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COP25 : Chile / Madrid

Par Françoise Morel-Deville Dernière modification 14/02/2020 09:40

Conférence des Nations Unies sur le climat : du 2 au 15 décembre 2019 à Madrid

Voici une liste de liens d'actualité pour comprendre le contexte :

Tremplin pour l'avenir  United Nations Climate Change du 29 novembre 2019

La COP25 ne sera pas au Chili France Info décembre 2019

Le Ministère de l'écologie et ses chiffres  Twitter officiel

Le discours poignant du président autrichien  Vidéo sur France info (Brut) du 4 décembre 2019.

Les enjeux de la COP25

C’est un véritable tour de force auquel est parvenue l’Espagne : organiser une conférence des Nations unies sur le climat, la COP25, en seulement quatre semaines, là où les précédents hôtes disposaient d’une année de préparation. Une gageure pour réorienter 29 000 personnes de Santiago vers Madrid, après le désistement du Chili, secoué par une violente crise sociale. Mais c’est un exploit bien plus grand qui est attendu des 196 pays qui se réuniront dans la capitale espagnole : accélérer la lutte contre la crise climatique, alors que les inondations, ouragans ou encore incendies se multiplient partout dans le monde.

« Cette COP25 est la dernière marche avant l’année 2020, qui sera décisive pour le climat, dit Lucile Dufour, du Réseau action climat. Il ne faudra surtout pas la rater, il faut à tout prix poser les bons jalons et notamment de la part des pays les plus émetteurs : les pays du G20 représentent 80 % des émissions de gaz à effet serre mondiales et, pourtant, aucun ne respecte les objectifs fixés en 2015. Nous avons besoin que ces pays prennent leurs responsabilités, respectent leurs engagements et les renforcent. »

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) a publié deux rapports en 2019, l’un sur les interactions entre le climat et les terres, l’autre sur les océans et la cryosphère. Une conclusion de ces rapports, qui expriment le consensus scientifique global, est que le monde doit réduire de moitié ses émissions entre 2020 et 2030 pour avoir des chances de contenir le réchauffement climatique sous les 1,5 °C d’augmentation par rapport à l’ère préindustrielle. Un tel effort permettrait de réduire les conséquences du changement climatique, déjà palpables et innombrables : catastrophes climatiques, records de température, montée des eaux, érosion…

Les enjeux sont énormes, mais le contexte géopolitique n’augure pas une COP facile. « Elle a vraiment du plomb dans l’aile » déclarait à Reporterre l’historienne Amy Dahan au lendemain de l’annonce du retrait officiel des États-Unis de l’Accord de Paris, début novembre. 

Les émissions mondiales de gaz à effet de serre ont progressé de 1,5 % par an en moyenne au cours de la dernière décennie pour atteindre un record historique l’an dernier. Et aucun signal ne laisse présager un changement de trajectoire de ces rejets, majoritairement issus de la combustion des énergies fossiles. Même les engagements pris par les 197 signataires de l’accord de Paris pour enrayer le dérèglement climatique sont totalement insuffisants : ils mettent la planète sur une trajectoire de réchauffement de 3,2 °C d’ici à la fin du siècle, bien loin des 2 °C, et si possible 1,5 °C, prévus par le traité international conclu en 2015.

Un autre rapport du Giec, est très alarmant et mérite d'être pris en considération. Ce rapport détaille les abus de l'humain sur les terres : déforestationagriculture non durable, destruction des écosystèmes... Toutes ces données conduisent à penser que l'humanité doit changer fondamentalement sa manière de produire, de distribuer et de consommer à peu près tout. Elle doit aussi s'adapter rapidement afin de se mettre à l'abri. Du niveau des mers, par exemple, qui pourrait monter de 20 mètres selon des études récentes. Ou de la famine, puisque un nouveau modèle montre que, dans le pire scénario, 90 % de la population vivra dans une zone où la production agricole diminuera à cause du réchauffement climatique.

L’urgence est telle que, désormais, les délégués, les observateurs ou encore le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, n’ont plus qu’une expression à la bouche : « Relever l’ambition » – comprendre accroître les efforts que les pays sont prêts à consentir d’abord à court terme, c’est-à-dire en 2030, et ensuite à long terme, en 2050. D’ici à la fin 2020, les Etats doivent soumettre de nouveaux plans climatiques plus ambitieux (ce que l’on appelle les NDCs en anglais), comme le prévoit l’accord de Paris. La conférence de Madrid doit accélérer ce processus crucial, qui s’achèvera à la COP26 prévue en novembre 2020 à Glasgow (Royaume-Uni). « La COP25 est une COP de l’action », assure la présidente de la conférence, la ministre chilienne de l’environnement, Carolina Schmidt.

Le Vieux continent est attendu comme un élément moteur des négociations, d’autant que la Commission européenne s’est donnée cent jours pour mettre en place un nouveau Green Deal, attendu pour mars 2020. Le Parlement européen et la nouvelle présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen — elle sera présente lors la COP —, ont proposé une augmentation de l’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 de 40 % à 55 % par rapport à 1990.

Les enjeux de cette COP sont les suivants :

  1. Pousser les pays à augmenter leurs efforts pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre mais aussi à améliorer l’adaptation au changement climatique. Les pays seront incités à relever leur contribution nationale en vue de 2030 mais aussi s’engager vers un objectif de neutralité carbone en 2050.
  2. Mettre les gens au centre de l’action climatique, parce que ce sont eux qui souffrent de la pollution, des sécheresses ou des vagues de chaleur. Il faut donc qu’au-delà des gouvernements les régions, les collectivités, les entreprises et les investisseurs s’engagent à atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050. Pour la première fois dans une COP, une réunion des ministres de finances, des ministres de l’énergie et de ceux de l’agriculture, sera organisée, pour permettre la transformation de nos sociétés.
  3. Placer la science à la base de notre action, pas seulement pour avoir un diagnostic des problèmes mais aussi pour trouver des solutions aux problèmes. Il faudra également finaliser les règles d’application de l’accord de Parispour permettre sa mise en œuvre. Enfin, c’est une « COP bleue » : il s’agit de défendre la protection et la durabilité des océans, qui représentent 70 % de notre planète.

Selon la ministre de l'environnement chilienne, Carolina Schmidt, seulement 73 pays dont le Mexique, l'Argentine, le Chili et le Maroc, se sont engagés à présenter d'ici la fin de l'année 2020, des plans climatiques plus ambitieux afin de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030. Le cercle de réflexion américain World Resources Institute décompte de son côté 80 pays- dont certains comme l'Afrique du Sud, qui ne sont pas dans la coalition chilienne, mais ont tout de même pris des engagements -, qui représentent seulement 10,5 % des émissions mondiales de CO2. Après quasiment deux semaines de négociations, les gros émetteurs manquent cependent toujours à l’appel, en particulier les pays du G20, responsables de 80 % des émissions. Ni la Chine, premier pollueur mondial, ni le Brésil, l’Australie ou le Canada n’ont donné de signes qu’ils allaient accroître leurs efforts. 

Plus inquiétant, le ministre indien de l’environnement, Prakash Javadekar, a indiqué, lors d’un point à la presse mardi, que l’Inde ne soumettrait pas de nouveau plan en 2020 et que les discussions pour la relève de l’ambition ne devraient pas avoir lieu avant 2023, l’année où un bilan mondial de l’action climatique sera réalisé. L’Inde, le Brésil et la Chine ont martelé, que les pays développés, historiquement responsables du dérèglement climatique, doivent d’abord « honorer leurs engagements pré-2020 », tant en matière de réduction d’émissions que d’aide financière apportée aux pays du Sud, pour « ne pas transférer de charge supplémentaire aux pays en développement ».

« Je suis fatigué d’entendre les grands émetteurs excuser leur inaction en expliquant qu’ils ne représentent qu’une fraction du total mondial. En vérité, nous sommes tous dans le même canot. Et, à l’heure actuelle, ce canot prend l’eau avec près de 200 trous », a dénoncé le premier ministre fidjien, Frank Bainimarama. Cette responsabilité, « c’est d’abord celle des pays avancés, qui ont un devoir d’exemplarité dans leur ambition et les moyens d’y parvenir », a reconnu la ministre de la transition écologique et solidaire française, Elisabeth Borne.

Durant deux semaines, la 25e conférence des Nations unies sur le climat (COP25), qui s’est achevée à Madrid dimanche 15 décembre, a accueilli les témoignages de jeunes du monde entier, inquiets pour leur futur. Les petits Etats insulaires menacés de disparition par l’élévation du niveau des océans ont fait part de leur détresse. Les peuples indigènes amazoniens, victimes de la déforestation, ont alerté sur leur vulnérabilité. Des rapports d’éminents scientifiques sont venus confirmer la fonte irréversible des glaciers si rien ne change. Mais, à l’heure des décisions, ce sommet sur le climat a donné un désolant spectacle d’inaction. Les négociations n'ont pas permis d'avancer de manière significative.

Les grands émetteurs que sont la Chine, l’Inde, les Etats-Unis, l’Australie ou le Brésil ont préféré jouer chacun leur propre partition, minant toutes les propositions de consensus d’une présidence chilienne de la COP manquant de poids politique. Sur les sujets centraux, aucune avancée sensible n’a été enregistrée par rapport à la précédente édition. Ce surplace a de quoi inquiéter, alors que les scientifiques martèlent : maintenir le réchauffement à 1,5 °C implique de diviser par deux les émissions d’ici à 2030, soit un changement radical de société.

Il faut garder espoir. C’est véritablement à la prochaine conférence, la COP26, qui se tiendra à Glasgow (Royaume-Uni), en novembre 2020, qu’il faudra agir. C’est oublier que, déjà à la COP24, les négociateurs se retranchaient derrière cet argument du « on fera mieux la prochaine fois ».

Bien sûr, la pression doit être maintenue et la lutte contre le réchauffement climatique doit être un combat de tous les instants. Mais on peut se poser des questions de méthode pour avancer. 

Il reste pourtant des motifs d’espoir. L’initiative de la nouvelle Commission européenne d’un « green deal » visant à atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050, afin de permettre une transition écologique radicale du Vieux Continent, en constitue un. Nous attendons beaucoup plus de l’Europe car elle peut jouer un rôle moteur au niveau mondial. Elle est en mesure de créer des ponts entre pays industrialisés et pays en développement. Et, surtout, elle peut pousser d’autres pays à bouger si elle-même montre l’exemple. On pense notamment à la Chine. C’est à l’Europe de donner le signal !

Ce qu'il faut retenir de la COP25

  • Beaucoup de pays présents
  • Présidée par le Chili
  • Organisée par Madrid city
  • Quand ? du 2 au 15 décembre 2019
  • 1ère COP depuis les Fridays for future, depuis le succès des mobilisations climat : la société civile était bien présente pendant la semaine, mais ça n’a pas eu d’impact sur les décisions à l’intérieur des murs.
  • Cette COP avait pour but de relancer une dynamique en vue de la COP26, à Glasgow, dans moins d’un an, COP durant laquelle les promesses des Etats vont être renouvelées. Le texte final souligne la nécessité d’un rehaussement des ambitions, sans beaucoup de vision.

Résumé tiré surtout des articles de Reporterre à ce sujet : https://reporterre.net/La-penible-conclusion-d-une-COP-calamiteuse

Principale réussite :

  • Des villes et des entreprises s’engagent pour réduire leurs GES (Alliance pour une ambition climatique).

Principaux échecs :

  • Le problème des ambitions trop basses + du non-aveu d’un retard et non-respect des promesses de la COP21 (les pays suivent des trajectoires qui nous amènent plus vers du > 3°C que du >2°C, et encore en étant hyper optimiste);
  • L’UE ne présente pas de promesses (mais on attend un Green Deal européen en octobre 2020);
  • Les pays « développés » ne veulent pas du « financement pertes et dommages » (en gros, les riches aident financièrement les pays plus pauvres qui sont plus victimes du réchauffement climatique dont sont surtout responsables les pays riches). La France s’y oppose, et les Etats-Unis font barrage;
  • Le problème de l’article 6 de l’accord de Paris sur les marchés carbones internationaux. Un exemple pour illustrer le problème : l’Australie annonce déjà qu’elle achètera des crédits d’émissions supplémentaires pour atteindre ses objectifs (donc au lieu de diminuer les GES, elle compense) -> pas de règlementations mises en place, aucun accord trouvé. En plus, « la question des droits humains a disparu des textes sur les crédits carbones »;
  • Pas d’accord trouvé sur le financement à long terme du climat (aide aux pays les plus pauvres pour s’adapter).

Des ressources pour aller plus loin