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Je me lance!

Enseigner les Lettres (très ?) Modernes

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Professeure de Lettres depuis septembre 2011, j’appartiens à la génération Y, celle du tout numérique. Je suis professeure dans un lycée de banlieue, le lycée Charlie Chaplin à Décines, où l’enseignement des Lettres Modernes peut paraître un vrai défi. 

 Une remise en question immédiate


Notre enseignement a tendance à braquer les élèves. « De toute façon, je n’aime pas lire », « Je suis nul en orthographe, je comprends rien. » sont autant de phrases que le professeur de Lettres entend régulièrement. La lecture et l’écriture accompagnent le parcours scolaire de l’élève depuis ses premiers pas; il semble alors vivre ses difficultés dans la matière comme une régression et se bloque invoquant une certaine fatalité. Comment amener les élèves à lire ? Comment les amener à baisser leur garde et à avancer ? Voilà le début d’un lourd questionnement qui nous préoccupe tous.


Ces questions, je ne les avais jamais envisagées avant de me retrouver, surprise, face à mes premières classes. J’avais pourtant suivi de près des réflexions autour de la didactique des Langues Anciennes à travers la thèse de Dominique Augé  - Refonder l’enseignement des Langues anciennes : le défi de la lecture – et à travers de nombreux sites internet proposés par des enseignants comme Hélios helios.fltr.ucl.ac.be/ ou Litteras Legere languesanciennesetlettres.org/. Je pensais alors naïvement l’enseignement des Lettres Modernes protégé. Certes, il n’est pas mis en danger par un risque de fermeture de classe ni de suppression d’option et pourtant il y a un certain danger lorsque l’enseignement en classe et la lecture à la maison sont complètement dissociés. Les Lettres se semblent se scléroser et perdre leur richesse…

Et des questions…


Ce sont donc des questions professionnelles en découvrant mon métier qui m’ont amené à envisager indirectement la classe inversée :
o    Comment amener mes élèves à lire  et non à chercher un résumé sur internet ?
o    Comment les amener à construire le sens de la lecture ?
o    Comment les amener à construire leur savoir ?


Beaucoup d’autres se sont interrogés avant moi sur le sujet ; Montaigne exprime encore plus clairement cet idéal de l’enseignement :

« Nous savons dire : « Cicéron dit ainsi, voilà les mœurs de Platon, ce sont les mots mêmes d’Aristote. » Mais nous, que disons-nous nous-mêmes ? Que faisons-nous ? Que jugeons-nous ? Autant en dirait bien un perroquet. (…) Nous prenons en garde les opinions et le savoir d’autrui, et puis c’est tout : il les faut faire nôtres. » (Montaigne, Du pédantisme)


Du numérique et de mes pratiques pédagogiques


Les classes sont nombreuses et le niveau est hétérogène voire très hétérogène. J’avais parfois l’impression d’être en grand écart face aux élèves, sollicitée en même temps par des besoins très différents. Le numérique m’est apparu comme solution ou tout du moins comme aide pour différencier les besoins de mes élèves. Il permet d’élaborer des parcours différents où l’apprenant peut avancer à son rythme et progresser.


Confrontée à un problème de matériel, je n’ai pas encore pensé à un cours en classe entière avec le numérique. Je souhaiterais à ce titre doter mon lycée d’une classe numérique mobile pour envisager ce travail…Les smartphones sont peut-être une piste à questionner ! (Affaire à suivre…)


Je suis persuadée que le travail numérique n’a un sens que si l’élève est seul – il n’y a qu’une seule souris, un seul clavier…donc un seul acteur ! – je n’envisage ces cours qu’en demi-groupe. Aussi, je cherche à mettre en place différents types d’activité pour les élèves, retrouvant ainsi la question des compétences abordée au collège. Si le travail numérique se prête exclusivement à un travail actif individuel, le travail en classe se fait régulièrement par équipe. En effet, dans une approche presque socratique, je pense que le dialogue permet de construire un savoir alors que le monologue isole. Par ce travail en groupe, le cours dialogué se fait entre les élèves et non plus entre le professeur savant et la classe.


Je développerai par la suite, dans les pages à venir, différents types d’activité mises en place sur le numérique ou en classe : utilisation du blog pour lire et écrire, des enquêtes pour lire, des défis, des enregistrements oraux pour lire, écrire et déchiffrer. J’ai l’impression à la fois exaltante et angoissante d’être face à un abyme de questions et de n’être qu’au tout début d’une réflexion bien imparfaite aujourd’hui.


Mes interrogations quant à la classe inversée et mes craintes face au numérique


Souvent, on associe « classe inversée » à « capsule vidéo », dans le même esprit que les MOOC. Cela m’intrigue beaucoup pour l’enseignement des Lettres. Au cours de différentes recherches, j’ai rencontré de nombreux usages en collège particulièrement pour l’enseignement de la Langue. En effet, il y a là un point de connaissances, une leçon à apprendre. Qu’en est-il au lycée ? Qu’en est-il pour l’explication de texte ?


Il me semble aujourd’hui que cela ne peut se prêter qu’à des leçons…mais que nous ne sommes pas dans une construction du sens, du savoir. J’ai peur d’y voir, pour ma matière, un retour au magistral…ce qui n’est pas du tout l’idée. Je me lance dans cette réflexion !


J’ai également pris conscience en prenant du recul sur certaines expérimentations avec mes élèves et au regard de travaux de collègues que le numérique peut vite devenir un gadget dont il faut se méfier: dans quel cas sert-il vraiment l’édification d’une connaissance ? Dans quel cas apporte-il quelque chose à l’enseignement ?


C’est parti ! Armée de mes outils, j’embarque…


Je suis ravie d’avoir rejoint cette équipe pour mener la réflexion d’une manière pluridisciplinaire et qui se promet d’être enrichissante.


J’ai également rejoint l’équipe TICE – LETTRES académiques dont les travaux, outils précieux,  sont publiés sur le site suivant : http ://www2.ac-lyon.fr/enseigne/lettres/
Pour m’accompagner dans mes réflexions, je me penche également sur différents travaux et sites de collègues : https ://histoiredesartsvaugelas.wordpress.com/ (Caroline Duret), http ://languesanciennesetlettres.org/ (Dominique Augé) et les compte-rendus des PNF Lettres : http ://eduscol.education.fr/pnf-lettres/, parmi d'autres.


Affaire à suivre !