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Petits états insulaires

Les pays les moins avancés (PMA) et les petits États vulnérables (AOSIS)

http://unctad.org/fr/PublicationsLibrary/ldc2016overview_fr.pdf établi par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced). 49 pays (ils sont 48 aujourd'hui) sont classés par la Convention des Nations Unies comme étant les plus pauvres (Least developped countries ou LDC, PMA en français) et bénéficient d'une considération spéciale du fait de leur extrême vulnérabilité et de leurs faibles capacités à répondre aux changements climatiques. Très peu émetteurs de GES, ils veulent adopter un autre modèle de développement que celui, très polluant, des pays industrialisés, et annoncent des engagements bien supérieurs à leur responsabilité. Les PMA prennent plus de place dans les négociations de la Convention. Somalie, Bangladesh, Yémen, Cambodge, Népal…, mettent en avant le besoin de recevoir des financements pour s’adapter et de faire accepter un objectif à long terme vraiment ambitieux à Paris. La présidence en 2015 est assurée par l’Angola. Les autres Parties sont donc appelées à tenir compte de la situation des PMA notamment lors des négociations sur le financement du Fonds vert et de l'aide au développement et au transfert de technologies. Les PMA font entendre leurs voix pour faire adopter des mesures immédiates de réduction des émissions de GES conjuguées à des politiques de développement solidaire et durable et rappellent aux États riches le caractère indissociable de la lutte contre le réchauffement climatique et du combat contre la pauvreté. Ils font valoir que les politiques climatiques peuvent en soi constituer un levier de ressources pour financer les programmes de protection sociale ou de développement. « Une taxe carbone, même modeste, à 10 dollars la tonne, permettrait d’intensifier considérablement, de 50 %, la protection sociale. Ou de financer d’autres investissements (comme l’accès à l’eau, à l’assainissement ou à l’énergie moderne) qui profitent aux gens pauvres », selon la Banque mondiale.

Parmi ces pays vulnérables l’Alliance des petits Etats insulaires (AOSIS en anglais), fondée en 1990, est une coalition de 43 pays à faible élévation côtière et de petites îles (1% de la population mondiale), particulièrement vulnérables à la montée du niveau de la mer. C’est l’ensemble des pays en première ligne face aux effets du changement climatique : Maldives, Haïti, Kiribati, Tuvalu… Cette alliance se fait entendre depuis Copenhague et pousse pour les positions les plus radicales dans les négociations climat : pour un accord contraignant, pour la mise en place d’un fonds d’indemnisation des dégâts liés au réchauffement climatique, d'un fonds d'urgence pour la protection sociale des plus démunis, en faveur d’un objectif de long terme ambitieux, visant le 1,5°C d’augmentation des températures par rapport à l’ère préindustrielle comme seuil maximal à ne pas dépasser, et non les 2°C sur lesquels devrait se baser l’accord de Paris. La présidence en 2015 est assurée par les Maldives.

  • Madagascar : La république s’est fixé l’objectif d’une réduction de 14% d’ici 2030 et mise sur la reforestation du pays, pourtant menacée. La Grande île compte sur le support de la communauté internationale pour atteindre cet objectif car elle est menacée à la fois par des tempêtes au Nord et par une grande sécheresse au Sud.Le plan d'action climat de Madagascar et Plan d'adaptation et d'atténuation de Madagascar lié à la reforestation.

  • Les Comores : ont annoncé l’un des plans mondiaux les plus ambitieux. Ce petit État insulaire particulièrement vulnérable au changement climatique propose de réduire de 84% des émissions d’ici à 2030. Un plan que l’archipel ne pourra pas financer seul : Moroni le chiffre à 675 millions de dollars et demande un minimum de 608 millions de dollars d’aide internationale pour y parvenir.

  • La Mauritanie: la république islamique s'engage à une réduction de 22,3% d’ici 2030 conditionnée à une aide internationale au développement et à la lutte contre la pauvreté des populations vulnérables, victimes de sécheresses et de catastrophes récurrentes. En effet, le pays appartient à la zone du Sahel la plus touchée par la désertification et l'effet du climat, conjugué à l'action de l'homme, entraîne la dégradation de l'ensemble des conditions socio-économiques du pays.La contribution de la Mauritanie en français sur CCNUCC.

  • Les Iles Marshall: petite république insulaire du Pacifique, les îles Marshall veulent montrer au monde entier que leur survie et celle des petits États insulaires sont en jeu dans la lutte contre le réchauffement climatique. En cela, elles agissent à deux niveaux : 1) le politique en multipliant les déclarations offensives de Tony De Brum, le ministre des affaires étrangères de l'archipel, avec une présence diplomatique remarquée à Paris et aux intercessions en amont de la Cop21 et un appui ferme donné à l'Alliance des États insulaires AOSIS qui insiste pour ramener la "ligne de défense" des négociations à 1,5°C en lieu et place des 2°C actuels, jugés insuffisants pour sauvegarder les nombreux états insulaires de la montée du niveau des océans; 2) l'action en réalisant une transition énergétique totale. Les îles Marshalls s'engagent ainsi à baisser leurs émissions de GES de 54% d'ici à 2030 par rapport à 2010, pour atteindre une neutralité carbone avec 100% de renouvelables en 2050. Leur contribution et leur déclaration lors de la Cop21 à Paris ont été hautement stratégiques selon les analystes Novethic. Le message de Tony De Brum est simple : "Si l’un des pays les plus petits, les plus pauvres et les plus isolés géographiquement peut le faire, alors vous le pouvez aussi". En s'adressant ainsi directement aux grands émetteurs mondiaux, c'est David contre Goliath! Les îles Marshalls interpellent la responsabilité des pays riches dont les contributions en matière de réduction des émissions de GES sont bien trop timides au regard des exigences climatiques (voir le 5ème rapport du GIEC, le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat). Les îles Marshall exercent également une forme de leadership en parlant au nom de l'ensemble de ces îles menacées de disparition par la montée du niveau des mers et des océans si le réchauffement global dépasse le seuil de 1,5°C. Ce petit archipel de 71000 habitants est très mobilisé pour lutter contre les chocs climatiques car ses petites îles sont très vulnérables. Depuis une dizaine d'années, des mesures parmi les plus vigoureuses du monde en matière d'énergies renouvelables et d'efficacité énergétique sont mises en place. L’État renforce progressivement sa production d'électricité à partir du solaire, de l'éolien et des cultures d'agrocarburants et lance un projet d'énergie thermique marine. Des objectif en droite ligne avec le dernier rapport du GIEC , qui recommande une réduction de 80 à 90 % des émissions d’ici au milieu du siècle, pour contenir le réchauffement à + 1,5°C au maximum.

  • Les Philippines : ont déposé leur INDC le 1er octobre 2015 avec une intention de réduire leurs émissions de 70% à l'horizon 2030 sous conditions financières, d'aide au développement et de transfert de technologie. Les analystes considèrent ces promesses comme insuffisantes et peu claires en particulier à cause du comptage des forêts (LULUCF) dans les calculs INDC et du maintien de la production d'électricité basée sur le charbon et le forage. A noter que les communautés des Philippines se mobilisent pour le climat et font pression sur le gouvernement qui aujourd'hui se dit prêt à opter pour l’énergie renouvelable (un projet de méga centrale de charbon à Negros a été arrêté in extremis en aout 2015). Un autre point positif à noter est la volonté du pays à mobiliser leur programme "4P" de subvention aux plus pauvres (mis en place à la suite du passage du typhon Yolanda en 2013) pour financer des programmes de développement, notamment agricole, et de protection sociale. l'analyse de la contribution par CAT

"Les atolls, des territoires menacés par le changement climatique global ? L’exemple de Kiribati (Pacifique Sud)" Géoconfluences, Avril 2015

Climat : la bataille du Pacifique Libération , 25 septembre 2015

Les déplacements causés par les désastres liés aux aléas naturels dans le monde Géoconfluences, Septembre 2014

Risques et aléas climatiques : vulnérabilités, adaptations, 22 novembre 2013  Géoconfluences

Les cartes et simulations de la montée des océans par Nasa