. Elle se répartissait en 89,8 % d'énergies fossiles (gaz naturel 51,3 %, pétrole 22,1 %, charbon 16,4 %), 7,2 % d'énergie nucléaire et 3,1 % d'énergies renouvelables (hydraulique 2 %, biomasse 1,1 %).

La production d'électricité provient à 65,4 % des combustibles fossiles (gaz naturel 49,6 %, charbon 14,9 %, pétrole 0,9 %), à 18,3 % du nucléaire et à 16,3 % des énergies renouvelables (surtout hydroélectricité : 15,9 %).

Les émissions de gaz à effet de serre de la Russie étaient en 2015 de 10,19 tonnes de CO2 par habitant (moyenne mondiale : 4,40 t ; France : 4,37 t ; États-Unis : 15,53 t ; Chine : 6,59 t).

Engagements de la Russie à la Cop21 et aux editions suivantes

A la Cop21, la Russie a rendu une copie en apparence ambitieuse en s'engageant à réduire de 25 à 30 % des émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2030 par rapport à 1990… qui est le même que son engagement précédent, pour 2020 ! Autrement dit, le pays, qui représente près de 5% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, repousse à 2030 les objectifs qu’il devait atteindre en 2020. Cela correspondrait au mieux à une stagnation entre aujourd’hui et 2030 (Business as usual, BAU), voire une augmentation de ses émissions par habitant car la population russe diminue (15,8 teCO2/habitant).

Tandis qu’il faudrait commencer à les baisser rapidement pour avoir une chance de rester sous le seuil de 2°C d’augmentation de la température mondiale, la proposition de Moscou mise beaucoup sur l'extension de ses immenses forêts, qui représentent 25 % de la surface forestière mondiale. Qualifiées de « puits de carbone » car stockant le CO2, elles permettent à la Russie de compenser ses hausses d'émissions. Plus précisément, le gouvernement russe rend son INDC conditionnelle à l’utilisation des règles les plus optimistes (voire laxistes) pour comptabiliser le CO2 des forêts et ainsi maximiser leurs puits de carbone.Mais ce pari pourrait être contrarié par les flammes : le World Resources Institute (WRI) s'est inquiété à plusieurs reprises ces dernières années de la croissance des incendies de forêt dans le monde et notamment en Russie. Le pays a perdu 4,3 millions d'hectares par an en moyenne entre 2011 et 2013, ce qui constitue le quart des pertes forestières mondiales.

En outre, la Russie n’explique pas quelles règles elle a utilisées pour faire ses projections dans ce secteur. Il aurait été bien plus ambitieux de séparer les secteurs énergétiques, industriels, etc. du secteur des forêts, et d’appliquer à ce dernier un objectif à part, visant à valoriser les stocks de CO2 contenus dans les forêts de Russie.

La Russie, qui traverse une situation économique difficile, reste myope face aux opportunités économiques et industrielles (emploi, innovation, économies d’énergie) de la transition énergétique. Rappelons que ce pays a connu une chute rapide de ses rejets de gaz à effet de serre entre 1990 et 2012 (date de la fin des premiers engagements sous le protocole de Kyoto), à cause de deux facteurs. D’abord, l’effondrement en 1990 du bloc soviétique et du tissu industriel qui l’accompagnait (environ -30% de baisse d’émissions), un argument historique que Moscou utilise régulièrement dans les négociations internationales sur le climat. Cette réduction ne s’est pourtant pas traduite par une transformation profonde de l’économie russe pour ne plus dépendre des énergies fossiles et aller vers les énergies renouvelables, bien au contraire. Ensuite, parce que ses forêts sont passées de l’état de de secteur émetteur net (déforestation, feux) à celui de puits de carbone net.

Alors que le GIEC dit que nous devons laisser les 2/3 de nos réserves de combustibles fossiles dans les sols afin de respecter le seuil de réchauffement de +2°C, la Russie aurait tout intérêt à entamer sa transition énergétique, mais ne prévoit pas de changement en profondeur de son modèle énergétique.

l'ancienne zone soviétique

En 1990, date de référence des négociations internationales sur le climat, les pays de cette zone faisaient partie de l'URSS et émettaient beaucoup de GES avec des industries au charbon très polluantes. Leurs émissions ont chuté brutalement avec la fin de l'URSS. Cela leur permet aujourd'hui de rendre des contributions INDC qui affichent des réductions substantielles d'émissions de GES par rapport à 1990, qui en fait correspondent à une augmentation par rapport à aujourd'hui. Les contributions de ces pays doivent prendre en compte les émissions actuelles comme année de référence et non celles mesurées en 1990.

Articles et sources

La Corée du Sud

Émissions de CO2 : 550,7 Mt (7ème rang mondial)
Emissions de CO2/habitant : 12,3 Mt (16ème rang mondial)

Situation énergétique

Le secteur de l'Énergie en Corée du Sud joue un rôle majeur dans l'économie du pays et tient une place de premier plan dans les marchés mondiaux.

La Corée du Sud, quasiment dépourvue de ressources fossiles, est un grand importateur d'énergie : elle importe la quasi-totalité de ses besoins en pétrole (5e importateur au monde), en gaz naturel (6e rang mondial) et en charbon (4e rang mondial).

La consommation d'énergie primaire de la Corée du Sud atteignait 5,32 tep/habitant en 2014, soit 2,81 fois la moyenne mondiale ; celle de la France était de 3,67 tep/hab, celle des États-Unis de 6,94 tep/hab.

La production d'électricité coréenne provient principalement de centrales thermiques classiques : 68,9 % en 2014 (charbon : 42,0 %, gaz naturel : 23,7 %, pétrole : 3,2 %) et de l'énergie nucléaire : 28,4 % ; les énergies renouvelables ne couvrent que 2,6 % (hydro : 1,4 %, solaire : 0,46 %, éolien : 0,21 %, biomasse, déchets, marémotrice). La Corée construit ses propres centrales nucléaires et commence à en exporter.

Les émissions de CO2 liées à l'énergie de la Corée du Sud étaient en 2014 de 11,26 t CO2 par habitant, niveau 2,52 fois supérieur à la moyenne mondiale ; la France était à 4,32 t/hab et les États-Unis à 16,22 t/hab.

Engagements de la Corée du Sud a la Cop21

La Corée du Sud, membre du G20, représente plus de 1,4% des émissions mondiales. Elle s'engage à une réduction de 37% de ses émissions d’ici à 2030 par rapport à aujourd'hui (Le ministère du commerce, de l’industrie et de l’énergie prévoyait en réalité quatre scénarios, de 14,7 % à 31,3 %). Outre qu’un tiers des réductions passent par l’achat de permis (crédits carbone), la stratégie revient à autoriser, selon l’organisme d’évaluation des politiques énergétiques Climate Action Tracker (CAT), « une augmentation de 81 % des émissions de gaz à effet de serre en 2030 par rapport à 1990 »!!

Sa contribution a été jugée totalement inadéquate compte tenu de sa position en tête de peloton des pays les plus émetteurs par habitant (ses émissions 2010-2012 ont dépassé les projections mondiales les plus pessimistes et se dirigent vers plus de 10 teCO2/hab en 2030, soit deux fois plus que ce que préconise le GIEC!!

La demande énergétique de la Corée du Sud a explosé de 162% entre 1990-2013, avec un mix énergétique de 45% pour le charbon et 26% pour le nucléaire.

Actions pour le climat depuis la Cop21

Sous la pression du président américain, Barack Obama, qui a appelé la Corée à « montrer sa détermination en fixant un objectif ambitieux », Séoul a finalement opté pour 37 %, dont 11,3 % d’achats de permis d’émissions.

Fin décembre 2017, le gouvernement sud-coréen a publié un nouveau «Plan pour l'offre et la demande d'électricité», d'une durée de 15 ans, qui confirme l'intention déclarée du président Moon Jae-in d'augmenter la part de la production d'électricité renouvelable. Il s'agit d'un signe positif de la volonté du gouvernement coréen à prendre des mesures plus fermes pour lutter contre le changement climatique. Dans le cadre de ce plan, la Corée du Sud vise à faire passer la part des énergies renouvelables en 2030 à 20% de l'électricité produite.

Cependant, le plan comprend également des projections pour la nouvelle capacité de production de gaz à un niveau inférieur à celui annoncé précédemment, ainsi que le démantèlement de centrales nucléaires. Cela signifie que le mix énergétique de la Corée du Sud restera fortement tributaire du charbon thermique, qui représentera encore plus du tiers de l'électricité produite en 2030.

Dans sa version actualisée de la loi sur la croissance verte, la Corée du Sud a remplacé son engagement de 2020 par l'objectif de 2030 NDC (République de Corée, 2016). Étant donné que l'engagement de 2020 était plus ambitieux que l'objectif du NDC - visant un niveau d'émissions similaire à celui d'il y a dix ans - le NDC représente en réalité un affaiblissement des plans climatiques de la Corée du Sud.

La cible NDC permet aux émissions nationales de gaz à effet de serre (à l'exclusion des émissions du secteur de l'utilisation des terres) de plus que doubler d'ici 2030 par rapport aux niveaux de 1990. Étant donné que les niveaux d'émission actuels sont déjà supérieurs au niveau cible de 2030, les émissions devraient atteindre leur point culminant et commencer à décliner pour atteindre la cible de la CND. Pour y parvenir, des politiques plus strictes sont requises, même pour une cible faible.

La Corée du Sud a l'intention d'atteindre une partie de son objectif en utilisant des «crédits de carbone provenant des mécanismes du marché international» (République de Corée, 2015).

Articles et sources

Le groupe de l'intégrité environnementale GIE : pour rire...un peu

Cette coalition a été formée en 2000 par des pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) qui n’adhéraient pas aux positions adoptées par le groupe Parapluie des pays développés n'appartenant pas à l'UE (Etats-Unis, l’Australie, le Canada, l’Islande, le Japon, la Nouvelle-Zélande, la Norvège…). Il rassemble la Suisse, le Mexique et la Corée du Sud, que Monaco et le Liechtenstein ont rejoint plus tard. A l'intercession de Bonn, le Liechtenstein a fait rajouter une proposition d’amendement demandant de «prendre en compte la situation particulière des petits Etats avec des compétences administratives limitées».

Négociations climat : les coalitions, nouvelles cartes du monde (article paru dans Libération le 23 octobre 2015).