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Cancer du sein en Europe et dans le monde

Par jauzein — Dernière modification 19/09/2017 09:53

Epidémiologie du cancer du sein

Situation de la France par rapport à l'Europe et au monde

Ecrit par Françoise Jauzein, INRP, mai 2005

 

Documents sources :

  • http://www.arcs.asso.fr/content/SEINEPIDEMIO.htm
  • "EUROCARE-3 summary: cancer survival in Europe at the end of the 20th century", M.P. Coleman, G. Gatta, A. Verdecchia, J. Estève, M. Sant, H. Storm, C. Allemani, L. Ciccolallo, M. Santaquilani, F. Berrino and the EUROCARE Working Group, in Annals of Oncology 14 (Supplement 5):v128-v149, 2003 ou http://www.eurocare.it

 

INCIDENCE et MORTALITE

En France, en 2000, l'incidence du cancer du sein (c'est à dire le nombre de nouveaux cas par an) est de 138,5 pour 100 000 femmes, ce qui représente 41 845 nouveaux cas de cancer du sein invasifs diagnostiqués chez les femmes en France.
Par comparaison le taux d'incidence standardisé sur la population mondiale est de 88,9 pour 100 000.

Le nombre de décès par par cancer du sein en France (mortalité), la même année, est de 11 637 cas. Le taux de mortalité brut est de 38,5 pour 100 000 en France alors que le taux de mortalité standardisé sur la population mondiale est de 19,7 pour 100 000.
 

Cancer du sein en 2000
données pour 100 000 personnes

INCIDENCE
MORTALITE (taux brut)
FRANCE
138,5
38,5
MONDE
88,9
19,7

 

Les données de 1990 concernant l'incidence du cancer du sein étaient meilleures, l'incidence était alors estimée à environ 63 pour 100 000 en France, valeur comparable aux autres pays occidentaux.
Cependant la mortalité en 1990, bienque plus faible, ne diffèrait qu'assez peu de celle mesurée en 2000.
 

KSIncidMortalEU.jpg

Incidence et mortalité des cancers du sein en Europe en 1990

in "Le praticien face au cancer du sein" de J Rouesse, PM Martin et G Contesso, 1997
http://www.arcs.asso.fr/content/SEINEPIDEMIO.htm

 

La relative augmentation du taux de mortalité par cancer du sein que l'on peut observer en Europe durant les deux dernières décennies (gaphique ci-dessous), n'affecte pas les différentes classes d'âge de la même façon. La mortalité des femmes de 65 à 74 ans est celle qui a le plus augmenté, alors que la mortalité des femmes plus jeunes, âgées de 35 à 49 ans, a été infléchie durant la dernière décennie.
 

KSIncidEUAge.jpg

Evolution du taux de mortalité standard européen par cancer du sein, au cours des annnées 1971 à 1992, selon la classe d'âge des femmes
Les pourcentages inscrits au dessus des courbes indiquent les taux de variation pendant chaque décennie (1971 à 1981 et 1981 à 1992)

in "Le praticien face au cancer du sein" de J Rouesse, PM Martin et G Contesso, 1997
http://www.arcs.asso.fr/content/SEINEPIDEMIO.htm

 

Dex hypothèses peuvent être avancées

  • concernant les femmes plus agées : il y a eu une augmentation de la classe d'âge des 65-74 ans par allongement de la vie, la mortalité par cancer du sein de cette classe s'en est trouvée augmentée
  • concernant les femmes plus jeunes: on voit ici les effets d'un dépistage plus précoce et de l'évolution des thérapeutiques

 

SURVIE

Une vaste étude européenne (EUROCARE) a été lancée en 1989 pour mesurer et tenter d'expliquer les différences dans les taux de survie au cancer entre pays européens. Un premier objectif était de rendre comparables les données des divers pays, un deuxième était de comparer les pratiques diagnostiques et thérapeutiques.

Dans une première étude, les taux de survie à 5 ans après diagnostic de 27 types de cancer chez l'adulte et 8 chez l'enfant avaient été répertoriés pour plus de 800 000 patients dont le diagnostic de cancer avait été posé entre 1978 et 1985, et classés par type de cancer, âge, sexe, pays et période de diagnostic. Cela avait abouti, en 1990, à 30 registres de population dans 12 pays européens.
L'étude EUROCARE-2 avait inclus les données de 1.3 millions de patients, pour 42 types de cancers (représentant 90% de toutes les tumeurs malignes existantes) diagnostiqués durant les années 1985 à 1989, et avait abouti, en 1994, à 45 registres de cancer dans 17 pays européens. Elle avait montré que les taux de survie, pour la majorité des cancers, présentaient une amélioration en 1994, mais que ces tendances étaient moins marquées en Europe de l'Est.
L'etude EUROCARE-3 a inclus des données concernant 1.8 millions d'adultes et 24 000 enfants, dont le cancer a été diagnostiqué entre 1990 et 1994. Elle s'est terminée en 1999. Les données de survie de l'étude EUROCARE ont été incluses dans la base de données électronique EUCAN, relative au cancer de l'adulte en Europe :
http://www-dep.iarc.fr/eucan/eucan.htm

C'est de l'étude EUROCARE-3 que les éléments suivants, relatifs au seul cancer du sein, sont extraits.

 

Différences de survie au cancer du sein selon le sexe

 

Cancer du sein en Europe
FEMMES
HOMME
Nombre de patients suivis
256 464
1 809
Survie relative à 5 ans
76,1
75,5


Les taux de survie relative ont été standardisés par rapport à l'âge afin d'éliminer tout effet de différence de répartition en âge du cancer du sein dans chaque sexe.

La survie à 5 ans (après la date du diagnostic de cancer du sein) est meilleure chez la femme que chez l'homme, comme on le constate aussi pour une trentaine d'autres types de cancer. Mais cette différence n'est ici que de 0.6% (elle peut dépasser 15% pour les cancers de la cavité buccale).

Les facteurs responsables peuvent être des différences liées au sexe dans la biologie de la tumeur, dans les mécanismes de défense, dans l'attention portée aux symptômes, dans le stade de la maladie au moment du diagnostic ou dans l'accès au traitement.

 

Différences de survie au cancer du sein en Europe selon le pays

 

Survie5KStsEu.jpg
Taux de survie relative ( en %) à 5 ans, par pays, pour le cancer du sein, chez la femme.
Taux standardisés pour l'âge, et concernant des adultes de 15 à 99 ans.


La survie des femmes au cancer du sein est meilleure dans les pays nordiques et dans la majorité des pays de l'Europe du sud et du centre (environ 80% de survie à 5 ans).
Elle est basse dans les 5 pays de l'Europe de l'est (60 à 70% de survie).

La survie est inférieure à la moyenne européenne (en rouge) dans les pays comme le Danemark, l'Angleterre, l'Ecosse, et le Pays de Galles.
La survie à Malte et au Portugal est également inférieure à la moyenne européenne, mais l'intervalle de confiance étant assez large, cela est moins significatif.

La facteur explicatif essentiel pourrait être le stade plus avancé auquel le diagnostic est posé pour les pays présentant un taux de survie faible, de plus, pour les pays de l'est, des différences dans les thérapies mises en oeuvre doivent aussi jouer un rôle important.

 

Comparaison avec les autres pays du monde

 

 

SurvieKSpays.jpg

Cancer du sein chez la femme: Survie relative à 5 ans (en %) dans
- 22 pays d'Europe (cancer diagnostiqué entre 1990 et 1994),
- 9 régions des USA (cancer diagnostiqué entre 1990 et 1994, "SEER programme") et
- 5 pays en voie de développement (cancer diagnostiqué entre 1982 et 1992)

 

 

 

La gamme des valeurs de survie au cancer du sein, chez les femmes, en Europe (de 60 à 82% selon le pays) est plus large et surtout, ne dépasse pas celle des Etats-Unis d'Amérique (83,1 à 88%).

Les taux de survie au cancer du sein des 5 pays en voie de développement suivants ; Chine , Cuba, Inde, Philippines et Thailande, sont en majorité plus bas qu'en Europe, et leur gamme est également plus large qu'en Europe (45 à 72%).

Même les meilleurs taux de survie au cancer du sein en Europe ne sont pas aussi bons que les plus bas taux enregistrés dans les neuf régions couvertes par le programme SEER* aux Etats-Unis.
La majorité des pays européens fournit un accès à tous aux soins, alors que 44 millions de citoyens américains n'ont pas d'assurance sociale, 30 autres millions de moins de 65 ans sont sous-assurés et que le taux de survie au cancer varie avec le type d'assurance de santé. Même si les taux de survie des USA utilisés ici, ne sont pas standardisés pour l'âge, l'ampleur de cette différence transatlantique soulève des questions sur la comparabilité de la définition et du diagnostic de tumeur, autant que sur les différences dans le stade du diagnostic et l'accès au traitement.

En Europe l'étendue de la gamme des taux de survie pose un problème qui représente un véritable challenge de santé public.

*Programme SEER : "Surveillance, Epidemiology and End Results" du National Cancer Institute. Le site http://seer.cancer.gov/ fournit de nombreuses donnnées.

 

Tendances à la fin du vingtième siècle

 

 

SurvieKSdiagEu.jpg

Cancer du sein chez la femme: valeur du taux relatif de survie (en %), à 5 ans après diagnostic, standardisé pour l'âge, pour différents pays européens, en fontion de la période de diagnostic.
Le cancer du sein de ces patientes à été diagnostiqué entre 1983 et 1994 et elles ont été suivies jusqu'en 1999.

En abscisse: les différentes périodes de diagnostic

 

 

 

Le taux relatif de survie au cancer du sein s'améliore régulièrement dans tous les pays européens, mais à des vitesses différentes.

Les améliorations ont été plus marquées dans l'Europe de l'ouest que dans les pays nordiques, où les taux de survie étaient, par ailleurs, déjà élevés dans les années 1980. Ainsi la différence entre les taux de survie de l'Europe de l'ouest et des pays nordiques s'est progressivement réduit.

Il y a quelques signes d'une accélération de l'amélioration de la survie au Royaume Uni, avec une réduction progressive du déficit de survie par rapport aux autres pays de l'Europe de l'ouest. Ceci est indiqué par la baisse de mortalité d'environ 20% des femmes âgées de 20 à 69 ans dans les dix années qui ont précédé 1997. Il faut y voir vraisemblablement l'effet d'une double amélioration des thérapies et du dépistge échographique.

Inversement, les améliorations dans la survie à 5 ans ont été moins marquées dans les pays de l'Europe de l'est, et le fossé entre pays de l'Europe de l'est et de l'ouest s'est accru.

EN CONCLUSION

Pour les patients (le cancer du sein ne concerne pas que les femmes) diagnostiqués avec un cancer du sein au début des années 1990, cette étude permet de supposer que, pour le cancer du sein,

  • les différences de stade évolutif au moment du diagnostic constituent un élement clef de l'explication des écarts de survie entre différents pays de l'Europe de l'ouest
  • les différences dans les thérapies contribuent aux écarts observés entre pays de l'Europe de l'est et de l'Europe de l'ouest.

Ces données sont évidemment à mettre en relation avec le fait que dans l'étude EUROCARE-3, on trouve à la fois les pays les plus développés du monde et les plus pauvres.
Les proportions du PIB allouées à la santé publique sont de 6% en Pologne contre 10,6% en Allemagne, et les dépenses de santé par habitant vont (en 1995), du simple au sextuple: de 420 dollars PPA (parité de pouvoir d'achat) pour la Pologne à 2555 pour la Suisse.