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69 Amphithéâtre de Fourvière

Par dmorel — Dernière modification 04/02/2016 16:46
Amphithéâtre romain datant de 15 av. JC, bâti à l'aide de pierres de construction de natures très différentes selon leurs propriétés, entre roches métamorphiques et magmatiques, calcaires, marbres véritables, porphyres et cipolin, une grande diversité de matériaux sont ici observables.

     Catégorie

Amphithéâtre romain sur la colline de Fourvière, centre ville de Lyon.

     Localisation

Coordonnées GPS : Long. 4° 49' 15.93" E - Lat. 45° 45' 32.19" N
Commune : Lyon
Lieu-dit : Fourvière/Minimes
Carte IGN Top 25 (1/25.000) : Lyon/Villeurbanne/Mont d'Or (3031 OT)
Carte(s) géologique(s) : Lyon (1/250.000), Lyon (1/50.000)

 

     Descriptif du site

 

Inauguré en 15 av. JC (contemporain d’Auguste), pouvant accueillir 5000 personnes avant d’être agrandi à une capacité de 10000 au début du IIème siècle, l’amphithéâtre de Lugdunum est le plus ancien grand théâtre gallo-romain conservé. Il s’y est ajouté l’odéon à la fin du 1er siècle. Les théâtres romains sont abandonnés au cours du IIIème siècle et servent alors de carrières de pierres jusqu’à ce que la végétation les recouvre. Les fouilles qui ont permis de dégager les structures actuelles ont débuté en 1933 et ont duré 45 ans. Le musée gallo-romain de Fourvière est construit en partie dans le remblai de ces fouilles.

      Les pierres de construction utilisées

- pierres de SUBSTRUCTION (parties invisibles ou peu visibles du théâtre : soubassements, voûtes et gradins, murs des égouts...) : actuellement les plus abondantes. Non taillées, très frustres, ce sont des gneiss noirs très micacés et à feuillets très minces, du granite à feldspath rose ou blanc, du granite gneissique et roches voisines ou intermédiaires.
Ces roches proviennent de gisements naturels très proches, du plateau lyonnais ou de ses dépendances géologiques (rebord de la colline de Fourvière qui tombe à pic sur la Saône, éventuellement flancs de la Croix Rousse, Ile Barbe, etc). Ces pierres sont donc extraites à proximité, elles sont d'extraction bien plus difficile que les abondants galets glaciaires mais leur angulosité et leur rugosité assure une adhérence parfaite au mortier.


Briques assurant le drainage de l'eau s'infiltrant dans les murs : argiles et marnes des Monts d’Or et du Beaujolais (briques en couches légèrement inclinées dans la structure des murs)


- Pierres de REVETEMENT : utilisées en superstructure, elles recouvraient en principe les précédentes (gradins des assises, portique, dalles d'égout, apparentes dans l'ensemble). La plupart de couleur claire, agréables à l'oeil, moins dures que les granites et les gneiss, elles étaient utilisées comme pierres de taille et pouvaient même être plus ou moins sculptées.Ce sont essentiellement des calcaires plus ou moins durs, des grès tendres (mollasses sableuses), quelques très rares schistes.

Le calcaire le plus abondant est dur, blanc, taillé en gros parallélépipèdes droits, il formait le revêtement des gradins. Lors de la démolition du théâtre, au cours des siècles, il a été particulièrement réutilisé (se retrouve dans les murs du Vieux Lyon). Il s'agit du Choin du Bugey, du Crétacé (Valanginien). Granuleux fin, de type pélagique, légèrement dolomitisé, il présente peu de stylolithes.

Le Choin de Villebois, du Bathonien, est également présent en placage sur les marches. Caractérisé par la présence de Nerinea (gastéropode caractéristique des récifs coralliens), il présente des joints stylolithiques très marqués en coupe ainsi que des traces fossiles (Thalassinoïdes) laissées par une colonisation des sédiments par des Calianacidés (Crustacés) vivant en colonie de 10 à 20 individus. Leurs terriers sont remplis de matériel argileux ce qui entraîne une érosion différentielle visible sur les blocs à l’air libre (piliers Vieux Lyon).
Ce calcaire est une roche de plateforme carbonatée, formée par dépôt d’une boue carbonatée en environnement calme (jusqu’à 100 m de profondeur).

La mollasse calcaire appelée Pierre du Midi, provenant de St Paul-Trois-Chateaux ou des environs de Tarascon, est plus rare. Calcaire tendre du Burdigalien caractérisé par la présence de Pecten proescabriusculus, de Bryozoaires et de quelques plages de Lithothamnium.


Les pierres de revêtement contrairement à celles de substruction, ont été extraites parfois à plus de 200km de distance, privilégiant leurs caractéristiques à la difficulté de les transporter.
    

     Précisions

La Pierre du Midi est encore largement exploitée aujourd'hui, mais les bancs ne sont pas tout à fait les mêmes. La pierre du Midi utilisée pour la construction de la basilique de Fourvière ne provient pas des mêmes bancs et est bien plus friable (voir fiche descriptive de la basilique)

D'autres pierres de revêtement potentiellement mais très rarement observables : la pierre de Tournus (calcaire bathonien oolithique), la mollasse sableuse (grès tendre vindobonien à tendance verte due à la glauconie), un calcaire du Crétacé inférieur jurassien à Bryozoaires et Foraminifères avec piquants d'oursins, quelques tufs calcaires quaternaires du plateau de Crémieu ou du Bugey, et des schistes micacés noirs probablement du Massif Central.



- Pierres d'ORNEMENT : ces "pierres de luxe" ont été retrouvées en innombrables débris lors des fouilles, surtout au voisinage de l'orchestre.
        - pierre d'ornement du Mâconnais : l'unique pierre d'ornement d'origine régionale est le calcaire rouge granité de Flacé (près Mâcon) en rarissimes plaques polies sur une face.
        - pierres d'ornement d'Italie : très abondantes. Le marbre blanc de Carrare et de Seravezzal formaient la décoration de la scène, le marbre rosé et le marbre rouge de Carrare ont spécialement été utilisés pour des moulures. Plusieurs brèches constituent des colonnes (brèche violette de Pietra Santa à l'entrée sud, brèche Paonazzo et brèche Médicis de Seravezza). La brèche Stazzema rosée tient une place importante dans le pavement polychrome de l'orchestre.

       - pierres d'ornement de Grèce : marbre blanc de Paros (faible rôle), Cipolin grec (pavement et gros tronçons de colonnes sur la scène, ainsi que la balustrade entourant l'orchestre) et Porphyre vert antique grec (plaquettes ultra minces de 3mm d'épaisseur parfois utilisées pour le parement du pulpitum = mur qui se trouvait devant la scène).

       - pierres d'ornement d'Egypte : nombreux débris d'un porphyre unique et très beau, le Porphyre rouge antique du Djebel Dokhan (parement du pulpitum, en plaquettes et colonnettes).


Les mosaïques formant le pavement polychrome de l'Odéon comportent ces porphyres, ainsi que des rhyolites et ophiolites des Alpes, d'Italie, de Turquie, et d'Egypte, …

     Précisions

Le marbre bleu de Seravezza, le marbre bleu turquin de la Capella, le marbre fleur de pêcher, sont présents également. Divers marbres de Sienne, tels le jaune de Sienne, la brocatelle de Sienne et le jaune de Vérone, formaient des parements ou moulures.
Le granite de Baveno, blanc à grains fins, participe au pavement polychrome, et le granite de Bavéno gris à gros grains a fourni de grosses colonnes de la scène.

Le cipolin grec est une roche métamorphique, marbre saccharoïde avec des stries colorées par l'épidote et la chlorite, traversé par d'épaisses couches de mica. Le porphyre vert antique de Grèce est une andésite à faciès paléovolcanique à pâte vert foncé, phénocristaux de labradorite pseudomorphosés (par épidote verte).

Le porphyre rouge antique est également une andésite à faciès paléovolcanique, colorée elle par de l'épidote rose.

 

     La structure

Murs très épais, enrobés de calcaire en plaques plus ou moins épaisses en fonction de l’emplacement du mur et donc des chocs qu’il pouvait potentiellement subir. Structure interne des murs : roches métamorphiques et magmatiques des Monts du Lyonnais grossièrement cassées dans mortier de même composition, le tout très épais avec 3 strates de briques intercalées, légèrement en pente vers l’extérieur du mur (drainage, trous présents en partie extérieure). Extérieur du mur : chaux et mortier en mélange, ce qui permet de « coller » à chaud les plaques de calcaire. En partie haute des murs, hors d’atteinte du public, des fresques sont encore visibles parfois. L’épaisseur des plaques de Choin le long des murs dépend de l’emplacement (placage très épais encore visible à une entrée de l’amphithéâtre, certainement en prévision des cohues).
Dans l’Odéon, en placage le long des murs, du marbre véritable. Il absorbe moins les sons que le choin, et confère une meilleure acoustique à l'Odéon. Au sol, des mosaïques ont été reconstituées, pierres d'ornement provenant parfois de très loin. L’empire romain à cette époque possédait des voies de communication sûres, ce qui a permis de faire venir Ophiolites, Rhyolites et divers « marbres » d’au-delà des Alpes. Dans l’Odéon comme dans les escaliers qui mènent à l’amphithéâtre, toutes les marches étaient recouvertes en placage par du Choin (les éléments restants sont du Choin du Bugey).
Le reste de l’amphithéâtre est constitué de ruelles, échoppes et boutiques diverses, des bains en arrière de l’odéon…restes de pilae au niveau des thermes (chauffage par hypocauste)

Musée gallo-romain présent sur le site, sa visite peut compléter celle de l'amphithéâtre.
 

 


Afficher 69 Amphitheatre Fourvière sur une carte plus grande

 

 

 


     Lien vers le fichier Google Earth kmz

 

     Dossier photo téléchargeable

  

     Précautions, sécurité


Site grand public, très sécurisé.
 

     Comment s'y rendre?

 L’amphithéâtre est en accès libre
Métro Vieux Lyon (funiculaire, arrêt Minimes), l’entrée de l’amphithéâtre est quasiment en face de la sortie du funiculaire.