Mission Santo
 
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Les étudiants du module "biodiversité marine" présentent leurs 6 semaines de mission sur l'île de Santo et les étapes de traitement des échantillons à leur retour en France.
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Lucie Bittner : du terrain à la paillasse !

Lorsqu’on m’a proposé de partir à Santo, je n’ai pas hésité une seule seconde. C’était l’occasion rêvée de faire le lien entre les Herbiers du MNHN (Muséum National d’Histoire Naturelle) dans lesquels j’étais plongé pendant déjà plus de 5 mois et le terrain.

Ce ne fut pas sans une certaine émotion que j’ai pu observer dans leur milieu naturel des Dictyotales (un ordre d’algues brunes ou Phaeophyceae) sur lesquelles j’avais travaillé les  mois précédents pour mon mémoire de master 2. J’ai ainsi pu compléter mon échantillonnage sur ce groupe.


Lobophora variegata    © T. Schils. Dictyota friabilis      © O. De Clerck. Hydrolithon onkodes     © C. Geoffray.
Lobophora variegata
(Dictyotales, algue brune)
Dictyota friabilis
(Dictyotales, algue brune)
Corallinale sp. !
(algue rouge)



Mais j’ai tout particulièrement concentré mes efforts sur l’échantillonnage des Corallinales (un ordre d’algues rouges ou Rhodophyta). Ces algues se caractérisent par la fixation de calcaire dans leurs parois cellulaires, leur conférant un thalle « dur ». Certaines espèces possèdent un thalle entièrement « encroûté », en milieu tropical, elles jouent ainsi un rôle fondamental dans la formation et la construction des récifs coralliens. L’étude phylogénétique et phylogéographique de ces algues au thalle calcaire et à l’aspect parfois « pierreux » constituent les principales thématiques de ma thèse (pour plus de détails : les Corallinales).

En plongée et sur les platiers à marée basse, les corallinales sont très abondantes et … magnifiques. Certains spécialistes des corallinales décrivent ces paysages comme des peintures impressionnistes, ou l’artiste aurait un peu abusé de nuances de rose. J’adhère totalement à cette vision ! Mais pas facile de récolter ces algues encroûtantes, le marteau et le burin sont des outils indispensables. De retour sur le bateau, il faut absolument les protéger du soleil car elles changent très vite de couleur. Cette étape est importante, car la plupart des espèces sont décrites et distinguées sur leur couleur en milieu naturel.

Le tri de la récolte laisse souvent place au doute : hors de l’eau et sous lumière artificielle, de nombreux échantillons commencent à se ressembler furieusement… Pas facile aussi d’identifier et d’individualiser des spécimens a priori différents lorsque ceux-ci on des thalles qui se superposent et sont en compétition sur le même support (coquille, débris de bois, autre algue, etc.). Ainsi mieux vaut traiter la récolte le plus vite possible après le terrain, lorsque les informations sont encore toutes fraîches pour l’esprit.

 

Depuis le mois décembre (2 mois après mon retour de Santo), je commence mes extractions d’ADN sur mes spécimens de corallinales. J’ai du pain sur la planche comme la plupart des autres thésards partis à Santo (voir les messages de Nicolas et Julien), la mission nous a permis d’échantillonner massivement. Plus de 380 échantillons de corallinales m’attendent ! Mais malheureusement, la plupart des protocoles d’extraction d’ADN sont inefficaces ou en tout cas peu rentables sur mes spécimens. Il va falloir être patient et élaborer le protocole adéquat.

Les corallinales font peut être voir la vie en rose sous l’eau, mais il va falloir un peu de patience avant qu’elle ne le devienne à la paillasse. A suivre …


 

Article rédigé par Lucie Bittner

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