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L'Inde

Par Anne Chemin-Roberty, publié le 15/12/2018, mise à jour le 15/01/2019
Vous êtes à la tête de la délégation de l'Inde
lors des prochaines négociations sur le changement climatique
au musée des Confluences

 

Situation énergétique de l'Inde

L'Inde est le 3e consommateur d’énergie au monde (775 Mtep en 2013) après la Chine et les États-Unis . 

L'Inde est le 3e émetteur de gaz à effet de serre, en particulier de CO2, avec 6,4 % des émissions mondiales en 2015, derrière la Chine : 28 % et les États-Unis : 15,5 %.

Rapportée au nombre d’habitants, sa consommation est encore très faible : 0,65 tep, soit le tiers de la moyenne mondiale (1,86 tep), et 11 fois moins que celle des États-Unis (6,80 tep) et ses émissions étaient en 2015 d'environ 2 teCO2/h/an, soit 5 fois moins qu'un Européen et 10 fois moins qu'un Américain) et très inférieures à la moyenne mondiale : 4,40 teCO2/h.

MAIS, les émissions ont augmenté de 67% entre 1990 et 2012 et si rien n’est fait pour changer son modèle de développement, celles-ci devraient presque doubler d’ici à 2030 ce qui ferait du pays le deuxième émetteur de GES au monde, en doublant les USA.

Peuplée de 1,3 milliard d'habitants (2e pays le plus peuplé après la Chine), l'Inde connaît l’une des plus fortes croissances au monde, comprise entre 7 % et 8 %, avec une explosion démographique d’environ 1,4% par an depuis 2004 qui la propulsera au premier rang d'ici 2025. Ce développement laisse 300 millions d’Indiens vivre encore sans électricité et dans une pauvreté extrême qui frappe près de un habitant sur cinq.  Ces populations très pauvres s'entassent dans des mégapoles industrielles très polluées affichant des émissions de gaz à effet de serre seize fois plus importantes que dans les zones rurales. Ces villes sont amenées à devenir des géants énergivores qui accueilleront 500 millions d’habitants supplémentaires d’ici à 2050.

Le charbon est la principale énergie consommée par le pays (44% du mix national), devant la biomasse et les déchets (24%) et le pétrole et autres hydrocarbures liquides (23%). L’Inde dispose des 5e réserves prouvées au monde de charbon et entend fortement augmenter sa production pour satisfaire ses besoins énergétiques croissants : le pays a annoncé en 2015 un objectif de production avoisinant 1,5 milliard de tonnes de charbon en 2020, soit quasiment le triple de son niveau de production de 2013.

Les énergies fossiles (principalement le charbon) ont compté pour près de 81,9% de la production électrique indienne en 2015. Suit l’hydroélectricité qui compte pour plus de 10% de cette production nationale (l’Inde est le 7e producteur hydroélectrique au monde en 2017). Pour diversifier son mix de production électrique et limiter ses émissions de gaz à effet de serre, le gouvernement indien a lancé en 2015 un grand plan de développement des énergies renouvelables pour quadrupler la puissance installée des installations éoliennes, solaires, de biomasse et de déchets à hauteur de 175 GW en 2022, dont 100 GW solaires (principalement au Gujarat et au Rajasthan) et 60 GW éoliens (principalement dans les États du sud du pays comme le Tamil Nadu). L’Inde mise également sur l’énergie nucléaire, autre source électrique « décarbonée » : le pays dispose du 7e parc nucléaire au monde avec 21 réacteurs en service et 6 en cours de construction. Selon l’AIEA, le nucléaire comptait pour 3,5% de la production électrique indienne en 2015. L’Inde présente la particularité de développer la filière thorium, combustible dont le pays possède d’importantes réserves.

L’électrification est un autre enjeu majeur de l’Inde. En 2013, près de 19% de la population indienne, soit environ 240 millions de personnes, n’avait toujours pas un accès basique à l’électricité selon l’AIE, ce chiffre masquant de grandes disparités entre les zones urbaines et rurales. De plus, le pays souffre encore de coupures électriques de grande ampleur lors des pics de consommation, pouvant durer quelques heures à plusieurs jours dans certaines zones.

L'Inde face au changement climatique

L’Inde, qui a eu longtemps la réputation d’être inflexible dans les négociations sur le changement climatique, a adopté une attitude plus conciliante lors de la COP21.

Ce chagnement d'attitude s'explique certainement par une volonté de ne pas être la seule puissance émergente à rester en retrait lors des négociations, mais également parce que l’Inde a une conscience plus aiguë des catastrophes qui la menacent. Avec le réchauffement des températures, les précipitations pendant la mousson seront plus abondantes et de courte durée, mettant en danger la production agricole du pays. La fonte des glaciers de l’Himalaya aggravera les risques de crue dans la plaine du Gange, et les cyclones seront plus nombreux à balayer sa côte Est.

Le pays a pris conscience de ces dangers lors des inondations qui ont ravagé la ville de Chennai, dans le Sud, en décembre 2015. Destructrices, elles comportent également des risques sanitaires importants, en favorisant la multiplication de moustiques porteurs de la dengue, du chikungunya ou du paludisme. Le gouvernement évalue les pertes liées à l’élévation des températures à 1,8 % de son PIB annuel jusqu’en 2050.

La contribution de l'Inde dans l'Accord de Paris à la COP 21

Dans sa contribution INDC à Paris, l’Inde a annoncé vouloir continuer à se développer tout en étant prête à infléchir son mode de développement pour agir en faveur de la planète. Car le sous-continent indien est une des principales victimes du dérèglement climatique.

A l'issue de la COP21, le gouvernement indien annonçait vouloir augmenter la capacité de production d’énergie renouvelable à 175 gigawatts (GW), contre 38 GW aujourd’hui, en misant essentiellement sur le solaire, un objectif jugé ambitieux. Le premier ministre, Narendra Modi, est également à l’origine de l’Alliance solaire mondiale, destinée à favoriser les partenariats entre 120 pays pour promouvoir cette énergie renouvelable.

D’ici à 2030, l’Inde veut augmenter la part des sources d’énergies non fossiles à hauteur de 40 % de sa production d’électricité grâce au transfert de technologie et aux financements internationaux à faible coût, y compris au Fonds vert pour le climat. Cet objectif l’obligerait à multiplier par dix ses capacités de production nucléaire, de 6 GW à 63 GW. De nombreux experts y voient un programme irréaliste et contestable, tant la construction de centrales rencontre une forte opposition dans le pays. Les analystes et ONGs voient d'un mauvais oeil le fait que l'Inde n'abandonne pas le développement de son énergie nucléaire et fait l'impasse sur les centrales à charbon "propre".

Malgré ces difficultés, la transition énergétique figure tout de même dans son plan climat. Les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique, éléments clés pour un avenir bas-carbone durable, constituent un bon point du plan climat de l’Inde puisque New Delhi s’est aussi engagée à réduire d’au moins un tiers (de 33 % à 35 %) l’intensité carbone de son PIB d’ici à 2030 par rapport au niveau de 2005.

Au total, l’Inde évalue à 2 500 milliards de dollars (2 200 milliards d’euros) l’ensemble des actions qui doivent être engagées en matière de climat. Elle compte sur les transferts de technologies et l’aide financière des pays développés pour atteindre ses objectifs. Car New Delhi entend bien mettre les pays riches qui s’alarment de l’augmentation des émissions indiennes, en face de leurs responsabilités. « On doit passer d’un discours sur le changement climatique à celui sur la justice climatique », avait déclaré, en septembre 2015, M. Modi.

Les engagements de l'Inde après la COP21

L'Inde est un acteur-clé du changement climatique. A la fois pays émergent et troisième puissance économique mondiale, premier foyer de pauvreté et champion de la croissance sur laquelle repose aujourd'hui une partie de l'économie mondiale, l'Inde continue à se développer et son rôle est appelé à croitre dans le monde de demain. A chaque édition des Cop, l'Inde pèse de tout son poids sur les négociations internationales autour du climat.

L'Inde négocie son adaptation climatique et sa transition énergétique pour que la communauté internationale soutienne d'importants moyens technologiques, financiers et de renforcement de capacité. L’Inde a devant elle une formidable opportunité : ses villes, ses réseaux de transports du futur, son développement, peuvent encore être conçus de façon à limiter la consommation d’énergie. Le pays évalue à 2 500 milliards de dollars l’ensemble des actions qui doivent être engagées en matière de climat.

Un fonds d’adaptation national pour le changement climatique a été mis en place par le gouvernement indien avec un financement d’environ 18 millions de dollars. Ce fonds doit permettre de multiplier par trente la production solaire d’énergie, à 100 000 mégawatts d’ici à 2022, un objectif jugé ambitieux par de nombreux experts. Même si cet horizon est atteint, 40 % de la consommation énergétique indienne dépendra encore du charbon en 2022. D'ou le besoin de trouver des accords avec les pays avancés, et avec ses voisins comme la Chine.

sources

Wikipedia : L'énergie en Inde

Situation énergétique de l'Inde

Diaporama : Inde et Energie

Déclaration sur France Diplomatie.

Résume de la contribution de l'Inde par maCOP21

Evaluation de Climate Action Tracker pour l'Inde

La note de l'Inde par CAT.

Le scoreboard de l'Inde par Climate interactive

Analyse par Novethic

Le thermomètre des engagements et des financements de la Fondation Nicola Hulot

Fiche pays

Télécharger la fiche INDE pour la simulation de la COP22 en 2016

Télécharger la fiche Inde pour la simulation de la Cop23 en 2017-2018

Télécharger la fiche Inde pour la simulation de la Cop24 en 2018-2019