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Les Etats-Unis

Par Anne Chemin-Roberty, publié le 16/12/2018, mise à jour le 15/01/2019
Vous êtes à la tête de la délégation des États-Unis
lors des prochaines négociations sur le changement climatique
au musée des Confluences

 

Situation énergétique des USA

Les Etats-Unis sont le 2ème plus gros émetteur mondial de C02 derrière la Chine. Rapporté à la population, les Américains émettent toutefois 2,4 fois plus de CO2 que les Chinois. A eux deux, ces pays représentent 42% des émissions totales.

En 2016, les énergies fossiles représentaient 81% de la consommation d’énergie primaire (contre 86% en 2005). Historiquement, le charbon constituait la base de la production électrique américaine, mais en 2016, les centrales à gaz américaines ont produit significativement plus d'électricité (33,8% du mix de production) que les centrales au charbon (30,4%). Il faut également noter qu'en 2017, les énergies renouvelables ont atteint des parts record dans le mix électrique aux États-Unis (15,3%).

La puissance du secteur de l'énergie est mise en évidence par les classements internationaux : les États-Unis sont en 2017 au 1er rang mondial pour la production de pétrole (13 % du total mondial), au coude à coude avec l'Arabie Saoudite et la Russie ; ils sont au 1er rang mondial pour la production de gaz naturel (20 % du total mondial), de produits pétroliers, d'électricité nucléaire, géothermique et à base de biomasse, au 2e rang mondial pour la production totale d'électricité et celle d'éolienne, au 2e rang mondial pour la production de charbon et au 4e rang pour la production d'électricité solaire photovoltaïque, etc. La consommation d'énergie primaire par habitant des États-Unis est très élevée : 6,80 tonnes d'équivalent pétrole (tep) en 2015, soit 3,7 fois la moyenne mondiale (1,86 tep/hab.).

Malgré les promesses de l'administration Trump de dynamiser le charbon, celui-ci est en perte de vitesse. Selon les perspectives énergétiques annuelles 2018 de l'Administration américaine de l' énergie, les énergies renouvelables et le gaz remplaceront de plus en plus le charbon dans la production d'électricité. Ainsi, malgré l'abrogation par Donald Trump du Clean Power Plan, dont l'objectif était de réduire les émissions américaines de CO2 liées à la production d'électricité et qui pénalisait de fait le charbon, la part de ce dernier dans le mix énergétique des USA continuerait de baisser.

Les USA face au changement climatique

Le dénigrement du réchauffement climatique figurait parmi les grands thèmes de campagne de Donald Trump, lui qui a publiquement qualifié le phénomène de "canular créé par la Chine pour affaiblir l’industrie américaine". La sortie de l'Accord de Paris était une promesse de campagne.

La position des américains vis-à-vis du changement climatique est contrastée, mais nombre d’entre eux, notamment parmi les Républicains, restent climato-sceptiques et continuent de penser que les activités humaines ne sont pas en cause. Beaucoup considèrent également que les enjeux économiques, et notamment l’emploi, doivent être prioritaires, et attendent de leur président qu’il protège les intérêts américains. Ainsi, beaucoup s'opposent à ce que des accords internationaux sur le climat se traduise par une augmentation des taxes sur l'énergie et par des mesures qui élèveraient le coût de la vie et nuirait à l’économie du pays. Surtout, il est hors de question pour les américains d’endosser seuls la responsabilité historique du réchauffement de la planète.

Cependant, les Etats-Unis doivent de plus en plus régulièrement faire face à des catastrophes climatiques (Ouragans Irma et Harvey en 2017). Un rapport gouvernemental de juin 2017, validé par la Maison blanche, affirme que la planète traverse la période la plus chaude dans l'histoire de la civilisation et que les humains sont la cause principale de cette hausse des températures. Le porte-parole du gouvernement a cependant tenté de minimiser la portée de ce rapport en expliquant « le climat change, il a toujours changé. »

Contribution des USA dans l'Accord de Paris à la Cop21

Les USA n'ayant jamais ratifié le protocole de Kyoto qui expire en 2020 à l'issue de la COP21,  le président Barak Obama s'était rendu à Paris pour appeler la communauté internationale à un sursaut  et mobiliser l’attention de ses compatriotes sur l’urgence de lutter contre le changement climatique. Sous Barack Obama, pour la première fois dans son histoire, les États-Unis avaient donc ratifié un traité international sur le climat. Même s'ils prenaient comme date de référence l'année 2005 (= niveaux des émissions constatées) au lieu de 1990 selon le protocole de Kyoto, les USA s’étaient engagés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 26 à 28% d’ici à 2025. Ils avaient également signé des engagements financiers à hauteur de 3 milliards de dollars dans le cadre du Fonds Vert prévu par l’Accord de Paris en faveur des pays en développement.

L'objectif du président Obama était également politique : celui de s'assurer qu'un accord solide et chiffré soit ratifié par les grandes puissances émergentes comme la Chine et l'Inde, dont les économies sont en forte croissance, et celui d'envoyer un signal fort aux pays avancés du Nord, comme le Canada, l'Australie et le Japon, la Corée du Sud pour qu'ils s'alignent sur Washington dans leurs engagements.

Engagements des USA après la COP21

Mais en juin 2017, Donald Trump annonce sa décision de sortir de l’accord de Paris et « détricote » un certain nombre de mesures de politique climatique nationale mises en place par son prédécesseur :

  • Abrogation du Clean Power Plan
  • Baisse drastique du budget de l’Environment Protection Agency
  • Relance de la construction du Pipeline Keystone XL
  • Reprise de projets d’infrastructures climaticides (centrale charbon, gaz de schistes, agriculture intensive, etc….)

La décision de Donald Trump de se retirer des Accords de Paris a été unanimement contestée par l’ensemble des 196 signataires du traité et a suscité de nombreuses réactions d’indignation, fustigeant l’irresponsabilité du président américain, aussi bien à l’international qu’aux Etats-Unis. Le président français Emmanuel Macron a dénoncé "une faute pour l’avenir de la planète" et a détourné le célèbre slogan de campagne de son homologue américain : "Make our planet great again".

Lors de la Cop23 qui a eu lieu à Bonn en novembre 2017, l’administration Trump a fait figure d’indésirable et de provocateur. Mais certains sénateurs et gouverneurs démocrates se sont invités à la table des négociations pour court-circuiter le département d’Etat, qui représente officiellement les Etats-Unis. Ils ont affirmé leur détermination auprès des journalistes présents dans la salle : « Aux Etats-Unis, ce sont les Etats qui dirigent ».

En effet, si le gouvernement fédéral s’est retiré des Accords de Paris, certaines personnalités politiques et représentants de la société civile se mobilisent pour permettre aux Etats-Unis de respecter leurs engagements :

  • L’initiative « We are still in », forme une délégation qui regroupe plus de 2500 acteurs non étatiques (maires des villes, groupes de sénateurs et de gouverneurs démocrates (Washington, Californie, Oregon etc.), États, universités, entreprises) et qui souhaite « rester dans l’accord de Paris ». En Californie, on invente la convergence entre économie numérique et économie verte, le nombre de brevets de technologie verte ne cesse d'augmenter et l'Etat montre la voie en promettant de baisser de 40% ses Emissions en 2030 par rapport à 1990;
  • L’US Climate Alliance, qui regroupe 14 États est en passe d’atteindre ou de dépasser sa part de l’effort de réduction d’émissions de gaz à effet de serre. Ils pèsent à eux seuls 40 % de l’économie américaine. Ligués avec Porto Rico, ils forment aujourd’hui l’«America’s Pledge», une «contre-délégation» à l’initiative du gouverneur de Californie, Jerry Brown, pour atteindre les objectifs des Etats-Unis prévus par l’accord de Paris. Cette contre-délégation ouvre un dialogue avec le Canada et le Mexique, qui se poursuivra aux différents sommets sur le climat. Jerry Brown s’impose donc comme un des leaders politiques américains dans la lutte contre le changement climatique. Avec son PIB, la Californie est la 6e puissance mondiale et constitue un adversaire de taille face à Washington sur la question du climat. «Si nous voulons survivre et protéger notre planète, nous devons radicalement changer notre système de production, clame-t-il. C’est un dur combat, où on fait face à la manipulation politique, où les entreprises des énergies fossiles font tout ce qu’elles peuvent pour contrer nos efforts. Nos ennemis sont puissants. Mais nous sommes ici pour créer de l’enthousiasme, pour lutter contre l’inertie.»

Si le retrait américain a été considéré par beaucoup comme une catastrophe, il est cependant à relativiser :

  • il s’agit certes d’un signal politique fort, qui met à mal l’universalité des accords sur le climat, mais il n’y a pas eu d’effet domino : aucun des autres signataires n’a souhaité se désengager des accords de Paris
  • Sachant qu'il faut trois ans pour un signataire avant de pouvoir signifier son retrait de l'accord de Paris et encore un an avant que ce dernier ne soit effectif, la sortie des Etats-Unis ne pourrait intervenir concrètement qu'en novembre 2020, à la veille des prochaines élections présidentielles
  • Dans les faits, les Etats-Unis, grâce à la mobilisation de nombreux acteurs, pourrait être en passe de remplir les objectifs de la COP21

Il est donc difficile de savoir quel seront les réels effets de la politique environnementale de Donald Trump, d'autant que celui-ci se montre, sur ce dossier comme sur beaucoup d'autres, totalement imprévisible : en janvier 2018, il annonçait par exemple que les Etats-Unis "pourraient" revenir dans l'accord de Paris, affirmant qu'il n'était pas opposé "en théorie" à un accord, mais que celui conclu par son prédécesseur Barack Obama était "mauvais".

Début juillet 2018, Donald Trump acceptait la démission de Scott Pruit, directeur de l’Environmental Protection Agency (EPA). Ce climatosceptique revendiqué, principal fossoyeur de la politique de Barack Obama en faveur de l'environnement, était compromis dans de nombreux scandales sur l'utilisation des fonds publics. Ses liens avec les lobbies, pétroliers notamment, et les nombreuses faveurs qu'il en aurait retiré, l'ont plongé dans une tourmente médiatique et contraint à présenter sa démission. Mais son départ ne remettra sans doute pas en cause la politique agressive de la Maison Blanche en matière d'environnement, qui se déploie pourtant à rebours d’une opinion publique américaine toujours plus sensible aux défis environnementaux.

Pour les USA, l’enjeu des négociations est d'abord économique. Très pragmatiques, les délégués américains vont faire pression au niveau international pour que les efforts pour limiter les émissions de gaz à effet de serre soient à la charge des pays devenus les plus pollueurs de la planète (Chine et Inde en absolu, Australie, Arabie saoudite, Canada, Corée du Sud, Qatar, Koweit en taux/habitant). Les USA vont également assurer leurs intérêts propres en atteignant une indépendance énergétique sur leur sol avant 2035 (prospection du gaz naturel, gaz de schiste, pétrole).

Les USA possèdent de puissants lobbys climato-négationnistes ou partisans du statu quo, qui ne ne sont pas prêts à jouer un rôle de bailleurs internationaux de l'aide en faveur des pays en développement, notamment les pays les plus vulnérables. Ils n'ont jamais honoré la promesse faite en 2009 de rassembler 100 milliards de dollars (88 milliards d’euros) par an d’ici à 2020 en faveur des pays en voie de développement, qui sont les plus touchés par le réchauffement.

Pour des raisons politiques et de sécurité, les USA pourraient financer l'aide aux pays en développement pour le climat. Selon le Pentagone, les crises syriennes, tchadiennes, maliennes sont d'abord des crises climatiques de sécheresses et de désertification. Les phénomènes du changement climatique sont des démultiplicateurs de menace qui déstabilisent les communautés locales, entraînent des migrations intérieures ou à grande échelle et développent la pauvreté et les conflits. Les USA se donnent le role d'arbitrer la sécurité dans le monde.

La position américaine est donc toujours attendue car son influence pèse lourd dans la balance géopolitique au niveau international, notamment pour entrainer avec eux les pays industrialisés et revendiquer son role d'arbitre des conflits et des sujets de sécurité nationale et de politique étrangère (qui s'estompe avec le président Trump).

sources

La situation énergétique américaine en chiffres

L'opinion publique américaine et le changement climatique

États-Unis : les ouragans peuvent-ils convertir les climatosceptiques républicains ?

L'évaluation de Climate Action Tracker pour les USA

Reprise des émissions mondiales de CO2 en 2017

Le programme climato-sceptique très controversé de Donald Trump

Accords de Paris, il ne reste presque plus rien des mandats d'Obama

Washington en troll climatique à la COP23

Malgré Trump, une partie des Américains se bat pour honorer le climat

Le nouveau visage de l'action climatique aux Etats-Unis

Trump annonce que Paris pourrait revenir dans l'accord de Paris

Trump maintient ses fausses idées sur le climat

Les Etats-Unis en bonne voie d'honorer les objectifs sur le climat

Le retrait des Etats-Unis a-t-il refroidi la lutte contre le changement climatique

Après le départ des Etats-Unis, la lutte contre le changement climatique se joue-t-elle en dehors de l'accord de Paris ?

L'accord historique Chine-Etats-Unis sur le climat : nouveau leadership climatique

Signé le 12 novembre 2014, le U.S.-China Joint announcement on Climate Change est une avancée décisive des USA sur le dossier climatique et a constitué un acte politique décisif pour l'Accord de Paris à la Cop21 en 2015. Ces deux pays, premières puissances économiques, premiers consommateurs d'énergie, premiers emetteurs de GES qui représentent 42 % des émissions de CO2 de la planète, déclarent officiellement  leur leadership  climatique et établissent ainsi un "nouveau type de rapports entre grandes puissances." La Chine s'engage à baisser ses émissions de CO2 à partir de 2030 et à produire, à cet horizon, 20 % de son électricité à partir d’énergies décarbonées. Les Etats-Unis, dans leur America’s Clean Power Plan, impose aux centrales électriques américaines une forte baisse d'émissions de gaz à effet de serre de l'ordre de 32 % d'ici 2030, pour parvenir à l'objectif national de 26 à 28 % de baisse des rejets à l'horizon 2025 par rapport à 2005. Les USA et la Chine investissent massivement dans la recherche sur l'énergie positive et en font leur nouveau business model (comment gagner de l'argent en économisant de l'énergie).

Après le retrait des USA, la Chine maintient son engagement dans l'Accord de Paris. Que feront les Américains ?

sources

Présentation de la contribution des USA sur France Diplomatie

Mix énergétique des USA selon Connaissance des énergies

Le monde est devenu trop petit L'obs du 27 août 2015

Les producteurs face à la baisse du prix du pétrole L'obs du 27 août 2015

L'Afrique et la population mondiale Télérama, 16 septembre 2015

Le "Clean Power plan" d'Obama fait une différence (en anglais) 4 août 2015

Les engagements sur Le Monde

La question du financement peut faire dérailler la Cop21 Le Monde du 5 juin 2015 Premiers pas pour l'aide financière Libération du 8 octobre 2015

Conférences

Les énergies fossiles dans le monde de l'énergie, Yves Mathieu, IFP

Fiches Pays

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