Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Plateforme - ACCES
Navigation

Enseigner les Sciences de la nature

logo ensl   Logo du ministère de l'éducation
logo CIRI logo Immuniser Lyon
logo LBMC logo Musée Mérieux
Logo Inserm igfl igfl logo CREATIS
Logo du Museum national des histoires naturelles
Logo du musée de Confluences
logo geo 3d
Logo de Lyon 1 logo lgltpe 
Logo du Museum national des histoires naturelles
Logo du musée de Confluences
logo LBMC
logo LBMC
logos composé logo COP In My City logo Investissement d'avenirLogo du musée de Confluences
logo Météo France Logo du musée de Confluences
logo EVSlogo Grand Lyon
logo UDL
Logo Auvergne-Rhone-Alpes
logo UNISCIEL

Origine des Homo sapiens

Par salame, publié le 29/03/2013, mise à jour le 18/02/2019

Jean-Claude Hervé

B - Origine des Homo sapiens

L’étude de la phylogénie du genre Homo envisagée jusqu’ici montre bien que l’évolution du genre Homo est loin d’être linéaire, que plusieurs taxons d’Homo ont coexisté durant l’histoire évolutive du groupe même si actuellement il n’existe plus qu’une seule espèce, Homo sapiens. Elle reste toutefois un peu académique. Le programme parle de controverse sur le détail précis de l’arbre. En réalité, la principale controverse, qui a donné lieu à des affrontements parfois violents entre spécialistes, porte sur l’origine de l’homo sapiens et il ne s’agit pas d’un détail. C’est cette question qui donne du sens à l’étude de la phylogénie. Pour l’aborder, il est bon de situer dans l’espace les divers taxons de l’arbre phylogénétique

1. Deux modèles pour l'origine des sapiens

1.1 Out of Africa

L’arbre phylogénétique construit avec Phylogène montre que les néandertaliens sont les plus étroitement apparentés aux sapiens. En se référant à la matrice des caractères, on peut repérer les états dérivés des représentants des deux taxons. Cela conduit à l’idée d’une origine unique des sapiens. Avec les données fossiles qui indiquent que les premiers représentants d’Homo sapiens sont africains et datés à près de 200000 ans, on peut introduire la théorie de l’origine africaine récente de tous les sapiens (encore désignée par le modèle Out of Africa).

 herto.jpg

Crâne Herto d'Ethiopie, daté de 160000 ans, qui présente des caractéristiques d'Homo sapiens. Source Hominidés.

Suivant ce modèle, des populations d’Homo sapiens africains auraient migré hors d’Afrique il y a 60000 ans environ pour coloniser les différentes régions du monde, remplaçant en Eurasie les populations d’autres Homo déjà présentes tout en coexistant avec elles pendant un certain temps.

1.2 Modèle multirégional

Le document ci-dessous suggère une phylogénie en accord avec un autre modèle de l’origine de l’homo sapiens dit modèle multirégional.

 

Modèle multirégional.jpg

Source Hominid Journey. Vue d'ensemble de la lignée humaine. Sur fond vert le modèle multirégional de l'origine des sapiens.

Ce document illustre bien l’idée essentielle de ce modèle à savoir que les populations ancestrales d’Homo erectus qui se sont répandues dans diverses régions du monde ont évolué pour finalement donner les Homos sapiens modernes. L’apparition des hommes modernes se serait ainsi réalisée en de multiples endroits de la planète.

Les données sur l’ADN mitochondrial des Hommes modernes permettent de tester ces deux modèles ; leur exploitation conduit à réfuter le modèle multirégional et à corroborer le modèle de l’origine africaine récente des sapiens. (Voir l’article sur l’ADN mitochondrial et celui sur l’apport de la génétique moléculaire à l’étude de l’évolution humaine – plus précisément la partie sur « L’ADN mitochondrial des Hommes modernes et leur origine. »). 

2. Complication du modèle Out of Africa

L'exploitation des séquence de l'ADN mitochondrial des néandertaliens conforte le modèle Out of Africa dans la mesure où elle semble indiquer l'absence de métissage entre néandertaliens et sapiens sortis d'Afrique (Voir l’ADN mitochondrial). Mais la comparaison de l'ADN nucléaire de divers sapiens avec celui de néandertaliens conduit à amender cette théorie (cf Technique utilisée), les sapiens non africains possédant dans leur génome environ 2% d'ADN d'origine néandertalienne. Une autre complication résulte de la découverte d'un autre groupe Homo, les denisoviens, à partir de l'ADN mitochondrial extrait d'une phalange trouvée dans la grotte de Denisova au sud de la Sibérie. La comparaison de l'ADN nucléaire de ce denisovien avec celui des sapiens a révélé que 5 à 6% de l'ADN des sapiens mélanésiens actuels étaient d'origine denisovienne, et qu'on trouve également chez certains asiatiques, les Tibétains, un faible pourcentage d'ADN de denisoviens. Cela traduit un métissage entre denisoviens et ancêtres de certains sapiens actuels.

Il n’est pas possible avec Anagène ou Phylogène de mettre en évidence l’existence de ce métissage. En revanche, on peut construire avec les élèves une représentation de l’histoire des sapiens et des néandertaliens comme sur les deux figures suivantes :

denisovans2.jpg

Source

Autre schématisation :

Histoire récente du genre homo.jpg

 


3. Histoire du genre Homo et notion d'espèce

La notion d’espèce est au programme. L’exemple de l’évolution du genre Homo montre bien la difficulté de la définir sans ambiguïté. Les différences morphologiques et anatomiques entre néandertaliens et hommes modernes sont nettes, de sorte qu’on peut ranger sans grande difficulté un crâne dans l’un ou l’autre taxon. Cela plaide pour la reconnaissance de deux espèces. Mais le métissage, à partir du critère d’interfécondité, tend à les considérer comme deux sous espèces. A vrai dire le métissage a été assez limité et on se trouve dans la situation d’une spéciation non encore pleinement réalisée. Et en définitive, tout est affaire de choix. Beaucoup de paléoanthropologues préfèrent considérer qu’il s’agit de deux espèces différentes tout en admettant la réalité du métissage entre des ancêtres des sapiens actuels et des néandertaliens.

4. De la phylogénie à la généalogie du genre Homo

Le programme insiste bien sur le fait qu’une espèce fossile ne peut être considérée comme l’ancêtre de deux taxons actuels (« Aucun fossile ne peut être à coup sûr considéré comme un ancêtre de l’homme ou du chimpanzé. »). Mais les paléoanthropologues ont l’habitude de considérer leurs arbres évolutifs comme des arbres généalogiques, du moins pour les périodes les plus récentes. La figure ci-dessous réalisée par l’un des plus réputés spécialistes, Chris Stringer, du « Natural history museum of London » illustre ce type de représentation. On y voit que les premiers Homo erectus sont considérés comme les ancêtres des divers Homo des deux derniers millions d’années ; que Homo heidelbergensis est l’ancêtre des néandertaliens et des sapiens. La figure traduit aussi les métissages révélés par les données génétiques les plus récentes. Et finalement, même si on doit souligner le caractère hypothétique d’une telle représentation, elle présente l’avantage de donner une vue cohérente de l’histoire évolutive du genre Homo.

Schéma-Stringer.jpg

Source : Chris Stringer's book The Origin of Our Species, published June 2011.