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Pays émergents

Vous représentez un pays ou un groupe de pays émergents. Pour vous, les États émergents ou en développement, l’enjeu des négociations est la place accordée à l’adaptation, le deuxième versant de la lutte contre le réchauffement climatique, trop souvent résumée à son autre objectif majeur, l’atténuation. L’atténuation fait référence aux mesures de réduction des émissions de gaz à effet de serre ; c’est le chantier prioritaire pour les pays industrialisés. Pour les États émergents ou en développement, l'urgence est surtout de s’adapter aux effets déjà dévastateurs de la hausse des températures et d'obtenir des aides financières internationales(construction de digues pour contrer la montée des eaux, système d’alerte face aux événements météorologiques extrêmes, efforts de planification, transfert de technologies et des infrastructures vers les énergies renouvelable, soutien à l’agriculture, à l’éducation et à la santé etc.). Financement climat Le Monde 21 novembre 2016.

Vous avez à votre disposition un ensemble de leviers qui peuvent peser lourd dans les négociations internationales et qui pourraient changer le prisme des discours entre les pays. Cela pourrait même aider à conclure à des accords. A vous de bien poser le problème devant les Nations unies pour contraindre les Occidentaux à modifier leur impact climatique et tendre vers une solution équitable et responsable.

1- Les pays émergents forment des coalitions puissantes qui montrent leur force :

La plupart des États émergents font partie de la Non Annexe I de la Convention des Nations Unies sur le Changement Climatique : les pays d'Afrique (sauf Afrique du Sud), d'Amérique du Sud et centrale, d'Asie du Sud-Est, du Moyen-Orient, les pays producteurs de pétrole et les États insulaires du Pacifique, de l'océan Indien et des Caraïbes. Cet ensemble est très hétérogène; il rassemble des pays à très forte croissance économique, des pays en voie de développement avec des difficultés économiques et politiques récurrentes et des États très pauvres. 2,6 milliards d'habitants vivent dans les pays émergents et les pays pauvres. Plusieurs coalitions se sont créées au fil des sommets climat, avec des objectifs et des géométries variables. Car l'ONU suit le principe d’«un pays, une voix» et les États ont compris depuis longtemps que l’union faisait la force. Ils se sont d’abord organisés en groupes régionaux (Asie, Afrique…), pas forcément pertinents pour défendre au mieux leurs intérêts. En parallèle, ils se sont donc affiliés à une ou parfois plusieurs coalitions, redessinant la carte du monde selon une géographie climatique. Ces coalitions exercent des actions et ont des responsabilités très importantes lors des négociations. Elles représentent quasi 80% de la population mondiale, c'est dire la puissance de leurs voix. Le tout est de savoir s'organiser! Les principales coalitions sont le G77 + Chine, les PMA et AOSIS. Voir ci-après et Les coalitions, nouvelles cartes du monde Libération du 23 octobre 2015.

L'Inde et la Chine font partie de la liste des Non Annexe I, mais cette classification des États par la CCNUCC qui date de 1992 est obsolète car la Chine et l'Inde, tous deux membres du G20, connaissent une forte croissance depuis plusieurs décennies et sont devenues les grands pollueurs de la planète (la Chine, le premier et l’Inde, le troisième). Nous avons donc préféré sortir ces deux pays de ce groupe dans nos négociations. D'autres pays du Sud sont dans le G20 (Brésil, Argentine, Mexique, Afrique du Sud, Corée du Sud, Indonésie, Arabie saoudite) et sont décrits dans cet espace.

Cependant, la Chine appartient au groupe G 77 + Chine, un bloc de 133 pays en développement et gros émergents qui rassemblait 77 pays lors de sa création en 1964 pour la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED). Toujours associé à la Chine qui conserve néanmoins sa singularité (d’où le «+»), ce bloc, dont le pays qui le préside pour un an siège aux Nations unies à New York, représente près de 80 % de la population mondiale. Avec, comme plus petit dénominateur commun, sa vulnérabilité et sa faible responsabilité dans le changement climatique. Des îles Marshall à l’Arabie Saoudite en passant par le Maroc, les intérêts de chaque pays du groupe divergent parfois fortement. Pourtant, ce bloc montre régulièrement sa force de frappe en étant très actif et très ferme pour défendre les positions des pays en développement et de tous les groupes qui le composent. Il est mené par l'ambassadrice sud-africaine Nozipho Mxakato-Diseko, qui assure cette année la présidence du G77 + Chine. Le groupe des 77+ Chine a joué un rôle prépondérant durant la COP21 en défendant la voix des petits États et des pays les moins avancés. Il a imposé la notion de responsabilité différenciée dans les accords de Paris, permettant de mettre en œuvre concrètement le principe de pollueur-payeur, et de reconnaitre la responsabilité historique des pays industrialisés dans le réchauffement climatique. Le G77 souhaite maintenir la pression pour la COP22, et obtenir notamment les actions concrètes de financement pour développer les projets d’atténuation et obtenir les transferts de technologie et de compétences.

***Un conseil pour les négociateurs des pays émergents, la Chine est un de vos interlocuteurs via le G77!

*** En 2016, la présidence du G77 revient à la Thaïlande. Présidence du G77.

Le groupe G77 + Chine est présidé par S.E.M. Don Pramudwinai, Ministre des Affaires étrangères du Royaume de Thaïlande. Dans son discours de passation à New York, la Thaïlande, en tant que présidente du G77, a fixé le thème principal pour son mandat en 2016, à savoir : « De la vision à la pratique : le partenariat qui inclut toutes les parties pour un développement durable », . Lors des sessions de préparation de la Cop22, « les pays en développement, réunis au sein du G77 + Chine, poussent pour qu’une plus large place soit faite à l’adaptation, et rappellent à quel point cette question est cruciale. » L'adaptation point de cristallisation des négociations de Bonn Le Monde 26 mai 2016. Pendant son mandat, la Thaïlande insistera sur quatre points suivants ;

1. La Thaïlande soutiendra efficacement la réalisation de l’Agenda 2030 de développement durable, et du Programme d’action d’Addis-Abeba, en suivant l’orientation du développement qui inclut toutes les parties prenantes et étudie la pratique d’excellence de chaque pays membre. La Thaïlande est prête à partager ses expériences, et la philosophie de l’économie suffisante est l’une des voies pour atteindre les objectifs du développement durable.

2. La Thaïlande encouragera la coopération entre les pays en développement (Sud-Sud). Elle collaborera étroitement avec les pays membres pour augmenter leur capacité à affronter ensemble les défis, et rétablir les coopérations à l’échelle mondiale pour un développement durable. La Thaïlande organisera les réunions des experts dans les domaines divers pour chercher à dynamiser les coopérations. Elle versera une contribution spéciale d’un montant de 520 000 dollars US au Fonds Perez-Guerrero pour la coopération économique et technique du groupe.

3. La Thaïlande souhaite apporter des réponses promptes et efficaces aux conséquences des changements climatiques, et diminuer les risques des catastrophes, en tenant compte de la responsabilité commune, de niveaux variables selon la capacité de chaque pays.

4. La Thaïlande favorisera la coordination entre les agences du G77 installées dans les différents pays, pour harmoniser les réponses du groupe et répondre de manière globale aux besoins du groupe.

2- Les pays émergents donnent l'exemple en s'engageant plus nombreux à réduire leurs émissions de GES :

La plupart des pays en développement ont déposé leur INDC pour Octobre 2015. D'une manière générale, les pays du Sud ont pris des engagements de réduction des émissions compatibles avec l'objectif que la communauté internationale s'est donné à Copenhague de limiter la hausse des températures à +2°C. Une partie importante sinon la totalité de leurs engagements sont conditionnés à l'existence d'une mécanisme de solidarité (moyens financiers, Fonds vert, transferts technologiques, aide au développement etc.). En majorité, ces engagements traduisent une volonté affichée de lutter contre le dérèglement climatique. Parmi eux, 28 affichent atteindre des émissions par habitant inférieures à 2 tonnes équivalent CO2 en 2030, dont le Buthan et le Costa Rica (voir ci après), qui font figure de modèle puisque l'un comme l'autre ont l'ambition d’être neutres en carbone d'ici à 2030. Ces initiatives sont exemplaires et doivent inciter les pays de l'OCDE (Annexe 1) à adopter une trajectoire claire sur les réduction de leurs émissions et sur les financements.

A la cop 22, les Etats membres du « Climate vulnerable forum », le CVF, qui réunit une quarantaine de pays du sud particulièrement vulnérables au changement climatique, se sont engagés à Marrakech, à mettre fin aux énergies fossiles et à atteindre 100% d’énergie renouvelable « le plus rapidement possible », soit au plus tard entre 2030 et 2050. Ces pays d’Afrique, Asie, des Caraïbes, d’Amérique latine et du Pacifique se sont également engagés à revoir « le plus vite possible avant 2020 » leur contribution nationale en matière de réduction d’émissions de gaz à effet de serre, prévue dans le cadre de l’accord de Paris. Ils vont en outre préparer des stratégies à long-terme, c’est à dire à l’horizon 2050, de développement bas carbone. Les pays les plus vulnérables (les PMA) ont convenu que « l’action climatique ne limite pas le développement, elle le renforce ». Tous les pays membres de ce « Climate vulnerable forum » se sont ainsi engagés à prendre des actions pour limiter le réchauffement mondial à maximum 1,5°C par rapport aux niveaux pré-industriels, comme le prévoit l’accord de Paris sur le climat Cop22 Climate vulnerable forum l'Obs 18 novembre 2016.

3- Le protocole de Kyoto profite aux Occidentaux, il faut un mode de calcul des émissions de GES plus équitable :

L'approche utilisée par le protocole de Kyoto pour calculer l'impact climatique d'un pays privilégie les émissions de CO2 de ce qui est produit dans le pays et ne retient pas les émissions de CO2 issues de la consommation. Ce mode de calcul profite surtout aux Occidentaux car ils importent de plus en plus ce qu’ils consomment. Selon le rapport du cabinet Utopies Les omissions de CO2 des pays occidentaux, si les pays occidentaux prenaient en compte les produits importés pour établir un vrai bilan carbone, la carte des pays pollueurs s'en trouverait totalement modifiée et pourrait transformer en profondeur l'équilibre des forces dans les négociations internationales. En se basant sur la consommation, le cabinet Utopies et Novethic le vrai bilan carbone des pays, (re)dessine trois catégories de pays :

- Les pays du Sud sont plutôt lésés par Kyoto : ce sont ceux qui ne consomment quasiment rien pour l’instant mais qui émettent beaucoup car ce sont des pays exportateurs comme le Cameroun (- 82 % par rapport à ce qu’il émet actuellement selon les calculs traditionnels), l’Algérie (- 86 %), l’Éthiopie (- 359 %), le Ghana (-185 %) ou encore le Qatar (- 76 %).

- Les pays occidentaux sont plutôt avantagés par Kyoto : peu émetteurs selon les chiffres officiels, mais en réalité très émissifs parce qu’ils importent beaucoup et produisent de moins en moins. C’est le cas de la France (+ 41 %), du Royaume-Uni (+ 43 %), du Japon (+ 38 %), de l’Allemagne (+ 28 %) et des petits pays qui importent beaucoup comme Monaco (+ 100 %) ou le Luxembourg (+ 62 %).

- Les grands pays émergents (par exemple les BRICS) ont un poids économique et démographique capable de peser sur la scène politique internationale. Ils exportent autant qu’ils consomment. Le calcul de Kyoto ne les avantage ni ne les désavantage. C’est le cas par exemple du Brésil (+3 %), de l’Inde (- 4 %), de l’Indonésie (- 3 %) ou encore du Vietnam (- 6 %). Les États-Unis, qui sont à la fois un gros producteur et un gros consommateur de GES, resterait parmi les plus gros émetteurs avec des émissions réelles en hausse de 16 %.

La Chine, le premier émetteur de gaz à effet de serre de la planète selon le mode de calcul basé sur la production, resterait le plus gros pollueur avec un mode de calcul basé sur la consommation, mais avec 13 % de GES en moins. En effet, une large part de ses émissions est encore due aux produits exportés pour notre consommation en Occident. Mais cette tendance est train de s’inverser du fait de la forte hausse de la consommation intérieure chinoise. La Chine faisait récemment partie du dernier groupe mais est en train de rejoindre le deuxième. Ce qui est sûr c’est que pendant longtemps les Chinois ont été pointés du doigt alors qu’à l’époque ils n’étaient pas les principaux responsables. Les consultants d'Utopies pensent donc qu'avec l'adoption d'un mode de calcul basé sur la consommation, il aurait été possible d'emmener la Chine plus tôt dans les négociations internationales sur le climat.

4- L’enjeu du financement pour l'adaptation est essentiel car ce sont les pays les plus pauvres qui sont les plus exposés aux chocs climatiques et les plus vulnérables : il faut des politiques de développement solidaire et durable

Condition avancée par les pays en développement et les pays les plus pauvres : tenir la promesse formulée dès 1992 de fournir une aide financière et technologique. Promesse concrétisée à Copenhague en 2009 de mobiliser 100 milliards de dollars d’ici à 2020. Ce volet financier est et sera donc l'élément déterminant des négociations entre pays industrialisés et pays en développement, dont certains sont très vulnérables (LDC) et les premières victimes du dérèglement climatique. Soit, il faut arriver à débloquer les 100 milliards de dollars par an comme cela a été promis à Copenhague. Tout en sachant que cette somme est loin de ce qu’il faudrait mettre sur la table pour éviter l’emballement climatique. Les coûts de l’adaptation pourraient atteindre, à l’échelle mondiale, 150 milliards de dollars par an d’ici à 2030 et 500 milliards de dollars annuels d’ici à 2050, si rien n’est fait pour infléchir la tendance (ceux de l’Afrique, le continent le plus touché et le plus vulnérable, «pourraient s’élever à 50 milliards de dollars par an d’ici à 2050», selon le Programme des Nations unies pour le développement). Dans un rapport rendu public lundi 23 mai 2016, le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) rappelle que l’adaptation reste une équation financière difficile à résoudre. D’un côté, les coûts de l’adaptation au réchauffement devraient être 2 à 3 fois plus élevés à partir de 2030, et potentiellement 4 à 5 fois plus élevés à partir de 2050, que les montants globaux actuels. Climat l'adaptation point de crispation des négociations Le Monde 26 mai 2016. Sur ce dossier sensible le LMDC (Like Minded Developing Countries), littéralement «Les pays en développement qui pensent pareil» est une coalition spontanée de 24 pays qui s’est créée lors d’une session de Bonn en mai 2012. Elle rassemble les pays pour qui le changement climatique est un obstacle au développement. Ce sont pour l'essentiel des pays producteurs de pétrole, gaz, charbon. L’Algérie, l’Argentine, la Chine, la Bolivie, Cuba, l’Egypte, l’Inde, l’Irak, entre autres, font partie de ce groupe qui représente plus de la moitié de la population mondiale. Ils demandent la contribution financière des pays développés et des transferts de technologie. Pas de chef officiel pour l'instant, mais c’est la Malaisie qui en est porte-parole.

Les financements en atténuation sont également difficiles à mettre en œuvre pour les pays les plus pauvres, qui ne dégagent que peu de gaz à effet de serre, mais qui veulent développer leur économie avec les ressources charbon dont ils disposent. Plusieurs pays se fixent comme objectifs d’augmenter le volume de leur stock forestier pour absorber le dioxyde de carbone et compenser les émissions dues au charbon. Ils comptent sur le soutien du programme ONU-REDD et du prochain volet REDD+ pour mettre en place une politique nationale de réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts.

Pour les pays en développement, faire face aux changements climatiques est urgent pour limiter la pression sur l’agriculture, la raréfaction de l’eau, les crises sanitaires, etc. Sans mesures immédiates en faveur du climat, plus de 100 millions de personnes supplémentaires pourraient tomber sous le seuil de pauvreté en 2030, selon le rapport "Shock waves : managing the impacts of climate change on poverty publié par la Banque mondiale en novembre 2015, après une enquête réalisée dans 93 pays en développement. Les populations pauvres vivent dans des régions et dans des logements précaires, très souvent sur des territoires vulnérables. Ces populations dépendent le plus souvent de revenus issus de l'agriculture et consacrent la quasi totalité de leur budget à l'alimentation. Elles n'ont pas de quoi surmonter des mauvaises récoltes, des sécheresses, des événements climatiques extrêmes, des changements de prix des denrées alimentaires, des maladies et épidémies. L'urgence est d'agir aujourd'hui pour associer protection sociale, aide au développement et lutte contre le changement climatique. Car les effets sur ces populations pauvres après 2030 seront beaucoup plus importants.

Il faudra donc que ces financements répondent clairement aux besoins des pays les plus pauvres et qu'ils se réalisent, pour partie sous forme de dons plutôt que sous forme de prêt. Or la répartition entre la part dédiée à l’adaptation et celle dédiée à l'atténuation est une vraie pomme de discorde entre les pays du Nord et du Sud. Les banques de développement, le FMI et la banque mondiale et tous les investisseurs et les acteurs financiers ont un rôle à jouer, de même que les États pour débloquer de l'argent public. L'OCDE a rendu dernièrement son rapport et a estimé à 62 milliards de dollars les financements climats publics et privés en 2014. Il manque donc environ 40 Mds. 16% seulement vont à l'adaptation (le reste va à l'atténuation) et l'essentiel de l'aide bénéficie aux grands pays émergents plutôt qu'aux pays les plus pauvres. Les 100 milliards sont absolument nécessaires, ils ne couvriront pas la moitié des besoins en investissements et devront s'accompagner de financement Sud-Sud (la Chine s'engage dans ce sens) et d'actions privées. La part des aides publiques devra privilégier l'adaptation des plus pauvres pour lesquels il est difficile de trouver des investisseurs privés. Les contributions financières devront être réévaluées régulièrement La réunion de Lima du 9 octobre sur les Financements climat et le rapport de l'OCDE et du Climate Policy initiative.

5- Les subventions aux énergies fossiles profitent aux pays occidentaux: il faut appuyer les transitions énergétiques des pays en développement

Le thème de la réduction des subventions aux énergies fossiles est très importante. C'est un levier important pour inciter les États à réduire la part des énergies fossiles et à investir dans les énergies renouvelables. C'est aussi un point de tension entre les grands lobbies pétroliers et gaziers, les gouvernements des États et la mondialisation de la finance. L’AIE (Agence internationale pour l’Énergie) et le FMI estiment qu’en 2013 les subventions publiques des États aux fossiles représentaient dans le monde plus de 500 milliards de dollars (notamment parce que le transport aérien ne paye ni TVA ni taxe sur le kérosène) alors que la promesse du Fonds vert faite en 2009 de rassembler 100 milliards par an pour aider les pays du Sud, qui sont les plus touchés par le réchauffement, n'a pas été honorée. La réduction, voire l’arrêt de ces subventions favoriserait l’efficacité énergétique et permettrait de financer les investissements nécessaires au développement des énergies décarbonées pour aller vers une économie verte.L'étude Under the Rug : Les milliards de dollars cachés des gouvernements et des institutions internationales de soutien à l’industrie du charbon. Cette étude réalisée par WWF et Oilchange indique que les émissions de gaz à effet de serre générées par ces projets charbon s’élèvent à près d’un demi-milliard de tonnes de CO2 par an, soit l’équivalent des émissions de l’Italie. L’idée selon laquelle le financement à l’export du charbon participe à la lutte contre la pauvreté est un mythe. En effet, le rapport souligne que ces financements ne bénéficient à aucun pays à faible revenu, là où les besoins d’accès à l’énergie sont les plus grands. Au contraire, un quart est dirigé vers les pays à haut revenu qui n’ont pas de problème d’accès à l’énergie. Infographie téléchargeable. Timides premiers pas pour l'aide financière dans Libé du 8 octobre 2015. Plusieurs pays de ce groupe se sont engagés dans ce sens : Koweït, Iran, Chine, Indonésie, etc. Et de nombreux pays en développement appellent la communauté internationale pour aider à une transition énergétique à l'échelle de la planète L'appel du Sénégal sur Mediaterre. Les chercheurs G.Jones et K Warner ont récemment calculé que pour rester en deçà de +2°C en 2100, il faut que la part des renouvelables dans le "mix" énergétique mondial passe à 50% dès 2028 (il s'élève à 8% en 2015)Energie et climat Passeur de science Le Monde du 31 mars 2016.

 

Les pays les moins avancés (PMA) et les petits États vulnérables (AOSIS)

http://unctad.org/fr/PublicationsLibrary/ldc2016overview_fr.pdf établi par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced). 49 pays (ils sont 48 aujourd'hui) sont classés par la Convention des Nations Unies comme étant les plus pauvres (Least developped countries ou LDC, PMA en français) et bénéficient d'une considération spéciale du fait de leur extrême vulnérabilité et de leurs faibles capacités à répondre aux changements climatiques. Très peu émetteurs de GES, ils veulent adopter un autre modèle de développement que celui, très polluant, des pays industrialisés, et annoncent des engagements bien supérieurs à leur responsabilité. Les PMA prennent plus de place dans les négociations de la Convention. Somalie, Bangladesh, Yémen, Cambodge, Népal…, mettent en avant le besoin de recevoir des financements pour s’adapter et de faire accepter un objectif à long terme vraiment ambitieux à Paris. La présidence en 2015 est assurée par l’Angola. Les autres Parties sont donc appelées à tenir compte de la situation des PMA notamment lors des négociations sur le financement du Fonds vert et de l'aide au développement et au transfert de technologies. Les PMA font entendre leurs voix pour faire adopter des mesures immédiates de réduction des émissions de GES conjuguées à des politiques de développement solidaire et durable et rappellent aux États riches le caractère indissociable de la lutte contre le réchauffement climatique et du combat contre la pauvreté. Ils font valoir que les politiques climatiques peuvent en soi constituer un levier de ressources pour financer les programmes de protection sociale ou de développement. « Une taxe carbone, même modeste, à 10 dollars la tonne, permettrait d’intensifier considérablement, de 50 %, la protection sociale. Ou de financer d’autres investissements (comme l’accès à l’eau, à l’assainissement ou à l’énergie moderne) qui profitent aux gens pauvres », selon la Banque mondiale.

Parmi ces pays vulnérables l’Alliance des petits Etats insulaires (AOSIS en anglais), fondée en 1990, est une coalition de 43 pays à faible élévation côtière et de petites îles (1% de la population mondiale), particulièrement vulnérables à la montée du niveau de la mer. C’est l’ensemble des pays en première ligne face aux effets du changement climatique : Maldives, Haïti, Kiribati, Tuvalu… Cette alliance se fait entendre depuis Copenhague et pousse pour les positions les plus radicales dans les négociations climat : pour un accord contraignant, pour la mise en place d’un fonds d’indemnisation des dégâts liés au réchauffement climatique, d'un fonds d'urgence pour la protection sociale des plus démunis, en faveur d’un objectif de long terme ambitieux, visant le 1,5°C d’augmentation des températures par rapport à l’ère préindustrielle comme seuil maximal à ne pas dépasser, et non les 2°C sur lesquels devrait se baser l’accord de Paris. La présidence en 2015 est assurée par les Maldives.

  • Madagascar : La république s’est fixé l’objectif d’une réduction de 14% d’ici 2030 et mise sur la reforestation du pays, pourtant menacée. La Grande île compte sur le support de la communauté internationale pour atteindre cet objectif car elle est menacée à la fois par des tempêtes au Nord et par une grande sécheresse au Sud.Le plan d'action climat de Madagascar et Plan d'adaptation et d'atténuation de Madagascar lié à la reforestation.

  • Les Comores : ont annoncé l’un des plans mondiaux les plus ambitieux. Ce petit État insulaire particulièrement vulnérable au changement climatique propose de réduire de 84% des émissions d’ici à 2030. Un plan que l’archipel ne pourra pas financer seul : Moroni le chiffre à 675 millions de dollars et demande un minimum de 608 millions de dollars d’aide internationale pour y parvenir.

  • La Mauritanie: la république islamique s'engage à une réduction de 22,3% d’ici 2030 conditionnée à une aide internationale au développement et à la lutte contre la pauvreté des populations vulnérables, victimes de sécheresses et de catastrophes récurrentes. En effet, le pays appartient à la zone du Sahel la plus touchée par la désertification et l'effet du climat, conjugué à l'action de l'homme, entraîne la dégradation de l'ensemble des conditions socio-économiques du pays.La contribution de la Mauritanie en français sur CCNUCC.

  • Les Iles Marshall: petite république insulaire du Pacifique, les îles Marshall veulent montrer au monde entier que leur survie et celle des petits États insulaires sont en jeu dans la lutte contre le réchauffement climatique. En cela, elles agissent à deux niveaux : 1) le politique en multipliant les déclarations offensives de Tony De Brum, le ministre des affaires étrangères de l'archipel, avec une présence diplomatique remarquée à Paris et aux intercessions en amont de la Cop21 et un appui ferme donné à l'Alliance des États insulaires AOSIS qui insiste pour ramener la "ligne de défense" des négociations à 1,5°C en lieu et place des 2°C actuels, jugés insuffisants pour sauvegarder les nombreux états insulaires de la montée du niveau des océans; 2) l'action en réalisant une transition énergétique totale. Les îles Marshalls s'engagent ainsi à baisser leurs émissions de GES de 54% d'ici à 2030 par rapport à 2010, pour atteindre une neutralité carbone avec 100% de renouvelables en 2050. Leur contribution et leur déclaration lors de la Cop21 à Paris ont été hautement stratégiques selon les analystes Novethic. Le message de Tony De Brum est simple : "Si l’un des pays les plus petits, les plus pauvres et les plus isolés géographiquement peut le faire, alors vous le pouvez aussi". En s'adressant ainsi directement aux grands émetteurs mondiaux, c'est David contre Goliath! Les îles Marshalls interpellent la responsabilité des pays riches dont les contributions en matière de réduction des émissions de GES sont bien trop timides au regard des exigences climatiques (voir le 5ème rapport du GIEC, le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat). Les îles Marshall exercent également une forme de leadership en parlant au nom de l'ensemble de ces îles menacées de disparition par la montée du niveau des mers et des océans si le réchauffement global dépasse le seuil de 1,5°C. Ce petit archipel de 71000 habitants est très mobilisé pour lutter contre les chocs climatiques car ses petites îles sont très vulnérables. Depuis une dizaine d'années, des mesures parmi les plus vigoureuses du monde en matière d'énergies renouvelables et d'efficacité énergétique sont mises en place. L’État renforce progressivement sa production d'électricité à partir du solaire, de l'éolien et des cultures d'agrocarburants et lance un projet d'énergie thermique marine. Des objectif en droite ligne avec le dernier rapport du GIEC , qui recommande une réduction de 80 à 90 % des émissions d’ici au milieu du siècle, pour contenir le réchauffement à + 1,5°C au maximum.

  • Les Philippines : ont déposé leur INDC le 1er octobre 2015 avec une intention de réduire leurs émissions de 70% à l'horizon 2030 sous conditions financières, d'aide au développement et de transfert de technologie. Les analystes considèrent ces promesses comme insuffisantes et peu claires en particulier à cause du comptage des forêts (LULUCF) dans les calculs INDC et du maintien de la production d'électricité basée sur le charbon et le forage. A noter que les communautés des Philippines se mobilisent pour le climat et font pression sur le gouvernement qui aujourd'hui se dit prêt à opter pour l’énergie renouvelable (un projet de méga centrale de charbon à Negros a été arrêté in extremis en aout 2015). Un autre point positif à noter est la volonté du pays à mobiliser leur programme "4P" de subvention aux plus pauvres (mis en place à la suite du passage du typhon Yolanda en 2013) pour financer des programmes de développement, notamment agricole, et de protection sociale. l'analyse de la contribution par CAT

"Les atolls, des territoires menacés par le changement climatique global ? L’exemple de Kiribati (Pacifique Sud)" Géoconfluences, Avril 2015

Climat : la bataille du Pacifique Libération , 25 septembre 2015

Les déplacements causés par les désastres liés aux aléas naturels dans le monde Géoconfluences, Septembre 2014

Risques et aléas climatiques : vulnérabilités, adaptations, 22 novembre 2013

Les cartes et simulations de la montée des océans par Nasa

 

Plan d'action de quelques pays

Toutes les contributions officielles résumées en français sur le site CCNUCC et Les contributions en résumé sur maCOP21

Les pays du G20 qui sont en développement ont rendu des contributions très inégales, ambitieuses pour le Brésil, ou très décevantes pour l'Argentine ou l'Afrique du Sud.

L'Afrique est un des continents de l'avenir. S'il représente encore une petite part des émissions GES mondiales (7%), son poids démographique devrait faire de lui un acteur non négligeable dans le réchauffement climatique. Une coalition importante, Le Groupe Afrique rassemble 54 pays du continent africain. C’est l’un des rares groupes régionaux fonctionnant vraiment comme une coalition, avec une présidence, des porte-paroles, et poussant des sujets bien identifiés comme l’adaptation, le transfert de capacités ou le financement. Les pays du groupe sont assez hétérogènes, et le Groupe Afrique doit parfois faire le grand écart entre les PMA d’un côté, et les pays pétroliers ou charbonniers de l’autre. Cependant, la grande majorité des contributions placent l'Afrique sur une trajectoire de développement conforme avec l’objectif de contenir l’élévation de la température moyenne du globe en deçà de +2°C par rapport à l’ère pré-industrielle. Les pays africains prennent donc leurs responsabilités face au dérèglement climatique et investissent dans la transition énergétique pour s'affranchir progressivement de la dépendance aux énergies fossiles tout en réduisant la pauvreté. Mais un tel développement bas carbone, appuyé sur les énergies renouvelables, suppose qu’une importante aide internationale, sous la forme de soutiens financiers et technologiques, lui soit apportée. L'Afrique attend des pays riches le même sérieux dans leurs engagements. En particulier, ces derniers doivent réorienter leurs investissements et leur économie des énergies fossiles vers les énergies renouvelables et les économies d’énergie, et soutenir le développement de communautés résilientes et faiblement émettrices de gaz à effet de serre dans la plupart des pays d’Afrique et dans les autres pays vulnérables.

  • Le Gabon (dépôt le 1er avril 2015) : Premier pays africain à faire son annonce, le Gabon s’engage à réduire d’au moins 50% ses émissions de gaz à effet de serre pour 2025 par rapport à un scénario de référence illustrant un développement « non maitrisé » (pas de réduction en valeur absolue). Cette contribution prévoit également la possibilité de définir d’ici la COP21 des objectifs additionnels pour 2030, voire 2050. Cette perspective de long terme est importante pour ce pays en développement et en croissance démographique afin qu'il amorce une transition vers une économie sobre en carbone. Mais il existe de fortes incertitudes sur la lutte contre la déforestation, responsable de 92% des émissions à venir dans le pays. Le Gabon, recouvert à 88 % par la forêt, n'a pas inclus la forêt (puits de carbone) dans le périmètre de réduction de ses émissions. La contribution est en partie conditionnelle à l'aide financière pour engager une maîtrise des émissions de GES dans le cadre de son développement 2025 et 2030. L'essentiel de la contribution du Gabon par maCOP21

  • La Tunisie: (dépot le 16 septembre 2015) annonce le plus ambitieux projet de réduction des émissions de GES du Maghreb pour atteindre - 41% d'ici à 2030. Pour y parvenir, la Tunisie veut porter ses efforts sur le secteur de l’énergie qui représente 75% des réductions des émissions. Comme la plupart des États du continent africain, le pays aura besoin d’un financement extérieur, chiffré à 18 milliards de dollars. COP21: La Tunisie dévoile ses plans

  • Le Maroc:(dépôt le 3 juin 2015), pays hôte de la COP22, formule un objectif national de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre de 13 % en 2030, par rapport à la tendance actuelle. Salué par les experts, cet objectif pourrait s’élever jusqu’à 32% sous réserve d’un appui financier international, via notamment le Fonds vert pour le climat, avec une promesse d'aller sur une production d'électricité à 50% issue des énergies renouvelables d'ici à 2025. Le Maroc est ainsi le 38e pays à présenter sa contribution, qui est aussi la première d’un pays membre du groupe de négociation réunissant les pays arabes et la deuxième d’un pays africain, après celle du Gabon.COP21: Quelle contribution pour le Maroc

  • Le Ghana: s’est engagé à réduire de 15% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030. Mais Accra précise qu’en cas d’aide extérieure, ce pourcentage pourrait s’élever à 45%.Plan d'action du Ghana même s'il n'est pas dans la liste des pays recensés par C-Roads le Ghana compte!

  • L'Ethiopie (dépôt le 11 juin 2015): Cette troisième contribution d’un pays africain et première d’un membre du groupe des pays les moins avancés a été saluée. Sous réserve de financement approprié, cette contribution fixe un objectif très ambitieux de limiter les émissions nettes de gaz à effet de serre de l’Ethiopie à 145 millions de tonnes équivalent CO2 ou à un niveau inférieur d’ici 2030, soit une réduction des émissions de 64 % par rapport à l’évolution prévue en cas de politique inchangée. Cet objectif s’inscrit dans la volonté de l’Éthiopie de devenir une économie neutre en carbone à long terme avec une impulsion forte vers les énergies renouvelables depuis 2011. Elle est accompagnée de mesures d’adaptation visant à réduire la vulnérabilité de la population et de l’économie éthiopienne (efforts sur les secteurs les plus polluants, comme l’élevage, responsable de 42% des émissions). Mais l’Éthiopie a d’ores et déjà annoncé qu’elle ne pourrait atteindre cet objectif seule. Addis-Abeba a chiffré le coût de son projet à 150 milliards de dollars d’ici à 2030, un montant que le pays ne pourra pas mettre sur la table sans aide extérieure. Notons que l'Ethiopie a accueilli le 23 Janvier 2015 à Addis-Abeba le ClimDev-Africa: le Programme Climat pour le Développement en Afrique. Cette réunion d' experts avait pour objectifs de rappeler le parcours de l’Afrique dans les négociations sur le changement climatique et d’affûter les stratégies et les attentes du continent affricain pour la COP21.L'Ethiopie montre l'exemple Le Monde du 12 juin 2015

  • La Gambie : Petit pays responsable seulement de 0,01% des émissions de GES a fait de sa contribution un devoir moral en s'engageant à une réduction d’émission de 45% d'ici à 2030.

  • La République démocratique du Congo : s'engage à réduire des émissions de GES de 17% d'ici à 2030.

  • Le Kenya: s'engage à réduire ses émissions de GES de 30% d'ici à 2030. Un engagement pris au regard de la vulnérabilité climatique du pays dans ses secteurs économiques que sont l’agriculture, l’énergie et le tourisme et de sa très faible émission par habitant (1 teCO2/habitant très faible comparé à 8 teCO2/habitant pour un européen ou 29 teCO2/habitant pour l'Australie). Nairobi conditionne son plan par un soutien international financier et technologique de 40 milliards de dollars. Le Kenya a également annoncé, dans sa contribution nationale, un plan d’action sur l’adaptation aux impacts des changements climatiques, dans différents secteurs et domaines (réforme des politiques publiques, infrastructure, formation et éducation, réforme foncière, gestion de l’eau et irrigation, urbanisation, agriculture, tourisme, genre, industries extractives, décentralisation, etc.). Au Kenya, les impacts des dérèglements climatiques se font déjà sentir. Il font peser des coûts importants sur l’économie, le niveau de vie, les récoltes, la ressource en eau et les écosystème. Les scientifiques s’accordent à dire que ces impacts devraient s’accroître à l’avenir, avec notamment une augmentation de la fréquence et de l’intensité des sécheresses. Contribution du KenyaL'essentiel de la contribution du Kenya sur maCOP21

  • Le Bénin : s'engage à réduire à -120 Mte CO2 d'ici à 2030.

  • L'Algérie: s'engage à réduire de 7 à 22% d'ici à 2030.

  • La Guinée équatoriale s’engage à réduire ses émissions de 20% d’ici à 2030 avec des mesures encore floues, tant le pays manque de dispositifs scientifiques pour évaluer le changement climatique, explique Malabo.

  • L'Afrique du Sud: représente 1% des émissions mondiales de GES soit environ 6 teCO2/habitant. Le gouvernement sud africain a déposé, puis retiré, puis modifié sa contribution dont les engagements sont difficiles à analyser. Ces derniers iraient vers un pic d'émissions en 2020 ou 2025 (située entre 398 et 614 millions de teCO2, ce qui correspond à une augmentation de 20 à 80% des émissions entre 2025 et 2030 par rapport à 1990)avec une réduction modérée à partir de 2030 (située entre 7 et 10 teqCO2/hab), qui n'est pas compatible avec l'objectif +2°C. L'essentiel de la contribution de l'Afrique du Sud sur maCOP21 La proposition de l'Afrique du Sud est jugée inadéquate par CAT

L'Amérique du Sud, l'Amérique centrale, la zone Caraïbe et l'Asie (hors G20) Ont pris de nombreux engagements conditionnés à l'aide internationale qui leur permettrait de sortir de la pauvreté et d'engager une transition énergétique durable. Deux grandes coalitions sont présentes dans les négociations : le groupe ALBA et le groupe AILAC. L’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA) qui se veut une alternative à la zone de libre-échange des Amériques soutenue par les Etats-Unis est d’abord une organisation politique et économique, devenue en 2010 également une coalition de négociation sur le climat entre 11 pays d’Amérique latine et des Caraïbes – Cuba, le Venezuela, la Bolivie, le Nicaragua, la Dominique… L’ALBA adopte des positions radicales, comme la création d’un tribunal international pour la justice climatique et défend " l’intégrité de la Terre-Mère". L’Association indépendante d’Amérique latine et des Caraïbes (AILAC) est née suite à la COP de Doha en 2012, et réunit 7 pays – Chili, Colombie, Costa Rica, Guatemala, Panama, Paraguay et Pérou. Ce groupe se pose de plus en plus comme une troisième voix dans les négociations, pour sortir de la division Nord/Sud. Sur le financement, par exemple, ils ne mettent pas la participation des pays développés comme préalable absolu (la position du G77). et s'engagent via leurs contributions nationales, à adopter des mesures exemplaires, comme le Costa Rica.

  • Le Brésil : Septième puissance économique de la planète, le Brésil n'est plus un pays rural et son profil d'émission de GES change. Pendant des décennies, les émissions du Brésil présentaient l'originalité d’être composées pour les deux tiers par les changements d'affectation des sols, liés à la déforestation et l'agriculture (pour construire de grands barrages et des plantations de canne à sucre), ce qui faisait augmenter les émissions de CO2. 80% de sa production électrique provient encore d’énergie hydraulique et des agrocarburants réalisés à partir de l’alcool de canne. Mais la bataille contre la déforestation illégale et l'élevage extensif s'engage en même temps que le pays s'urbanise et le profil énergétique du pays se calque progressivement sur les pays développés avec une augmentation de la consommation d'énergie,des transports et du bâtiment. Avec 85% de la population concentrée dans les villes, les besoins en énergie du Brésil augmentent : en moyenne + 5% par an depuis 2010, soit 35% d’émissions en plus depuis 2005. L’ennemi climatique du Brésil, ce n’est plus donc plus la seule déforestation mais l’énergie, comme dans les pays du Nord ! Aujourd'hui le Brésil est le huitième consommateur d'énergie du monde, il émet 3,8% des émissions GES mondiales et 9,2 teCO2/habitant. Pour la Cop21, le Brésil s’engage à réduire progressivement ses émissions de gaz à effet de serre de 37% ici à 2025, 43 % d'ici 2030. Soit une réduction de 6% par rapport à l’année 2005, lorsque le Brésil a commencé à comptabiliser ses émissions. A cette date, les Brésiliens émettaient 2 milliards de tonnes (équivalent C02). En 2013, ils ont émis 1,5 milliards de tonnes de CO2, et si rien ne change, en 2025, ils émettront 1,3 milliard et 1,2 milliards en 2030, date à laquelle le Brésil prévoit une stabilisation. Même s'ils sont encore trop modestes, ces chiffres sont intéressants car le Brésil est un des rares pays à s'engager sur une année de référence (2005) et sa contribution a donc été saluée par les experts. Comme en Europe, aux États Unis et en Chine, le Brésil met l’accélérateur sur les énergies renouvelables non hydrauliques. Au cours des cinq dernières années, l’éolien brésilien a augmenté de 40% par an. Et le pays annonce un triplement de la part des énergies renouvelables d'ici à 2030, ainsi qu'une restauration des sols de 12 millions d’hectares et la fin de la déforestation illégale, ce qui devrait lui permettre de réduire ses émissions de 43-45% par rapport à 2005. Pour réaliser ces promesses, le Brésil fait entendre sa voix et la voix des pays d'Amérique latine pour que les pays riches financent les 100 milliards d'aide annuelle du Fonds vert censés permettre l'adaptation des pays en développement. Mais l’État souffre de la corruption et du crime organisé responsables de la déforestation, du défrichage pour la culture et l'élevage et la construction illégale de routes et de villes en Amazonie (29 000 km2 ont été déboisés en 1998, 27 000 en 2004, 15 000 en 2006, 10 000 en 2010, 4 500 en 2013. Juste avant la Cop21, le pays a connu le plus grave accident environnemental de son histoire avec 50 millions de tonnes de résidus de minerai de fer qui ont englouti une vallée dans le bassin du Rio Doce après la rupture de deux barrages appartenant à des compagnies minières Samarco et des multinationales. Les boues toxiques se sont déversées dans ce grand fleuve, tuant la faune et la flore sur plus de 800 km, jusqu'à l'océan atlantique. Le gouvernement fédéral a été mis en cause pour sa mauvaise gestion des risques et des catastrophes et pour sa connivence avec les lobbys industriels qui financent les campagnes électorales des politiques Tragédie écologique Autres Brésils du 3 décembre 2015. « L’action irresponsable d’une société a récemment provoqué la plus grande catastrophe écologique de l’histoire du Brésil », a déclaré la présidente Dilma Roussef à la tribune de la COP21, au Bourget, le 30 novembre. « Nous travaillons à une réduction des risques de catastrophe, nous agissons en soutien des personnes touchées, nous œuvrons pour la prévention de nouvelles occurrences et aussi pour punir sévèrement les responsables de cette tragédie. » La communauté internationale (et les ONG comme la Fondation Nicolas Hulot) attendent donc beaucoup de ces évolutions et de ces promesses, déjà faites à plusieurs reprises par le gouvernent brésilien, mais non tenues jusqu'à présent, pour qu'elles se vérifient par des mesures concrètes. L'avenir le dira mais il semble assombri par la crise politique profonde que traverse actuellement le Brésil. Des risques géopolitiques planent sur le pays avec la procédure de destitution engagée contre la présidente Dilma Rousseff auxquels s'ajoute une situation économique précaire (due à la perte de croissance de la Chine qui entraîne dans sa chute d’autres émergents, comme le Brésil, qui devrait connaître une récession de 3,6 % en 2016), une crise morale sans précédent et des problèmes sanitaires nouveaux (épidémie du virus Zika). l'essentiel de la contribution du Brésil sur maCOP21 Analyse de la contribution du Brésil par Connaissances des énergies, Analyse du Brésil par CATUn espoir se profile à l'horizon du siècle, selon l’Institut National d’Études Spatiales (INPE) qui surveille la déforestation par satellite et qui a observé que d’août 2013 à juillet 2014, le déboisement aurait reculé de 15%.

  • L'Argentine : représente 0,85% des émissions mondiales de GES avec un rapport de 9,9 teCO2/habitant. Sa contribution indique une baisse de 15% par rapport au scénario BAU (Business as usual) ce qui revient à une augmentation des émissions actuelles. Le gouvernement argentin conditionne un effort supplémentaire -30% à l'aide financière internationale. L'Argentine ne se trouve donc pas dans une trajectoire -2°C. Analyse de la contribution de l'Argentine par CAT

  • La Bolivie : Le président Evo Morales a déclaré à la Cop21 Si nous continuons sur la voie tracée par le capitalisme nous sommes condamnés à disparaître Le discours du président est accessible sur Mediaterre, il décrit le sommet comme historique et unique, a averti que cela implique la responsabilité de la vie et de la Terre-Mère, qui est dangereusement proche du crépuscule de son cycle de vie. Le système capitaliste a déclenché une force écrasante et destructrice au nom du marché, qui a laissé d'importantes conséquences pour la planète.

  • Le Costa Rica : s'engage à une économie neutre en carbone d'ici à 2021, et à une baisse de ses émissions de GES par rapport à 2012 d'ici à 2030. Son Plan climat est suffisamment ambitieux pour ne pas conditionner les promesses à des aides financières extérieures. Le plan prévoit en effet de limiter les GES à environ 9 millions de tonnes de C02 à l'horizon 2030, ce qui équivaut à une réduction absolue par rapport à 2012 (2,4 millions). Les experts saluent cette baisse absolue de la part d'un pays en développement. La note du Costa Rica par CAT.

  • Le Mexique: représente 1,5% des émissions mondiale soit 6,2 teCO2/habitant. Le pays s'engage à une diminution de 22-25% de GES en 2030 après un pic à 2026, et demande l'aide internationale sous la forme de transfert technologique pour rehausser son engagement à -40% sur le noir de charbon. Les ONG dénoncent un manque de clarté dans les engagements du Mexique. L'essentiel de la contribution du Mexique sur maCOP21 la note du Mexique par CAT

  • Le Buthan: confirme depuis 2009 son bilan carbone neutre et fait figure, avec le Costa Rica, de modèle à suivre pour la communauté internationale.

  • L'Indonésie: représente 4,2% des émissions mondiales de GES, avec une répartition de 8 teCO2/habitant, qui la positionne comme le 6ème plus gros émetteur de la planète devant le Japon, le Brésil ou la Chine. Ce pays connait une forte croissance associée à une très forte hausse de sa population (+19% d'ici à 2030). Ces deux éléments font de l'Indonésie un acteur majeur de la négociation sur le climat. Mais le pays connait un taux de pauvreté très important avec une population très précaire qui vit sur des territoires vulnérables, les plus affectés par les chocs climatiques. En Indonésie, les populations défavorisées ont un risque 30 % plus élevé d’être touchées par une inondation, et un risque 50 % plus élevé de subir une sécheresse. Non seulement les plus pauvres sont les plus exposés mais ils perdent beaucoup plus quand ils sont frappés par ces fléaux, selon le rapport 2015 de la Banque mondiale. Car leur patrimoine, qui n’est pas placé sur un compte bancaire mais se résume souvent à du bétail ou à leur logement, est beaucoup plus vulnérable et peut être complètement détruit lors d’un choc. Pourtant la proposition INDC ne fait que reprendre les engagements précédents énoncés en 2009 de réduire de 26% les émissions de GES en 2020 par rapport à l'évolution actuelle de laisser faire (Business as usual) et à conditionner un effort supplémentaire à -41% en cas de soutien financier international. L'Indonésie ne donne pas d'engagement détaillé sur la déforestation et la dégradation des sols qui représentent aujourd'hui les deux tiers de ses émissions. Mais son plan énergie va dans le sens d'une transition énergétique avec un retrait progressif du charbon qui représentent 68% de la production énergétique et une mise sur les énergies renouvelables à hauteur de 23% de son mix en 2025. L'essentiel de la contribution de l'Indonésie sur maCOP21 L'analyse de l'Indonésie par CAT Analyse par Novethic

 

Les pays du Moyen-Orient et les pays producteurs de pétrole (en cours d'actualisation)

Le Proche et le Moyen Orient sont pour le moment (fin Octobre 2015) les grands absents des négociations internationales et n'ont pas envoyé de contribution. Cette région possède pourtant les plus grandes réserves en hydrocarbures de la planète et a un rôle à jouer pour limiter le réchauffement. Ces pays ne manifestent pas non plus de volonté à investir dans les fonds internationaux climat. 21 pays forment Le Groupe arabe– l’Arabie Saoudite, l’Irak, le Koweït, le Qatar… – dont l’économie dépend largement du secteur de l’énergie fossile, surtout pétrolier. Éléments bloquants clairement identifiés lors des intercessions de la Cop, ses membres insistent régulièrement sur le besoin de prendre en compte, dans les négociations, les effets négatifs des actions de lutte contre le changement climatique sur leur économie. Voire demandent aux pays développés une compensation financière. Le Groupe arabe peut s’associer au G77 + Chine ou au LMDC, avec qui il partage de nombreux membres. Il n’y a pas de chef officiel, mais l’Arabie Saoudite est l’interlocuteur traditionnel.

Le groupe arabe est responsable de la baisse actuelle du prix du pétrole. L’absence de message clair de l’OPEP conduit également à une pression à la baisse des prix. Les investissements diminuent fortement, du fait des conflits politiques dans le monde arabe et dans les pays producteurs, ce qui déstabilise la production . Pour 2015, le prix qui devait se tenir dans une fourchette de 50 à 70 $/b a plongé. Et la situation géopolitique au Moyen-Orient est très inquiétante. La demande mondiale de gaz est impactée par ce contexte, à l’exception notable des États-Unis. Cela se traduit par une tension à la baisse des prix. Au début 2016, le baril s'échange à 27 dollars et passe en dessous du point bas de 2008, quelques mois après l’explosion de la bulle financière des subprimes aux États-Unis. La faute aux monarchies pétrolières, Arabie Saoudite en tête, dont les robinets restent grands ouverts, histoire de mettre hors jeux les accords d'ouverture du marché avec l'Iran, les puits de pétrole de schiste aux États-Unis et les sables bitumineux au Canada. Une guerre des prix dont les dommages collatéraux touchent directement les pays producteurs d’or noir (leurs budgets sont alimentés par les recettes des exportations de pétrole). Mais qui assèche aussi le reste du monde accro aux pétrodollars. Un manque à gagner pour l’économie mondiale (réelle) estimé à 2 400 milliards de dollars (2 100 milliards d’euros). La faute également à la Chine dont l'économie connait une brusque baisse de croissance et a moins besoin des carburants et des matières premières de la planète. Un véritable effet de ciseau entre une offre de plus en plus surabondante et une demande qui pique du nez. L'économie mondiale au bord du gouffre dans Libération 11 février 2016.

  • Israël

Israel’s action on climate change

Israel intends to achieve an economy-wide unconditional target of reducing its per capita greenhouse gas emissions to 7.7 tCO2e by 2030 which constitutes a reduction of 26% below the level in 2005 of 10.4 tCO2e per capita. An interim target of 8.8 tCO2e per capita is expected by 2025. The target also includes sector specific targets for 2030 :

17% reduction in electricity consumption relative to BAU scenario 17% of the electricity consumed will be from renewable sources 20% shift from private to public transportation relative to BAU scenario.

Curbing greenhouse gas emissions and increasing use of non-fossil fuels have clear environmental co-benefits, such as air pollution reduction resulting in lower environment-related illness and mortality rates. Energy efficiency increases commercial competitiveness, and Green Building can bring substantial savings to residents. Israel is currently in the final stages of drafting its National Adaptation Plan. Israel has a rich history of dealing with the challenges of being an arid and semi-arid country facing chronic water scarcity. As the effects of extreme weather events are felt globally and in EU countries, Israel wishes to share its knowledge and experience on adaptation, in particular via the Israel Climate Change Information Center set up by the Ministry of Environmental Protection. The necessary shift to low-carbon climate-resilient economies worldwide, presents great opportunities for Israeli technologies and know-how and this is another area in which Israeli – EU cooperation should be encouraged.

Réduction de -26 % par rapport à 2005 en 2030. CO2 NO2 HFCS PFCS SF6 lien vers la contribution du pays

  • Le Liban

Réduction de -15 à -30 % scénario à 30 ans CO2 CH4 NO2,lien vers la contribution du pays.

  • Pays producteurs de pétrole

La carte des pays producteurs

Article à lire pour comprendre comment le prix du baril devrait remonter à 80 $ soit 74 Euros à l'horizon 2020.

Proposition Arabie Saoudite

 

Dans la presse