Enseigner les Sciences de la nature

logo ensl   Logo du ministère de l'éducation
logo CIRI logo Immuniser Lyon
logo LBMC logo Musée Mérieux
Logo Inserm igfl igfl logo CREATIS
Logo du Museum national des histoires naturelles
Logo du musée de Confluences
logo geo 3d
Logo de Lyon 1 logo lgltpe 
Logo du Museum national des histoires naturelles
Logo du musée de Confluences
logo LBMC
logo LBMC
logos composé logo COP In My City logo Investissement d'avenirLogo du musée de Confluences
logo Météo France Logo du musée de Confluences
logo EVSlogo Grand Lyon

La glande mammaire et sa cancérisation

Informations générales à propos de la structure de la glande mammaire, de son évolution et de sa tumorisation

Le sein est une glande exocrine qui se développe au cours de la vie de la femme. La glande mammaire est constituée de 2 compartiments cellulaires : le compartiment mésenchymateux (les vaisseaux sanguins et les nerfs) et le compartiment épithélial qui s'articule autour d'un réseau de canaux galactophores et de lobules renfermant les alvéoles. Ces deux compartiments sont séparés par une membrane basale de collagène, de laminine et de glycosaminoglycanes (Rudland et al., 1995). Cette architecture se construit tout au long de la vie, du stade foetal à la ménopause, sous l'influence des hormones sexuelles (oestrogènes et progestérone) et d'un certain nombre de facteurs de croissance et une coopération permanente s'établit entre les deux compartiments cellulaires.

coupeseinadulte.gif

La glande mammaire féminine, à l'état adulte.
http://www.unilim.fr/theses/2003/sante/
2003limo0100e/these_body.html

 

mam-dev.jpg

Les quatre états de développement de la glande mammaire d'une souris : virgin : impubère ; pregnancy : pendant la grossesse ; lactation : pendant l'allaitement ; involution : après l'arrêt de l'allaitement (les flèches désignent les canaux).

Les photographies ont été faites chez la souris mais la glande mammaire humaine connaît des stades de développement équivalents, au niveau de l'aspect des canaux.

http://mammary.nih.gov/reviews/
development/Development001/index.html

evolutionglandemammaire

Evolution de la glande mammaire féminine au cours de la vie

http://www.unilim.fr/theses/2003/
sante/2003limo0100e/these_body.html

Les deux images suivantes montrent les deux principaux types de cancer du sein : le cancer in situ dont la variété la plus fréquente est celle du type canalaire et le cancer infiltrant qui est un cancer envahissant le tissu mammaire, évoluant localement puis métastasant (premier relais : ganglions axillaires).
cancanalinsitu.jpg infiltductcarcin.jpg

Hislologie d'un cancer canalaire in situ ; les cellules périphériques sont vivantes et les cellules centrales sont mortes (coloration à l'hématoxyline et à l'éosine, grossissement environ 100 fois).
http://mammary.nih.gov/atlas/
histology/Wellings001/Srwtxt/index.htm

Ce document montre un cancer canalaire infiltrant de 2 à 3 cm (et une atrophie du parenchyme). Le tissu cancéreux est bleu et le tissu parenchymateux est jaune (coloration à l'hématoxyline, grossissement environ 50 fois).
http://mammary.nih.gov/atlas/histology/
Wellings001/Srwtxt/index.htm

Comme la glande mammaire est en évolution constante au cours de la vie de la femme, le nombre de ses cellules en différenciation et en croissance est plus important que dans tout autre organe et rend la glande mammaire plus sensible aux processus de cancérisation.

Les cellules devenues cancéreuses différent des autres cellules par un certain nombre de caratéristiques : insensibilité aux signaux régulant la croissance cellulaire, évasion du système de mort programmée, invasion tissulaire possible. Ces caractéristiques sont acquises par les cellules tout au long du développement tumoral.

La régulation de la croissance tissulaire

Les hormones oetrogènes jouent un rôle important dans le développment du sein au cours de la vie. Ces hormones pénètrent par voie passive dans la cellule, se fixent sur leurs récepteurs cytoplasmiques ou nucléaires, ERalpha et ERbeta. Le récepteur ainsi modifié, peut se fixer à son tour sur une séquence d'ADN particulière située dans la région promotrice des gènes régulés par les oestrogènes. De cette façon il y a une induction directe ou indirecte du cycle cellulaire.
On constate une plus forte expression des récepteurs ERalpha chez les femmes atteintes d'un cancer du sein. Au contraire, l'expression de ERbeta diminue lors du passage du phénotype normal au phénotype cancéreux.

Ces mécanismes mettent en relation la durée d'exposition aux oestrogènes circulant au cours de la vie d'une femme et la survenue d'un cancer du sein.

La mort programmée

La mort programmée des cellules est liée aux télomères des chromosomes. Les télomères sont des structures d'ADN situées à l'extrémité des chromosomes. Elles correspondent à des séquences répétées de type TTAGGG.
On pense que la taille des télomères prédétermmine le nombre de divisions que peut subir une cellule car on constate qu'à chaque cycle cellulaire, la longueur des télomères de tous les chromosomes diminue jusqu'à la sénescence cellulaire, où les télomères étant trop courts, la cellule ne peut plus se diviser. L'apoptose est ainsi programmée.
La télomérase est une enzyme capable d'ajouter des séquences TTAGGG à l'extrémité des chromosomes ; les cellules disposant de cette enzyme peuvent réparer les séquences terminales des télomères et continuer à se diviser indéfiniment, elles échappent à la mort cellulaire.
On a observé que les cellules humaines sont dépourvues de télomérase, sauf les cellules souches du système hématopoéitique, les cellules basales de l'épiderme, les cellules intestinales et les gamètes qui expriment une faible activité télomérase.
Mais on a mesuré une forte activité télomérase dans les cellules cancéreuses de toutes sortes, ayant de ce fait acquis une capacité de multiplication illimitée, échappant à l'apoptose.

L'invasion tissulaire

En se multipliant de manière incontrôlée, les cellules cancéreuses finissent par former une masse que l’on appelle tumeur. Si les cellules restent dans leur tissu d'origine, on parle de cancer in situ ; si les cellules ont tendance à envahir les tissus voisins, on parle de cancer infiltrant.

Dès lors que les cellules d'un cancer infiltrant se sont propagés dans les vaisseaux sanguins et lymphatiques voisins, elles peuvent s'accumuler dans les ganglions lymphatiques et on parle d'envahissement ganglionnaire. Les cellules cancéreuses peuvent s'arrêter là mais elles peuvent aussi envahir d'autres parties du corps pour y former de nouvelles tumeurs appelées métastases.

 

Dans 95% des cas, les cancers du sein se développent à partir des cellules des canaux galactophores et des lobules. On les appelle des adénocarcinomes.
On peut distinguer plusieurs situations :

  1. les cellules cancéreuses se trouvent uniquement à l'intérieur des canaux et des lobules, sans infiltration des tissus environnants, il s'agit de cancers in situ. On parle de cancer canalaire in situ si la tumeur est dans un canal, ou carcinome in situ. Huit cancers in situ sur dix sont des cancers canalaires in situ. Ces cancers peuvent évoluer vers des cancers infiltrants. Le cancer lobulaire in situ est bien plus rare, la tumeur est lobulaire. Ce type de cancer est plutôt consédéré comme un facteur de risque de déclarer un cancer du sein que comme un cancer  du sein à proprement parler.
  2. des cellules canalaires ou lobulaires se sont "cancérisées" et elles infiltrent les tisssu avoisinnants, il s'agit de cancers infiltrants. Le plus fréquent est le cancer canalaire infiltrant. Huit cancers sur dix sont des cancers canalaires infiltrants. L'atteinte lobulaire infiltrante est beaucoup plus rare. Ces cancers se propagent le plus souvent vers les ganglions lymphatiques axillaires puis plus rarement vers d'autres parties du corps.