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Circuits de récompense et bases biologiques du plaisir

La lecture des nouveaux programmes de SVT pour les classes de Première L, ES et S (voir le BO n°9 spécial du 30/09/2010) met l’accent sur la problématique féminin/ masculin.

Le programme des filières littéraire et économique et sociale comporte ainsi un chapitre intitulé « Féminin-masculin », au sein duquel seront abordées des notions telles que les rôles sexuels dans la société, l’identité et l’orientation sexuelles, parallèlement à l’étude des phénomènes biologiques qui entrent en jeu dans l’activité sexuelle humaine. Pour les classes de première S, le chapitre inclus dans la thématique plus large de Corps humain et santé s’intitule « Dualité féminin/ masculin » ; il propose une approche biologique des questions de santé et de sexualité, ainsi qu’une étude scientifique des bases biologiques du plaisir, principalement axée sur l’observation, à l’aide de données IRM, de ce qu’il est convenu de nommer les « circuits de récompense ».

Afin de répondre à ces thématiques, nous avons introduit dans la banque Neuropeda des images tirées d'un article paru dans J.Neuroscience (Sescousse et al, 2010 ; The architecture of reward value coding in the human orbitofrontal cortex. J.Neurosci 30 (39) : 13095-104), dans lequel les auteurs comparent l'activation cérébrale en réponse à différents types de récompenses (érotique ou monétaire) et plaident en faveur d'une organisation modulaire des circuits de récompense.

Cependant, si notre groupe de travail s’est ouvert à d’autres disciplines, en particulier à la philosophie, aux lettres et à l’histoire des arts, c’est parce qu’il nous a paru indispensable de ne pas limiter ces recherches sur le cerveau humain au seul champ de la biologie. Le Bulletin Officiel cité plus haut l’énonce clairement, les SVT apparaissent dans les nouveaux programmes comme une « discipline d’ouverture aux grandes questions contemporaines », et ce en convergence avec d’autres matières enseignées au lycée, la littérature et les sciences humaines par exemple. En classe de Première S, il est noté que le programme vise à l’acquisition d’une culture scientifique commune, au perfectionnement du raisonnement scientifique, ainsi qu’à la formation de l’esprit critique. Dans ce cadre, le développement transdisciplinaire de la question du « devenir femme ou homme » a toute sa place. Il pourrait tout à fait être exploré dans le cadre des ateliers d’Accompagnement Personnalisé qui verront le jour à la rentrée 2011 en première.

Par ailleurs, le contenu expérimental choisi par notre groupe de travail a soulevé un certain nombre de débats et de questionnements, tout particulièrement concernant la part d’inné et d’acquis dans la sexualité masculine et féminine. Les critères extrêmement stricts choisis par les auteurs pour obtenir des résultats expérimentaux interprétables dans le champ de la biologie uniquement peuvent amener à des questionnements forts de la part d'autres champs disciplinaires. Nous nous sommes ainsi interrogés sur les critères de sélection des participants à cette expérimentation, susceptibles de renforcer certains stéréotypes présents dans nos sociétés. Quelques exemples des questions abordées : La récompense sexuelle de forte intensité (image pornographique) ne témoigne-t-elle pas d’une vision très restrictive de la sexualité masculine, et plus globalement humaine ? Qu’entend-on par « libido normale » ou « insuffisamment importante » ?... De même, il n’est pas précisé dans le protocole expérimental si les hommes choisis ont tous la même origine culturelle.

Le fait d'exclure les femmes et les homosexuels de l'étude incite à la plus grande prudence quant à la généralisation des résultats dans le cadre pédagogique. En effet, ces résultats sortis du contexte scientifique peuvent donner lieu à des extrapolations idéologiques discutables.

Ce sont toutes ces interrogations, ainsi que les préoccupations des élèves concernant leur propre construction, qui nous ont guidés dans l’élaboration de la forcément non exhaustive biblio-filmographie jointe à ce dossier. Les phénomènes biologiques sur lesquels repose l’activité sexuelle humaine, en particulier l’activation des systèmes de récompense, peuvent être observés et analysés scientifiquement. Il en va de même pour les différences anatomiques et biologiques entre les sexes. Il paraît cependant évident que les facteurs affectifs et cognitifs, de même que le contexte culturel, ont une influence majeure sur le comportement et le plaisir sexuels humains. A ce titre, la notion de « genre », qui équivaut à une sorte de « sexe socialement construit », nous semble mériter d’être appréhendée. Cette différence non biologique entre les sexes, acquise, apprise, évolutive et modifiable, structure concrètement et symboliquement la vie sociale, en particulier la distribution des rôles et du pouvoir. Les lectures et les films proposés abordent donc la problématique féminin/ masculin selon un angle élargi, par le biais de la fiction, de la comédie ou de la vulgarisation. Dans un souci de clarté et pour faciliter les recherches, chaque référence est accompagnée de commentaires.

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