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Interview de Catherine Bruguière

Questions relatives à la formation « scientifique » des Professeurs des Ecoles à Catherine Bruguière, professeure de SVT, Formatrice en science, IUFM de Lyon, Université Claude Bernard Lyon-1

La science dans la formation initiale des professeurs des écoles


Quelles sont les cibles de cette formation scientifique initiale ?


Les PE1 (professeurs des écoles première année) sont ceux qui ont satisfait au Test d’admission à l’IUFM.
Ceux qui ont douze de moyenne envoient un dossier à l’IUFM et font valoir leur licence en juin, ainsi que leurs expériences d’encadrement et éventuellement l’attestation de module préprofessionnel facultatif organisé dans le cadre de la licence par l’université (mais l’expérience montre une très forte corrélation entre la réussite, et le suivi de ce(s) module(s)).

Madame Bruguière intervient dans ce module d’initiation à la formation professionnelle pour partie de son service. Le contenu du module dépend des universités. L’université Lyon 2 propose aussi un module de pré-professionnalisation. Il faut en théorie 50h étudiant pour que l’ensemble du module puisse être validé.
Ce module propose une formation à différents types de compétences : analyse de documents, sujet de synthèse, réflexion sur un sujet , mise en forme...

La partie « Qu’est ce qu’enseigner la biologie » dure 1h30. La formation s’appuie notamment sur des manuels scolaires qui existent pour les sciences au premier degré, où depuis 2002 (Magnard, Hachette) la mise en œuvre de la démarche d’investigation est systématiquement mise en avant. La majorité des messages délivrés dans cette formation consiste en « osez faire des sciences ! »
Le plan de formation de l’IUFM de Lyon pour 2007-2010 prévoit en théorie 12 h de mise à niveau en sciences et technologies, sous forme de TP, dans cette initiation à la vie professionnelle.

 

L’origine des étudiants qui arrivent en PE1 est répartie à peu près en 3 tiers: 1/3 proviennent d’une licence en lettres -sciences humaines , 1/3 viennent d’une licence de sciences, et 1/3 de STAPS ou psychologie ou science de l’éducation ou langues. Enfin quelques autres viennent d’une reconversion.

Pendant l’année de PE1 , qui est l’année de préparation au concours de professeur des écoles, ils ont des stages d’observation et un stage de pratique accompagnée. Ils passent le concours de professeur des écoles en fin d’année de PE1.

 

Comment le concours de Professeur des écoles est-il organisé ?

Il se fait en 2 temps:

  1. L’écrit, qui permet une fois obtenu , de passer l’oral, comporte une épreuve de français, une épreuve de maths et une épreuve de sciences expérimentales et technologie couplée à l’Histoire-Géographie (principe des majeure / mineure). Chaque épreuve dure 3heures. Entre sciences et technologie et Histoire-Géographie , la pondération diffère selon le choix du PE1.
  2. Ensuite le PE1 passe l’oral. Il s’agit d’une part, d’un entretien professionnel et d’autre part d’autres épreuves qui ont toutes une volet pédagogique. L’évaluation en didactique et pédagogie pour les sciences porte sur la discipline majeure choisie à l’écrit par le candidat.

 

En quoi consiste la formation scientifique des PE1 durant l’année de préparation au concours ? 

Le plan de formation 2007-2010 de l’IUFM prévoit pour la préparation au concours du premier degré, 4 volets de formation :

-         une préparation à l’épreuve d’admissibilité dans laquelle on trouve la formation en sciences et technologie : 90 heures (12h de cours magistraux et 78h de TD) si c’est la composante majeure par rapport à l’Histoire-Géographie, et 42 heures (6 de cours magistraux et 36 de TD) si c’est la composante mineure

-         une préparation à l’épreuve orale d’entretien

-         une formation commune transversale

-         un stage en école

Durant cette année de préparation au concours la proportion des 3 matières : SVT, technologie et PC qui est apporté dans la formation scientifique est indiquée dans le BO mais sur le terrain, elle dépend des IUFM. La technologie et la physique (beaucoup d’astronomie) sont ensemble a peu près équilibrées avec les SVT.

Le programme du concours de PE est précisé dans le BO N°29 du 26 mai 2005, il est en relation avec le programme des sciences au primaire.

Lorsqu’il s’agit de la composante mineure, le PE1 n’a, au concours que des questions de connaissances pures. Lorsqu’il s’agit de sa composante majeure, on lui demande d’analyser et de traiter des documents scientifiques (issus d’un manuel du premier degré ou de vulgarisation) et il doit proposer les éléments d’une démarche d’investigation (en général pour des élèves du cycle 3 c’est à dire CE2, CM1 et CM2), par exemple : formulez la notion construite, quelle expérience feriez-vous en classe….

Les redoublants PE1 ont moins de formation au cours de l’année de redoublement , mais le plus dur pour le concours reste l’entretien professionnel.

 

En quoi consiste la formation scientifique des PE2 durant l’année de formation professionnelle ?


Les PE2 (qui ont réussi le concours) reçoivent durant l’année de formation professionnelle une assez maigre formation scientifique, elle est plutôt d’ordre pédagogique.

Depuis 2007, ils travaillent un jour par semaine dans une classe, c’est le « stage filé » (où ils prennent les classes des directeurs d’école), le reste du temps ils sont dans les locaux de l’IUFM (ils sont alors re-répartis entre les différents sites de l’IUFM de leur académie).
Certains arrivent directement en PE2 ; en effet 50% des PE2 ont réussi le concours en candidat libre, en venant d’autres IUFM ou formés par des organismes privées.
Auparavant chaque académie organisait sont propre concours sous l’égide du rectorat. Maintenant, au niveau national ces diverses sessions sont regroupés en seulement 6 sessions mais à cause des chevauchements de date un étudiant ne peut en passer que 3 (il multiplie néanmoins ses chances de l’avoir par 3). Les corrections sont faites par des enseignants du premier ou second degré, avec une commission d’harmonisation : les jurys sont indépendants de l’IUFM, quasiment aucun formateur n&rsrsquo;en faisant partie.

Les PE2 bénéficient globalement de 27 heures de formation scientifique mais chaque IUFM choisit sa propre répartition au sein de plusieurs centaines d’heures de dotation générale.
A l’IUFM de Lyon cela représente 9h pour chaque matière (SVT, PC et technologie), qui sont mises en œuvre dans la classe d’activité avec des élèves de cycle 1 , 2 ou 3, c’est à dire une séance de 3 h par matière et par niveau. 

Devenu jeune professeur, même si la notion de T1 et T2 (néotitulaire 1ère et 2ème année) et la nécessité d’une formation spécifique comme dans le secondaire est juste ébauchée actuellement, l’enseignant du premier degré dispose de beaucoup de sources d’information scientifiques : l’IUFM, qui reste un lieu de ressources permanent (le matériel utilisé pour les formations PE1 peut être prêté aux PE2 en classe), le maître-formateur (au niveau de la circonscription), le maîtres-ressources (au niveau départemental) et LAMAP …

 

La relation entre le professeur des écoles et la science

Pour un professeur des écoles, l’impact le plus important de sa formation correspond aux travaux qu’il réalise dans son mémoire préprofessionel  s’il a choisi une thématique de sciences expérimentales. Il acquiert alors de fortes compétences dans ce domaine car il bénéficie d’un encadrement spécifique : c’est à dire de 30h de séminaire et un accompagnement individualisé, en effet il travaille en binôme avec un tuteur par binôme. Par ailleurs, il y a correspondance entre les compétences du formateur et le sujet choisi, et la demande vient du professeur des écoles lui-même. Le sujet est bâti après repérage d’un problème professionnel dans l’enseignement des sciences ; il s’agit toujours d’un thème original , avec une part importante de pédagogie.

La vraie formation à la science se fait à ce moment là et c’est également là que les liens entre maître et stagiaire se tissent.
Les stagiaires qui ont fait ce type de mémoire deviennent des référents dans leur école. Ils peuvent organiser des regroupements de plusieurs classes avec d’autres enseignants, afin que celui qui possède des compétences en science puisse animer, par exemple dans tous les CM2 , une séance sur la circulation sanguine.

Malgré les « réorientations » de l’enseignement primaire vers les fondamentaux il ne faut pas oublier que les sciences sont le support de développement de fonctions langagières et de compétences en TICE et en mathématiques….

 

L’enseignant et la science en marche

Quels représentations les stagiaires PE ont-il de la science ?

 

Souvent les professeurs des écoles ont peur de « se lancer à faire des sciences » par manque de connaissances, pour eux la science est quelque chose « d’encyclopédique » et il faut toujours énoncer des vérités, ce qui est formulé doit être d’emblée juste !

Ces enseignants ont parfois peur de se faire tester par leurs élèves, craignant que ceux-ci n’en sachent plus qu’eux et les déstabilisent .

Il ne savent pas forcément comment gérer des séquences expérimentales dans lesquelles ils obtiennent des résultats négatifs ou inattendus…. Dans la formation qu’elle dispense, Catherine Bruguière essaie aussi de faire tenir compte des expériences qui invalident une hypothèse.

En plus des 27 h de formation en science des PE2, il existe des projets sciences.
Les 500 étudiants des trois centres IUFM de Lyon, Saint-Etienne et Bourg, sont répartis en 7 UFP à Lyon (Unités de formation professionnelle) dont 5 sections de PE2, parmi lesquelles deux feront un projet « sciences » obligatoirement, d’autres feront un projet « littérature de jeunesse » et d’autres « histoire-géographie ». Cette pratique vise à compenser le peu d’heures de formation.

Dans chacun des ces projet, un choix précis de sujet est fait , il peut s’agir par exemple de l’« expérimentaion » et la durée du projet permet de travailler une progression.