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L’implication d’un autre gène : EGLN1

Par salame — Dernière modification 31/12/2021 10:33

Génétique de l’adaptation à l’altitude des Tibétains

L’implication d’un autre gène : EGLN1

Les variations du gène EPAS1 propres aux Tibétains ne peuvent expliquer à elles seules leur adaptation à vivre aux fortes altitudes. Les études sur l’analyse de génomes entiers ont montré que non seulement la région du gène EPAS1 mais aussi celle du gène EGLN1présentaient une nette différenciation entre la population Tibétaine et les autres populations mondiales.

Les chercheurs ont alors séquencé avec précision tout le gène EGLN1 et ont repéré deux mutations dans la région codante de ce gène. On dispose des séquences de 3 allèles trouvés chez les Tibétains (EGLN1.edi).

Les fonctions de comparaison et de traduction des séquences d’ADN d'Anagène permettent de situer les différences entre les allèles et leurs conséquences au niveau protéique. L'allèle1, qui est celui trouvé très majoritairement dans les populations mondiales, peut être considéré comme l'allèle ancestral des sapiens et donc comme séquence de référence. L'allèle2 diffère de ce dernier par une substitution au site 380 (G380C) qui entraîne au résidu 127 la substitution de l’acide aminé cystéine par l’acide aminé sérine.(C127S ou Cys127 Ser). Le troisième allèle présente deux différences par rapport à la séquence de référence et résulte donc de deux mutations : l’une est celle déjà vue dans la séquence de l'allèle2, l’autre consiste en une substitution au site 12 (C12G) entraînant la substitution de l’acide aspartique par l’acide glutamique au résidu 4 (D4E ou Asp4Glu).

Les chercheurs ont établi la fréquence de ces deux mutations du gène EGLN1 chez les Tibétains et chez d’autres populations africaines, asiatiques et européenne.

La mutation G380C est présente avec une fréquence moyenne de 20% dans les différentes populations mondiales sauf les Tibétains. Chez ces derniers, elle a une fréquence de 90%.

La mutation C12G est toujours associée à la mutation G380C. Elle se trouve à une fréquence très faible dans les populations mondiales : 1,03% chez les Chinois Hans, 0,56% chez les Japonais, 0,59% chez les Européens et 2,27% chez les Africains. En revanche, elle a une fréquence de 70% environ chez les Tibétains.

De ces données, on peut tirer les conclusions suivantes :

-        La mutation G380C est apparue la première et s’est répandue dans les populations mondiales sans atteindre une fréquence élevée sauf chez les Tibétains.

-        La mutation C12G est apparue chez un individu possédant déjà la mutation G380C. Les chercheurs estiment son âge à 8000 ans environ. Elle s’est répandue uniquement dans la population des Tibétains. Le fait qu’elle ait pu atteindre une fréquence élevée en 8000 ans laisse à penser qu’elle conférait un avantage sélectif en altitude aux organismes qui la possédaient. Cela suggère qu’elle contribue à l’adaptation à l’altitude des Tibétains.