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Comment mesurer la richesse en tenant compte de l’environnement ?

Document proposé par SES-Grenoble (Académie de GRenoble) sur les indicateurs de richesses et le développement durable
Les mesures traditionnelles de la richesse créée, en particulier le PIB (produit intérieur brut , soit la somme des valeurs ajoutées des organisations productives présentes sur un territoire donné) ne prennent pas en compte les externalités négatives de l’activité productive sur l’environnement, et sur le bien être. Depuis le début des années 90, des économistes travaillent à la réalisation d’indicateurs alternatifs qui prennent en considération les questions environnementales.


« Ce qui n’est pas compté ne compte pas » : l'élaboration d’indicateurs alternatifs prenant en compte l’environnement est donc un enjeu économique et politique majeur. L’ouvrage  de Jean Gadrey et de Florence Jany Catrice, Les nouveaux indicateurs de richesse, publiée en 2005, dans la collection repères éditée à La Découverte fait une synthèse efficace des principaux indicateurs environnementaux. Il convient de faire un résumé rapide de leur contribution.

1-     Point de départ : l’insuffisance des outils de la comptabilité nationale.[1]

Les limites des indicateurs fournis par la comptabilité nationale sont connus. Au delà des limites internes, on peut, entre autre, reprocher à ces indicateurs d’occulter les méfaits de la production sur l’environnement et le bien-être.

Les limites des outils de mesure de richesse de la comptabilité nationale ( PIB)

Limites internes du PIB

Limites externes du PIB

  • incertitudes affectant le partage volume/prix dans le secteur des services ( évalués à leur coût de production)
  • incertitudes sur la mesure du stock de capital ( manque d’informations sur l’obsolescense, le déclassement des équipements)
  • mauvaise prise en compte de l’investissement immatériel
  • Non prise en compte du travail non rémunéré
  • Non prise en compte des externalités négatives de la croissance du point de vue du bien-être (insécurité/inégalités/dégradation de l’environnement)
  • Non prise en compte des irréversibilités (biodiversité, énergies non renouvelables)
  • Non prise en compte des aspects non utilitaristes du bien-être (qualité de vie sous tous ces aspects).

 

2-     A la recherche d’indicateurs à dominante environnementale

On peut distinguer deux grandes pistes de recherche : d’un côté les PIB environnementaux, de l’autre l’empreinte écologique. J. Gadrey et F.Jany-Catrice présentent dans leur ouvrage des indicateurs qui se présentent comme des alternatives au PIB et qui retiennent, comme les comptes nationaux, une unité de compte homogène, le plus souvent monétaire.

Ces indicateurs combinent tous, avec des poids qui peuvent différer, des contributions au bien-être durable relevant de différentes dimensions :

-         économique (niveau de vie)

-         sociale (inégalités)

-         environnementale

-         prise en compte d’activité non-monétaire (valeur du travail domestique)

 

1-      L’indice de Bien être Durable (IBED) ou (ISEW)

La première version internationale de cet indicateur remonte à 1989. A la suite de la publication du rapport Cobb et Cobb en 1994, certains pays se sont emparés de cet indicateur (Canada, Allemagne, GB, Pays-bas …). On peut aussi trouver une application de cet indicateur pour le Royaume-Uni  et des outils de calcul en ligne, sur le site de l’ONG Friends of the earth.[2]

-         Le calcul de L’IBED

Il s’appuie approximativement sur la formule suivante :

IBED= Consommations marchande des ménages ( base ou point de départ du calcul)

+ services du travail domestique

+ dépenses publiques non défensives

-         dépenses privées défensives

-         coûts des dégradations de l’environnement

-         dépréciation du capital naturel

+ formation de capital productif.

Ce calcul est ensuite corrigé par l’évolution des inégalités (coefficient de Gini) et par la prise en compte de la différence entre la valeur monétaire des biens durables consommés par les ménages et la valeur des services qu’ils rendent. L’ IBED prend ainsi en considérations plusieurs dimensions pour mesurer la richesse produite : il n’est pas univoque comme le PIB. Il cherche ensuite à prendre en compte les externalités négatives de la production, à l’inverse du PIB et refuse de considérer comme de véritable richesse, la réparation des dégâts et dommages de notre modèle de croissance et de nos modes de vies (ce qui amène à retrancher de la richesse les dépenses « défensives »).

-         Intérêt et limites de l’IBED.

Cet indicateur synthétique, en dépit de ses limites (non prise en compte de certains éléments du bien-être, difficiles évaluations des dommages sur l’environnement, évaluation des dépenses défensives …) permet de donner des ordres de grandeurs, certes grossier, mais qui permettent le débat.

2-      L’IPV, indicateur de progrès véritable (Genuine Progress Indicator).

Il a été mis au point par les chercheurs de Redefining Progress, qui est une non-profit public-policy organization, créée en 1994.[3]

Il se mesure de la manière suivante :

Consommation personnelle

-         ajustement économique

-         ajustement social

-         ajustement environnemental

+   ajustements bénéfiques

Nous pouvons prendre comme exemple le calcul de L’IPV pour les USA en 2000 ( en milliards de dollars 1996) disponible à l’adresse indiqué. La richesse réellement créée passe ainsi de 5163 milliards de dollars à 2630 milliards de dollars, selon que l’on prend en compte un indicateur « classique » ou l’IPV.

L’IPV permet donc également une prise en compte des externalités sociales et environnementales négatives liées à la progression de la production.

Graph of Gross Production vs. Genuine Progress, 1950 to 1999, in millions dollars 1996

Graph of GDP versus GPI, 1950 to 1999 

 

3-      L’indicateur d’épargne véritable. (Genuine Savings)

Cet indicateur synthétique est publié par la Banque Mondiale. C’est un indicateur monétarisé qui ambitionne de contribuer à la mesure du développement durable d’un pays, par diverses additions ou soustractions de ressources non économiques, notamment environnementales, en partant d’une base constituée par l’épargne économique nationale.

A l’inverse des indicateurs précédents, il n’inclut aucune variable sociale. Cet indicateur est  relativement critiqué pour ces limites internes. 

-         le calcul :

Epargne véritable =  épargne nette ( brut –amortissement)

+ dépenses d’éducation -    épuisement des ressources énergétiques, des ressources minérales et des forêts, et dommages liés aux émissions de CO2 -    quelques résultats

La Banque Mondiale a calculé la valeur de cette indicateur pour la plupart des pays du globe pour la période allant de 1970 à 1993. Les niveaux élevés de désépargne pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, ainsi que pour l’Afrique Sub-Saharienne s’expliquent par l’importance des exportations de ressources naturelles dans l’économie des pays de ces régions. Même si le mode de calcul de l’indicateur biaise un peu les résultats pour ce type d’économie, il est patent que les niveaux d’investissements réalisés dans la plupart des pays de cette région sont insuffisants pour compenser les pertes en capital naturel provenant de l’exploitation de leurs ressources non-renouvelables. A titre d’exemple, l’Arabie Saoudite présentait en 1991 une désépargne équivalent à près de 42% de son PNB. Les pays de l’Asie orientale et de la zone pacifique présentent les plus hauts niveaux d’épargne.[4]


4-l’empreinte écologique.

C’est un indicateur uniquement environnemental.

Il date de la deuxième moitié des années 1990 et a été élaboré grâce aux travaux de Redefinig Progresse et de WWF . Ces travaux ont pour origine un concept mis au point et appliqué dans un ouvrage commun par deux chercheurs de Vancouver, Mathis Wackernagel et William Rees.

L’idée directrice qui a permis la construction de cet indicateur est la suivante : Les activités humaines de production et de consommation utilisent des ressources naturelles dont certaines sont non renouvelables, alors que d’autres sont dites « renouvelables », au sens où elles peuvent se reproduire ou se régénérer sans intervention humaine : sols, forêts, eau, atmosphère … C’est uniquement à ces dernières que s’intéressent la notion d’empreinte écologique, parce que, selon ses promoteurs, ce sont elles qui posent les problèmes les plus graves à terme.

La question à se poser est la suivante : Ces ressources a priori renouvelables ne sont-elles pas en cours d’épuisement ?

On peut donc souligner que les promoteurs de l’empreinte écologique de situent dans une perspective voisine de celle des fondateurs de la comptabilité nationale, mais en tant que comptables du « budget de la nature » et de la "dette écologique des hommes", si les emprunts sont supérieurs aux capacités naturelles de régénération des ressources.

-         le calcul

Les ressources renouvelables utilisées pour satisfaire les besoins économiques d’une collectivité humaine peuvent presque toutes être converties en superficie de la planète marquée par « l’empreinte de l’activité humaine ». Plus précisément, la consommation finale d’une population, d’un individu, peut  être convertis en superficies exploitées en fonction des techniques existantes.

-         les résultats

Selon les rapports de WWF, au niveau mondial, l’empreinte écologique des Hommes aurait fortement progressé depuis 1960, passant de 70 % de la surface globale utilisable à des fins productives en 1961 à 120 % en 1999. Cela signifie que dès à présent, l’humanité emprunte chaque année à la nature 20 % de ressources renouvelables de plus que les flux annuels de régénérations naturelles de ces ressources.


[1] Bref résumé des limites de la comptabilité nationale in Marechal JP, Quenault B., Le développement durable, une perspective pour le XX1e siècle, PUR, 2005