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Approche historique 11- Réflexions sur les liens entre la recherche fondamentale et la recherche appliquée

Par Naoum Salamé, publié le 28/04/2008, mise à jour le 27/06/2017

11 - Réflexions sur les liens entre la recherche fondamentale et la recherche appliquée

 

Cette perspective historique amène enfin à faire réfléchir, dans une certaine mesure, sur la manière dont fonctionne la science. Tout part d’un problème de recherche fondamentale sur l’origine d’un sarcome du Poulet, recherche qui est parue anecdotique à son époque (pour celle-ci et aussi pour des travaux ultérieurs dans d’autres domaines, son auteur Peyton Rous, aura le prix Nobel de physiologie et médecine en 1966, soit 56 ans après sa mise en évidence de l’origine virale du sarcome du Poulet).

Pendant plusieurs dizaines d’années, les recherches sur le virus à l’origine du sarcome du Poulet ont été considérées comme sans intérêt pour la recherche médicale car on ne connaissait pas de cancers humains d’origine virale. Elles étaient limitées au cercle des virologues.

Cependant, à partir des années 60, ces recherches ont débouché dans le domaine de la virologie à l’élucidation du cycle des rétrovirus avec la découverte du rôle fondamental de la transcriptase inverse. Surtout, la recherche sur les virus oncogéniques a débouché sur la mise en évidence des oncogènes dans leur génome.

Plus fondamental : cette recherche a conduit à saisir que dans les cellules il existait de nombreux gènes, les proto-oncogènes, très conservés chez les vertébrés, dont le rôle dans l’homéostasie des populations cellulaires est fondamental. Ces proto-oncogènes, à la suite de mutations, peuvent devenir oncogéniques et contribuer ainsi à la genèse de cancers. Ce concept était totalement non prévu initialement lors des recherches des virologues, preuve que même si la recherche fondamentale a initialement un but, elle peut conduire à des données qui dépassent de beaucoup ce but initial. C’est la recherche en virologie qui a conduit au paradigme génétique actuel de la cancérologie. Et ce dernier a orienté les travaux de recherche appliquée ayant pour objectif de mettre au point des thérapeutiques ciblées vis-à-vis des protéines oncogéniques en jeu dans différents cancers.

Ce sont les relations entre la recherche fondamentale et la recherche appliquée qu’on peut aborder avec la prise de conscience que le passage de l’une à l’autre n’est pas simple et peut prendre beaucoup de temps mais qu’il existe de nos jours des succès certains.

Ainsi le premier médicament anticancéreux (le Gleevec (imatinib)) ciblé contre un oncogène bien identifié impliqué dans la leucémie myéloïde chronique de l’adulte, date de 2001 et intervient donc bien plus tard que l’identification de l’oncogène (BCR/ABL) en jeu dans ce type de cancer (1984).