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Autres pays développés

Australie, Canada, Japon, Nouvelle-Zélande, Russie et les autres républiques issues de l'URSS, Norvège, Corée du Sud, Royaume Uni, etc.

Ces pays sont historiquement les plus gros pollueurs de la planète. Le Japon, le Canada et la Russie n'ont jamais vraiment respecté le Protocole de Kyoto qui visait à réduire d’au moins 5 % leurs émissions de six gaz à effet de serre (dioxyde de carbone, méthane, protoxyde d’azote et trois substituts des chlorofluorocarbures), entre 2008 et 2012. Après plusieurs années de réclamation, ces pays se sont retirés de la négociation en 2012, n'ayant pas obtenus que les deux pays les plus pollueurs de la planète (USA et Chine) ratifient, pour l'un, le protocole de Kyoto durant la première période d'engagement 2008-2012, et pour l'autre l'amendement de Doha pour la seconde période d'engagement 2012-2020.

Les 9 pays développés n’appartenant pas à l’UE, et parmi les plus gros émetteurs historiques mondiaux de gaz à effet de serre forment Le groupe Parapluie. Dans ce groupe informel et flexible, se retrouvent habituellement les Etats-Unis, l’Australie, le Canada, l’Islande, le Japon, la Nouvelle-Zélande, la Norvège… Et la Fédération russe et l’Ukraine, qui se font la guerre dans la vraie vie mais sont du même côté ici. Parapluie est issu du groupe JUSSCANNZ (première lettre de chaque pays le composant). Avec cette nouvelle appellation très imagée, décidée après Kyoto, le groupe Parapluie s’est toujours positionné contre un prolongement du protocole de Kyoto. Et ses membres font figure de mauvais élèves face au défi climatique : le Japon a reculé sur son objectif de baisse des gaz à effet de serre pour 2020, le Canada exploite ses sables bitumineux, et l’Australie consomme 16 tonnes équivalent CO2 (téqCO2), l'un des taux les plus élevés au monde (à titre de comparaison, l'Ethiopie consomme une tonne par habitant). Les coalitions, nouvelles cartes du monde Libération du 23 octobre 2015.

Les pays industrialisés réfutent la demande des pays en développement d'axer les négociations et la répartition des efforts sur la question de la responsabilité historique dans le réchauffement. Pour ces pays industrialisés, cette répartition des efforts à accomplir doit être revue à la lumière de la réalité des émissions de chaque pays. Car la population dans les pays émergents va considérablement augmenter d'ici à 2100 et la consommation d'énergie par personne va elle aussi exploser. La Chine est devenue le premier pollueur au monde, l’Inde le troisième alors que ces deux pays sont classés comme pays en développement par l'ONU, et se voient opposés moins de contraintes. Sur ces point, la division des Nations unies entre pays industrialisés et émergents n’est plus du tout opérante.

L’enjeu des négociations est donc, d'une part de mieux répartir les efforts entre pays industrialisés et en développement pour limiter les émissions de gaz à effet de serre des pays devenus les plus pollueurs de la planète et qui ont des démographies galopantes avides d'énergies, et d'autre part de s'assurer qu'un accord solide et chiffré soit ratifié par la Chine, l'Inde et les USA. L'engagement américain lors de la Cop21 aura un réel impact sur la revoyure des contributions des pays du Nord, comme le Canada, l'Australie et le Japon. Une hausse de l'effort américain enverrait un signal fort à ces pays.

La contribution des pays avancés pourrait être durcie sous la pression de l'accord commercial de libre échange et de Partenariat transpacifique (PTP) signé entre 12 pays d'Asie-Pacifique à l'initiative des USA (Australie, Brunei, Canada, Chili, Japon, Malaisie, Mexique, Nouvelle-Zélande, Pérou, Singapour, Vietnam). Cet accord constitue 40% de l’économie mondiale (800 millions d’habitants qui produisent environ deux cinquièmes du produit intérieur brut (PIB) mondial) est considéré comme une arme géopolitique utilisée par le gouvernement des États-Unis qui tente d’isoler la Chine dans la région Asie-Pacifique et de bloquer les formes alternatives de développement au modèle « libre-échange ». Le PTP pourrait renforcer le manque d’action dans la lutte contre les changements climatiques et contre la pauvreté dans le reste du monde.

Par ailleurs, certains de ces pays industrialisés possèdent de puissants lobbys climato-négationnistes ou partisans du statu quo, tels les USA ou l'Australie, qui ne ne sont pas prêts à jouer un rôle de bailleurs internationaux de l'aide en faveur des pays en développement, notamment les pays les plus vulnérables. S'ils se montrent incapables d’honorer la promesse faite en 2009 de rassembler 100 milliards de dollars (88 milliards d’euros) par an d’ici à 2020 en faveur des pays en voie de développement, qui sont les plus touchés par le réchauffement "cela peut faire dérailler la conférence de Paris". Certains pays industrialisés jouent sur la date de référence à partir de laquelle ils vont mettre en place des mesures de réduction (dans le protocole de Kyoto, cette date devrait être 2030 par rapport à 1990) comme le Canada ou l'Australie. D'autres incorporent les puits carbone (les forêts) dans leurs contribution (la Russie, le Canada, la Suisse) ou le marché carbone (un marché de compensation) pour acheter des crédits en participant à des projets de réduction de GES à l'étranger et éviter ainsi des réductions trop importantes sur leur sol (Suisse, Canada, Japon).

La question du financement peut faire dérailler la Cop21 Le Monde du 5 juin 2015 Premiers pas pour l'aide financière Libération du 8 octobre 2015

 

Le Japon

La situation énergétique du Japon (7ème pays émetteur) est observée avec attention depuis l’accident de Fukushima qui a privé l’île de plus d’un quart de sa production électrique. 85% de ses besoins en énergie primaire sont donc réalisés à partir des importations fossiles. Le Japon est ainsi devenu le premier importateur mondial de GNL (37% des importations mondiales en 2012), le deuxième importateur de charbon et le troisième importateur de pétrole dans le monde. En 2012, le pays a dépensé près de 250 milliards de dollars pour importer des combustibles, soit le tiers de ses importations totales pesant sur sa balance commerciale les émissions en GES ont augmenté de 10 à 15% après Fukushima et le gouvernement a fait le choix de conserver en 2030 un mix électrique très carboné (56% de fossiles dont 26% de charbon) et de revenir à une part quasi identique du nucléaire par rapport à ce qu'il représentait avant 2011.

La contribution du Japon est très insuffisante, voire inférieure aux engagements précédents (non tenus) d’atteindre -25% d’émission en 2025. Le pays s’engage à réduire ses émissions de GES de 26% d’ici à 2030 par rapport au niveau de 2013 (date de référence qui tient compte des augmentations de GES pour compenser Fukushima), soit d’environ 25,4% par rapport à 2005. Mais, en réalité l'effort domestique réel ne dépasserait pas 16 à 20% selon les experts et les ONG, le Japon prévoyant d'avoir recours au marché carbone (hors Kyoto, le marché carbone est un mécanisme financier qui permet à des entreprises « économisant » l'émission des tonnes d'équivalent CO2 de vendre ces tonnes sous forme de crédits. D'autres entreprises ne parvenant pas à réduire leurs émissions peuvent ainsi les racheter, ce qui leur octroie en quelque sorte des « droits à polluer ») en achetant des crédit carbone et en participant à des projets de réduction des émissions à l'étranger.

Le Japon ne compte donc pas participer véritablement à l'objectif -2°C malgré sa 5ème position des pays émettant le plus de GES dus à la combustion de ressources fossiles (ce qui représente 2,5% des émissions mondiales) une population de 127,3 millions d’habitants, soit une répartition de 9,5 teCO2/habitant.

Après son désengagement du prolongement du Protocole de Kyoto portant sur la période 2013-2020, le Japon n’apparaît plus comme un pays leader dans la lutte contre le changement climatique. Son ambition politique énergétique et climatique, jamais tenue, a été profondément affectée par l'accident Fukushima, mais son « Plan stratégique énergie » qui prévoyait de faire passer la part du nucléaire dans le mix électrique national de 29% à 50% entre 2010 et 2030 ne s’est pas mué en une sortie du nucléaire avant 2040. A noter tout de même que le développement des énergies renouvelables est soutenu au Japon qui a su réaliser des économies d’énergie drastiques pour surmonter la « pénurie » électrique auquel il a été confronté.

L'essentiel de la contribution du Japon sur maCOP21COP21 : Au tour du Japon de confirmer ses engagements Analyse du Japon par CAT Le Partenariat transpacifique dans Le Monde du 13 octobre 2015. Contre l'avis des Japonais, Tokyo redémarre un second réacteur nucléaire Courrier international du 15 octobre 2015.

 

L'Australie

Grand pays/continent peu peuplé, l'Australie représente 1,4% des émissions mondiales, ce qui le place au 13eme rang des pays les plus émetteurs de la planète, mais il est le premier pollueur par habitant (29,7 teCO2/habitant). Dernier pays du G20 à avoir envoyé son INDC, l'Australie prévoit de réduire d'ici à 2030 ses émissions GES de 26 à 28% par rapport à 2005 et envisage de porter la part des énergies renouvelables à 23% de son mix énergétique en 2020. Avec une contribution très loin des enjeux, le gouvernement australien réaffirme son hostilité à tout plan climatique et maintien le charbon. Tracker pour bilan et engagements de l'Australie (en anglais) L'analyse par maCop21.

 

Le Canada

Le Canada représente seulement 1,8% des émissions mondiales. Mais ce pays immense, peu peuplé et couvert de forêts n’en est pas moins le 9ème émetteur mondial par habitant (24,6 teCO2/habitant). Alors que plusieurs villes et provinces progressent vers une transition énergique (Vancouver s'engage à à fonctionner avec 100% de ressources renouvelables), la contribution nationale est très insuffisante. Elle porte exclusivement sur la réduction des gaz à effet de serre (pas l’adaptation, pas les financements) avec une baisse de 30% d’ici à 2030 par rapport à 2005 (cette date de référence est privilégiée par le Canada, qui a connu une forte augmentation de ses émissions entre 1990 et 2005), dont une part non négligeable serait compensée par l'usage des crédits carbone internationaux. Ce qui équivaut, selon les experts, à une baisse de 14% par rapport à 1990, puits de carbone exclus, et à une augmentation de +2% avec les puits de carbone. Sa contribution le place donc loin derrière les autres pays riches, qui pourtant n’ont pas fait de propositions suffisantes pour contenir le réchauffement en deçà de 2°C.

Le Canada a déjà accumulé un retard phénoménal dans la lutte contre le changement climatique. Le gouvernement fédéral a fait sortir en 2012 son pays du Protocole de Kyoto afin d’échapper à des sanctions. En effet, les émissions canadiennes n’ont cessé d’augmenter, tandis que le pays devait opérer une baisse à horizon 2012. Avec son INDC, le Canada montre qu’il a nullement l’intention de se tourner vers la transition énergétique. D'ailleurs, il maintient l'exploitation les sables bitumineux.

L'essentiel de la contribution du Canada sur maCOP21 La note sévère du Canada par CAT

 

La Russie et l'ancienne zone soviétique

La Russie a rendu une copie en apparence ambitieuse en s'engageant à réduire de 25 à 30 % des émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2030 par rapport à 1990. Il s'agit plutôt d'une stagnation par rapport à aujourd'hui (BAU), voire une augmentation de ses émissions par habitant car la population russe diminue (15,8 teCO2/habitant). La proposition de Moscou mise beaucoup sur l'extension de ses forêts, qui représentent 25 % de la surface forestière mondiale. Qualifiées de « puits de carbone » car stockant le CO2, elles permettent à la Russie de compenser ses hausses d'émissions. Mais ce pari pourrait être contrarié par les flammes : le World Resources Institute (WRI) s'est inquiété début avril de la croissance des incendies de forêt dans le monde et notamment en Russie. Le pays a perdu 4,3 millions d'hectares par an en moyenne entre 2011 et 2013, ce qui constitue le quart des pertes forestières mondiales. Le projet russe ne prévoit donc pas de changement en profondeur de son modèle énergétique. La Russie n'est pas seule à jouer ce jeu-là : la Chine et l'Union européenne ont également inclus l'effet de stockage de CO2 par les forêts dans le calcul des émissions. La note sévère de la Fédération de Russie par CAT

En 1990, date de référence des négociations internationales sur le climat, les pays de cette zone faisaient partie de l'URSS et émettaient beaucoup de GES avec des industries au charbon très polluantes. Leurs émissions ont chuté brutalement avec la fin de l'URSS. Cela leur permet aujourd'hui de rendre des contributions INDC qui affichent des réductions substantielles d'émissions de GES par rapport à 1990, qui en fait correspondent à une augmentation par rapport à aujourd'hui. Les contributions de ces pays doivent prendre en compte les émissions actuelles comme année de référence et non celles mesurées en 1990.

 

La Corée du Sud

La Corée du Sud, membre du G20, représente 1,4% des émissions mondiales soit 13,5 teCO2/habitant. Elle s'engage à une réduction de -37% de ses émissions par rapport à aujourd'hui (BAU business as usual) dont une partie proviendrait de crédits carbone, ce qui reviendrait à doubler les émissions de GES sur son sol par rapport à 1990. Sa contribution est inadéquate compte tenu de sa position en tête de peloton des pays les plus émetteurs par habitant (ses émissions 2010-2012 ont dépassé les projections BAU mondiales et se dirigent vers plus de 10 teCO2/hab en 2030, soit deux fois plus que ce que préconise le GIEC. La demande énergétique de la Corée du Sud a explosé de 162% entre 1990-2013, avec un mix énergétique de 45% pour le charbon et 26% pour le nucléaire. Elle vient de mettre en place un plan de transition énergétique. Avis sur maCOP21 Analyse de la Corée du Sud par CAT Climat, le double jeu de la Corée du Sud Libération du 3 novembre 2015

 

Le groupe de l'intégrité environnementale GIE : pour rire...un peu

Cette coalition a été formée en 2000 par des pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) qui n’adhéraient pas aux positions adoptées par le groupe Parapluie des pays développés n'appartenant pas à l'UE (Etats-Unis, l’Australie, le Canada, l’Islande, le Japon, la Nouvelle-Zélande, la Norvège…). Il rassemble la Suisse, le Mexique et la Corée du Sud, que Monaco et le Liechtenstein ont rejoint plus tard. A l'intercession de Bonn, le Liechtenstein a fait rajouter une proposition d’amendement demandant de «prendre en compte la situation particulière des petits Etats avec des compétences administratives limitées».