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Que retenir de la COP24

Par Françoise Morel-Deville Dernière modification 14/03/2019 10:28

Court rappel de la situation à la veille de la cop24

Les Conférences des Parties (COP) à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) se tiennent chaque hiver depuis 1995. Deux éditions ont impulsé une dynamique d’actions internationales par la signature d'accords marquants : la COP3 (adoption du Protocole de Kyoto) et la COP21 (adoption de l’Accord de Paris).

L’Accord de Paris signé à la COP21 pose l’objectif de contenir « l’élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels et en poursuivant l’action menée pour limiter l’élévation des températures à 1,5 °C ». Mais il n’a jamais donné lieu à une négociation internationale sur un partage de l’effort entre les pays. Ce sont les États qui, en le ratifiant, ont indiqué quelle sera leur contribution nationale (NDCs).  C’est ainsi que, toutes agrégées, les contributions des 173 États qui ont ratifié l’Accord ne nous conduisent pas sur la trajectoire définie par l’Accord mais plutôt autour de 3°C. C’est mieux que les 4 ou 5 °C vers lesquels nous amenaient les scénarios business as usual, mais c’est encore loin du « nettement en dessous de 2°C » et bien plus encore de l’objectif de +1,5°C demandés  notamment par les petits États insulaires inquiets pour leur survie, et par la communauté scientifique dont le dernier rapport du GIEC publié en octobre 2018 tire la sonnette d’alarme sur les conséquences d’un réchauffement supérieur à 1,5 °C.

La COP21 prévoyait également la publication d'un rapport annuel du PNUE ("Emissions Gap Report")  pour faire le bilan des efforts accomplis chaque année, et réexaminer les objectifs de l’Accord de Paris en fonction des conclusions du GIEC sur le 1,5 °C (ce dernier rapport a été publié en octobre 2018). Un dialogue politique entre les États devait suivre chaque publication, comme un temps fort pour relever le niveau des efforts des pays signataires - niveau d’ambition qu’on savait, dès la COP21, insuffisant - .

La COP22 à Marrakech en 2016 et la Cop23 à Bonn en 2017 ont été des conférences techniques d’étape pour avancer vers le dialogue politique. A l'horizon d'une gouvernance mondiale pour le climat qui chapeaute les pays signataires afin qu'ils adoptent officiellement les règles d’application de l’Accord de Paris durant la Cop24.

Durant la COP23, d’importantes avancées ont été enregistrées à Bonn avec le dialogue de facilitation nommé Dialogue de Talanoa permettant d’évaluer l’impact global des efforts des pays. Talanoa est un mot fidjien associant tala (raconter) et noa (librement). Talanoa désigne une approche traditionnelle dans le Pacifique : il s’agit de s’engager dans un dialogue inclusif, participatif et transparent, qui doit être constructif, facilitatif et orienté vers des solutions.

A la veille de la COP24 à Katowice en 2018, les négociateurs disposent de plusieurs rapports qui alertent sur l'urgence climatique avant un monde en crise extrême et permanente et qui dénoncent le manque d'action des Etats qui continuent à augmenter leurs émissions de GES.

Les objectifs de la COP 24 de Katowice en pologne

Ce n’est pas la première fois que la Pologne reçoit une COP. En 2008, il y a eu la COP14 à Poznan, puis en 2013, la COP19 à Varsovie. La Pologne avait aussi présidé la COP5 qui a eu lieu à Bonn en 1999. Pour autant, le fait que la Pologne reçoive la COP alors qu'elle est encore très dépendante au charbon est fortement critiqué par les ONG. D'autant que chacune des COP a été sponsorisée par des groupes énergétiques liés au charbon. La  COP24 de Katowice en décembre 2018 n'a pas dérogé à la règle...

Trois grands objectifs pour cette édition :

  • l’adoption des règles d’application (en anglais le rulebook) de l’Accord de Paris,
  • le relèvement de l’ambition des contributions nationales d'ici 2020 (dialogue de Talanoa)
  • les financements climatiques pour aider les pays en transition vers une économie bas carbone.   

Les négociations ont été particulièrement difficiles par manque de transparence, manque de volonté, manque de confiance dans un contexte sombre après la décision de retrait des États-Unis, le renoncement du Brésil de Bolsonaro à organiser la COP25 et son projet de quitter l’Accord de Paris. L’Europe elle-même s'est trouvée plus divisée que jamais sur ces questions et empêchée d’avancer d’un seul élan.

Le bilan de la COP24

Au soir de la COP24, la directrice internationale de Greenpeace Jennifer Morgan a dit :

« 2018 a été l’année de désastres climatiques et d’avertissements terribles de la part des scientifiques les plus réputés au monde. Malheureusement, les gouvernements ont choisi de laisser tomber les peuples et d’ignorer la science et la détresse des plus vulnérables. Il ne suffit pas de reconnaître qu’il y a urgence climatique et d’adopter des règles pour l’action sur le climat pour lutter contre les dérèglements climatiques qui menacent des nations entières. Sans action immédiate, les meilleurs politiques ne serviront à rien. C’est ça que les gens voulaient mais les gouvernments n’ont pas assumé leurs responsabilités. C’est immoral, et ils doivent livrer des objectifs bien plus ambitieux au Sommet de l’ONU de 2019.  »

Au total, le bilan de la COP24 n'est pas bon, meme s'il y a quelques maigres avancées :

1) L'adoption d'un "paquet"  de règles solides (rulebook) d'application de l'Accord de Paris avec des clauses très techniques sur les calendriers des contributions nationales, le bilan mondial quinquennal des efforts collectifs, le fonctionnement du mécanisme de transparence et de contrôle du financement.

2) Un échec à convaincre les pays riches du G20 (dont l'Europe) de relever leur niveau d'ambition de réduire leurs émissions de GES. Ce, malgré plusieurs mois de dialogue de Talanoa pour évaluer les efforts déjà déployés au niveau mondial et pour préciser ce que chaque Partie doit/peut faire sur le long terme à la lumière des rapports scientifiques du GIEC. La question de la réception de ce dernier rapport a donné lieu à un psychodrame au mitan de la COP. Les Maldives, au nom du groupe des petits États insulaires, ont demandé à ce que la COP accueille favorablement les conclusions du rapport du GIEC. L’Arabie saoudite, soutenue par le Koweït, la Russie et les États-Unis, s’y est opposée, préférant que la COP en « prenne note ». Le conflit est monté et a pu paraître démesuré, mais c’était bien plus qu’un différend sur l’emploi d’un mot ou d’un autre : une opposition frontale sur la place de la science et la portée des rapports du GIEC pour les États. Une cinquantaine de pays (incluant la France, le Canada, l’Argentine, la Nouvelle-Zélande, l’Espagne ou la Norvège) disent explorer la possibilité de réviser leur contribution, mais seules les Iles Marshall ont officiellement transmis une contribution révisée plus ambitieuse. Du fait de ses divisions internes, l’Union européenne, jusqu’ici bon élève, n’est pas parvenue à prendre une telle décision en amont de la COP, en dépit des propositions de relever le niveau d’ambition de sa contribution, qui est actuellement de 40 % de baisse des émissions de gaz à effet de serre en 2030 par rapport au niveau de 1990, à 45 % (proposition de la Commission européenne), voire 55 % (proposition du Parlement européen).

3) Des progrès sur le financement nord-sud en faveur de davantage d’équité et de justice climatique. Comme décidé à Copenhague en 2009 et réaffirmé à Paris lors de la COP21, les financements doivent atteindre 100 milliards de dollars en 2020 mais les pays en développement considèrent que cet objectif n'est pas atteint et, surtout, qu'il y a un manque de transparence sur les flux financiers. Par ailleurs, le Fonds vert pour le climat n’a à ce jour engagé que 4,6 milliards  dans 93 projets et souffre du retrait américain. Les pays en développement considèrent aussi que les financements climat sont encore insuffisamment dirigés vers l’adaptation au profit des politiques et mesures d’atténuation. Plusieurs pays riches ont fait de nouvelles promesses pour le Fonds pour l’adaptation (Allemagne, Suède, Italie, France, Belgique, Union européenne…). L’Allemagne et la Norvège ont également annoncé le doublement de leur contribution au Fonds vert pour le climat.

Et après ? la COP25 ? en 2023 ?

La COP24 a donc adopté un rulebook assez solide pour la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Mais les États ne se sont pas engagés vers plus d’ambition, malgré les conclusions du rapport du GIEC 1,5°C.

Le Brésil de Bolsonaro ayant renoncé à son organisation, rendez-vous est pris au Chili, en novembre prochain, pour la COP25. La justice et l’équité devront être au cœur de la transition d’ampleur à venir à l’intérieur des pays, entre pays européens et à l’échelle internationale. Les opinions publiques, qui se montrent de plus en plus concernées, ne doivent donc pas relâcher la pression sur leurs gouvernements.

Le prochain grand rendez-vous sera au nouveau Sommet de la Terre en 2019 : One Planet Summit.

Puis en 2023, date à laquelle est prévu un nouveau bilan mondial des efforts collectifs en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Mais, en raison de l’effet cumulatif de nos émissions qui repartent à la hausse en 2017 et en 2018, il sera alors probablement trop tard pour remplir les objectifs ambitieux de l’Accord de Paris.

Pour aller plus loin sur la COP24

Le discours de Greta Tnunberg à la COP24 (pour l'ONG Climate justice Now)

Source : https://www.youtube.com/watch?v=Bypt4H8K5dI

La jeune collégienne qui mène une « grève scolaire » pour le climat tous les vendredis, a réussi à porter un message de son école suédoise à la COP24 à Katowice, la capitale polonaise du charbon. Vendredi 14 décembre 2018, lors du dernier jour officiel, une trentaine d’élèves de la ville minière l’ont rejointe pour réclamer aux dirigeants des actions contre le changement climatique. «  Nous sommes à court d’excuses et de temps. Nous sommes venus ici pour vous informer que le changement s’annonce, que cela vous plaise ou non », a prévenu la jeune fille. Avant de conclure : «  Le vrai pouvoir appartient au peuple. »

Les dossiers Kesacop

Les videos de la chaine " Partager c'est sympa (mais tout le monde s'en fout)"

COP 24 : le Clash (épisode 1)

COP24 : le Cash (épisode 2)

COP24 : Même Combat (épisode 3)

COP42 : "Honte à VOUS" (épisode 4)

Source : https://www.youtube.com/watch?v=yUOa5CndsbI

Les analyses des ONGs

Le rapport 2018 de Climate Chance, l'Observatoire Mondial de l'action climatique non-étatique, s’appuie sur les savoirs existants pour réaliser la synthèse de près de 1000 références issues de rapports mondiaux de think tanks, ONGs et OIG, de bases de données, de littérature scientifique et de presse spécialisée.

Source : https://www.climate-chance.org/observatoire-de-laction/rapport2018/

sources

Source : http://enb.iisd.org/vol12/enb12739f.html

Source : https://www.ipcc.ch/sr15/