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Regards croisés sur le rapport Stern

Par lblanc — Dernière modification 29/11/2016 10:15
Le rapport Stern a donné lieu a beaucoup de commentaires : quel est l'apport de ce rapport ? Plus largement, comment les sciences économiques peuvent-elles contribuer à l'évaluation du coût environnemental du réchauffement climatique ?

Document proposé par SES-Grenoble (Académie de Grenoble) :

Le rapport Stern peut être consulté librement à l’adresse suivante : www.hm-treasury.gov.uk/media/A81/1A/stern_shortsummary_french.pdf
ou a l’aide d'un moteur de recherche, en utilisant les mots clés suivants : "Stern Review"

Des réactions d’experts

 
  •  Jean Gadrey (Cahier français N°337, mars-avril 2007) page 59 : « Ce remarquable rapport »
  • Sylvie Faucheux et  Isabelle Nicolaî, centre d’économie et d’éthique pour l’environnement et le développement. (Cahier français N°337, mars-avril 2007) :

« Même s’il présente - comme toute tentative de modélisation économique des risques environnementaux - des faiblesses quant à la robustesse de l’estimation chiffrée globale, le rapport Stern doit être retenu comme élément central du débat sur les liens entre risque environnemental et croissance économique. »

  • "Cela fait longtemps que nous expliquons que les conséquences du réchauffement peuvent concerner tous les secteurs, y compris l'économie", commente Edouard Toulouse, chargé du changement climatique au WWF France.
  • Il est intéressant qu'un économiste tire aujourd'hui la sonnette d'alarme." In Le Monde 03/11/2006
  • Stéphane Hallegatte (ingénieur Météo-France, économiste au CIRED) et Renaud Crassous (ingénieur du Génie Rural des Eaux-et-Forêts, économiste au CIRED), Mis en ligne par Stéphane Hallegatte, 20/11//06

L’évaluation globale des coûts reste très fragile, mais l’ampleur des risques justifie une action précoce face au changement climatique.

La publication du rapport de Sir Nick Stern sur « l’économie du changement climatique » lundi 30 octobre 2006 a provoqué sur la scène médiatique et politique mondiale une cascade de commentaires impressionnante.[…]

On ne peut que se réjouir d’un renforcement de la présence du dossier climatique sur la scène médiatique et politique et de l’effet d’entraînement que peut avoir un tel rapport dans les débats, négociations et décisions à venir. Néanmoins, dans l’imbroglio des réactions à chaud, quelques mises en garde s’imposent, à la fois sur le statut de ce rapport et sur la pertinence de certains éléments de contenu largement repris par nos médias, en particulier les estimations chiffrées des dommages.

QUAND EXPERTISE ET POLITIQUE S’ENTREMELENT

Tout d’abord, il est crucial de bien comprendre le statut hybride du document, qui mêle étroitement les registres de l’expertise scientifique et de l’argumentaire politique. Côté expertise, la légitimité du rapport vient de l’importante revue de la littérature scientifique qu’il contient. Côté politique, personne ne saurait contester le caractère stratégique des conclusions et recommandations de Nick Stern, que ce soit sur la scène britannique, européenne, transatlantique ou mondiale. En fait, il serait illusoire de vouloir délimiter précisément les domaines de l’expertise économique et de l’orientation politique. Mais le rapport Stern innove avec un mélange des genres difficile à démêler. C’est pour cette raison en particulier qu’il ne faut pas mettre sur le même plan le rapport Stern et les rapports d’évaluation du GIEC , et notamment le 4ème du genre qui devrait être rendu public courant 2007. En comparaison, ces derniers ont une toute autre légitimité scientifique, grâce à un processus complexe de revue, ouverte à tous les scientifiques et à tous les gouvernements de la planète. Ils ont à être approuvés - ligne à ligne pour les résumés ! - par tous les gouvernements avant d’être publiés, ce qui les contraint à une synthèse rigoureuse de la littérature scientifique.[ …]

  • Le centre d’études stratégiques de Chatham House, à Londres, considère que ce plan « place la responsabilité de l’action entre les mains de ceux qui gèrent l’économie et la politique étrangère » et non plus des scientifiques et des écologistes. L’entreprise a aussi été saluée par Pierre Perbos, administrateur du Réseau action-climat France : « Il n’y a pas beaucoup d’analyses sérieuses pour quantifier le changement climatique, a-t-il expliqué hier. C’est un des rares efforts pour mettre de la rationalité dans ce débat sans fin. » De son côté, l’ONG environnementale WWF a qualifié le rapport Stern d’ « appel au réveil ». in http://www.liberation.fr/ © Libération

  

Des réactions , institutionnels, politiques

 

In Le Monde, 03/11/2006 - Le Secrétaire général de l'OCDE, M. Angel Gurría, a salué la publication, cette semaine, du rapport Stern présenté au gouvernement britannique sur les conséquences économiques du changement climatique. Ce rapport a été établi par Sir Nicholas Stern, ancien économiste en chef de la Banque mondiale.

 

"Ce rapport nous rappelle utilement qu'il est désormais impératif d'agir pour faire face aux nombreux problèmes qu'entraînera le changement climatique. J'approuve pleinement l'orientation principale de ce rapport selon lequel les bénéfices d'une action immédiate dépassent considérablement les coûts", a déclaré M. Gurria qui a félicité le Premier ministre britannique M. Tony Blair et le Chancelier de l'Échiquier, M. Gordon Brown, à qui l'on doit la préparation de ce rapport et sa diffusion au monde.

 

"Bon nombre de recommandations proposées par Sir Nicholas Stern rejoignent les propositions présentées depuis plusieurs années par l'OCDE aux gouvernements de ses pays Membres, en particulier, en ce qui concerne l'adoption de solutions davantage axées sur le marché pour réduire les émissions de carbone", a-t-il ajouté.

 

In Le Monde, 03/11/2006 : Les Etats-Unis, premier pays émetteur de gaz à effet de serre (GES) au monde, se bornent à constater que "le gouvernement américain a produit une foule d'analyses économiques sur la question des changements climatiques. Le rapport Stern contribue à son tour à cet effort".

Jim Connaughton, responsable du dossier à la Maison-Blanche, est récemment revenu sur la doctrine du gouvernement américain en matière de réduction des émissions. "Le protocole de Kyoto aurait créé un énorme problème économique pour les Etats-Unis car les objectifs de réduction de ces gaz (...) auraient fortement augmenté les coûts énergétiques, entraînant la délocalisation potentielle de millions d'emplois américains vers des pays non tenus par les obligations de Kyoto", a-t-il expliqué.

 

In Le Monde, 03/11/2006 : En France, le ministre de l'économie, Thierry Breton, a délivré un satisfecit à la politique nationale. Il affirme que les enseignements du rapport Stern "ne sont pas pour surprendre le gouvernement français", tandis que la ministre de l'écologie, Nelly Olin, se déclare "en plein accord avec ses conclusions". "La France a dit très clairement qu'elle respecterait les engagements qui ont été pris dans le cadre du protocole de Kyoto", ajoute M. Breton, qui a rappelé que la production de CO2 par habitant est "inférieure de 40 %" aux émissions moyennes des autres pays.

La France est, il est vrai, relativement bien placée (6,2 tonnes de CO2 émises par habitant) grâce à son parc nucléaire qui assure la majeure partie de ses besoins en électricité .

 

L'OPEP, l'organisation des pays exportateurs de pétrole, a dénoncé le rapport Stern comme étant "erroné". Selon le secrétaire général de l'OPEP, Mohammed Barkindo, "l'atténuation du réchauffement climatique et l'adaptation à ce phénomène ne peuvent se faire que sur les principes de responsabilité commune et de capacités respectées, et non par des scénarios qui ne reposent sur aucun fait scientifique ou économique avéré, comme c'est le cas dans l'étude publiée hier à Londres."

  

Qu’est- ce que le rapport Stern ?

Les textes ci-dessous ont été élaborés à partir des sources suivantes : Cahier français n°337 mars avril 2007 et Alternatives économiques 2006

1-      La valorisation monétaire des risques environnementaux au travers du rapport Stern

Le passage le plus cité de cette étude réalisée par Sir Stern, ancien économiste en chef à la Banque Mondiale, pour le compte du gouvernement britannique, est l’estimation du coût économique du réchauffement climatique. Sans action publique résolue et rapide, les coûts du changement climatique devraient équivaloir à une perte annuelle de PIB mondial comprise entre 5 % et 20 % de ce dernier […]. En revanche, les coûts annuels d’une politique de forte réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) ne seraient pas supérieurs à 1 % du PIB mondial moyen par an.

Pour produire ces résultats, le rapport Stern repose sur une modélisation sophistiquée, qui différencie l’impact de l’élévation de la température moyenne selon les régions du monde. Pour établir une valorisation monétaire de ces coûts par région, une démarche rigoureuse a été nécessaire. Le schéma suivant tente de la résumer.

Mise en évidence  des aspects physiques du changement climatique                              -->

Mise en évidence de l’impact humain de ces changements physiques                             -->

Modélisation économique pour évaluer les coûts à long terme de ces effets       

 

 

 

Quel est l’impact de l’élévation des températures :

 

  • sur le niveau des mers ?
  • sur la pluviométrie ?
  • sur les glaces et les glaciers ?
  • (…)

 

 

 

 

Quelles sont les conséquences économiques et sociales de ces changements physiques ?

 

  • manque d’eau et sécheresse -> rendements agricoles
  • réduction des terres cultivables -> production agricole
  • destruction d’écosystème
  • hausse de la prévalence de certaines maladies -> baisse de la productivité du travail
  • déplacement de population

 

 

 

Chiffrages des conséquences attendues du réchauffement climatique.

 

Ce chiffrage comporte des incertitudes (cf marge d’incertitude présentée dans le rapport), en particulier en ce qui concerne le « taux d’actualisation », c’est-à-dire le poids attribué aux dégradations futures de l’environnement pour évaluer l’impact en termes de richesses produites.

 

2-      Les limites du rapport Stern

On peut émettre des critiques internes et externes vis-à-vis du rapport Stern. Il y a en effet plusieurs niveaux de critiques :

Méthodologique, Technique

 

  • Comment chiffrer l’évolution du paysage ?
  • Comment estimer les besoins de générations futures ?

 

Ethique ou philosophique

 

  • Comment évaluer les souhaits des générations futures ?
  • Comment attribuer un prix au vie humaine, prix qui varie selon la propension à payer pour sauvegarder des vies …

 

Le chiffrage des coûts environnementaux pose ainsi des problèmes techniques (incertitude technologique, actualisation …) mais aussi éthique (prise en compte des souhaits des génération futures, évaluation monétaire du vivant, de l’homme.) 
D’autres critiques peuvent être apportées, concernant le choix du niveau de stabilisation choisi pour la concentration en GES. Un certain nombre d’experts prône en effet un seuil de 450 ppm, ce qui implique que d’ici dix ans, les émissions commencent de diminuer de 5 % par an. Le rapport Stern fait un autre choix, en retenant un seuil de stabilisation plus élevé, à 550 ppm, qui a l’avantage d’être moins coûteux, puisqu’il repousse le moment de la réduction des GES et leur intensité. Dans ce cas la hausse des températures moyennes, selon les experts pourraient aller jusqu’à 4,6 °C, contre 3,8°C avec l’hypothèse précédente.