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La vision

Production: ERTé ACCES-INRP (2002-2006), Rédaction: Françoise Jauzein, chargée d'étude INRP, Validation: François Vital-Durand,INSERM U371, Cerveau et Vision, 18 avenue du Doyen Jean Lépine, 69500 Bron, tel 33 (0)4 72 91 34 80, http://www.lyon.inserm.fr/371/indexGB.html, http://www.lyon.inserm.fr/371/

Qu'est-ce que voir?

La vision est, pour le primate, parmi les systèmes sensoriels, le plus utile et le plus important du point de vue fonctionnel. Chez ces derniers et l'homme en particulier, la vision a fini de remplacer l'olfaction comme instrument premier du rapport entre l'individu et son environnement. Le degré d'organisation des structures nerveuses impliquées dans la fonction visuelle humaine et la sophistication des mécanismes mis en jeu en témoignent fortement.

La perception visuelle c'est à dire la sensation consciente de voir, s'appuie sur un organe récepteur, l'oeil, dont les cellules de la rétine transmettent aux aires corticales les informations perçues. Ce fait n'a pas toujours été connu et nombreuses ont été les théories relatives à la vision depuis l'antiquité.

La perception visuelle s'appuie aussi sur une série de stratégies oculo-motrices dévelopées au cours de la vie du sujet, définissant puis réalisant les mouvements du regard nécessaires à l'analyse visuelle d'un objet, d'un mouvement ou d'une situation. Voir nécessite une action du sujet vers l'objet; "voir est un mouvement" affirme Alain Berthoz.

L'étude du système visuel est une tâche philosophique, affirme Semir Zéki, car elle impose de chercher comment le cerveau obtient une connaissance du monde extérieur. Et ce dernier, pour se forger cette représentation, ne dispose que des stimuli visuels, qui ne sont pas des éléments d'information stables. Ainsi les longeurs d'ondes réfléchies par les objets changent en fonction de l'éclairement et pourtant le cerveau leur associe toujours la même couleur, l'image rétinienne de la main d'une personne en mouvement change sans cesse et pourtant le cerveau reconnait toujours une main, l'image d'un objet varie avec la distance et pourtant le cerveau évalue la taille réelle de l'objet...

Le cerveau parvient aussi à extraire les caractéristiques invariables des objets d'un flot d'informations diverses qui proviennent de ces objets et changent perpétuellement. Ll'interprétation est indissociable de la sensation visuelle. Le cerveau ne se limite pas à l'analyse des images projetées sur la rétine, il construit activement une représentation du monde visuel. C'est alors que nous avons une PERCEPTION VISUELLE du monde.

Le développement de la perception visuelle

Voir n'est pas une aptitude isolée, il existe une forte interactivité entre le développement intellectuel de l'enfant et celui de ses explorations sensori-motrices. La perception visuelle, jointe aux autres modalités sensorielles, contribue à donner du sens, à conceptualiser ce qui est perçu.

Le développement de la fonction visuelle s'initie, à la naissance, à partir d'un pré-cablage, permettant ainsi au nouveau-né d'associer très précocement à ses premières perceptions visuelles, des affects agréables.

C'est à la fin du XIXème siècle que le psychiatre allemand Paul Emil Flechsig avait montré que certaines régions du cerveau (dont l'aire V1) étaient totalement développées à la naissance, alors que d'autres (entourant V1) continuaient de se développer, comme si leur maturation nécessaient une certaine expérience. Il avait conclu que l'aire V1 était "le lieu d'entrée des radiations visuelles dans l'organe de l'esprit" et que les régions alentours étaient les régions des fonctions psychiques supérieures en rapport avec la vue.

Ce minimum d'efficience visuelle innée est indispensable pour que le bébé, lors de conditions visuelles précises (comme la vue du visage de sa mère au moment de l'allaitement), puisse "prendre goût" au fait de regarder, et qu'ainsi, la prise du plaisir lors de l'acte de regarder le pousse à essayer de regarder encore et encore. Une fois l'appétence établie, le développement de la perception visuelle de l'enfant sera conditionnée par la maturation physiologique de l'appareil visuel, mais aussi par l'ensemble du développement sensori-moteur du bébé puis du jeune enfant.

Deux grands types de voies visuelles

La perception visuelle n'est pas une action univoque de l'oeil vers l'objet ou de l'image perçue vers les aires de traitement cérébral. Il s'agit d'un fonctionnement EN BOUCLE, où se combinent deux grands types de voies visuelles: les voies efférentes et les voies afférentes.

  • Les voies efférentes permettent à l'individu de mettre en oeuvre des stratégies de recherche visuelles adaptées à une situation donnée. Il s'agit de déplacements oculomoteurs (poursuites, fixation, exploration) mais aussi de mouvements de la tête ou du corps. Ces voies donnnent la possibilité "d'aller voir", de chercher l'information cible et de positionner le regard de façon que l'image se forme dans la zone de meilleure acuité visuelle (la fovéa). Elles sont qualifiées de practo-motrices.

  • Les voies afférentes permettent le décodage de l'information projetée sur la rétine. Les différentes caractéristiques des objets vont être transmises de la rétine au cortex (aire V1) sous la forme de messages nerveux parallèles et conservant la position dans l'espace des divers stimuli. Ces différentes caractéristiques vont être interprétées par d'autres aires corticales possédant chacune une fonction visuelle spécifique et communicant entre elles "pour" donner une représentation globlabe unique du monde visuel. C'est à ce moment que le sujet prend conscience de "voir". Ces voies sont qualifiées de sensori-gnosiques.

Ces deux voies ne sont pas indépendantes, elles sont reliées.

Les voies efférentes permettent d'aller voir, mais on regarde d'autant mieux que ce qu'on l'on cherche à voir a déjà été vu et traité par la voie afférente. D'un point de vue anatomique, le colliculus (centre sous-cortical siège de la transformation sensori-motrice dans le contrôle des mouvements oculaires) reçoit des afférences rétiniennes mais aussi de nombreuses afférences en provenance du cortex visuel; des informations en provenance des aires cognitives modulent les mouvements oculaires eux-mêmes (le colliculus est ainsi impliqué dans l'attention visuelle).

Ainsi des troubles de la voie efferente (comme une dyspraxie visuo-spatiale) vont provoquer des perturbations de la recherche d'informations visuelles mais aussi des difficultés graves de traitement des perceptions visuelles qui peuvent avoir des conséquences dans le développement cognitif de l'enfant. Réciproquement, une atteinte de la voie afférente, comme une agnosie d'objet, altérera les stratégies de recherche visuelle.

 

Bibliographie de cette page

Les voies visuelles centrales, chapitre 12, in Neurosciences, Purves, Augustine, Fitzpatrick, Katz, LaMantia, McNamara et Williams, de Boeck, 2ème édition française

L'étage de la transmission, chapitre II, in Exploration de la fonction visuelle, Risse

Les images visuelles, Samir Zeki, in Dossier Pour la science La couleur, Hors-série avril 2000

Mécanismes nerveux de la vision, chapitre IX in Bases neurologiques des comportements , Michel Habib, Masson, 1989

Les troubles neurovisuels, description et rééducation, Pierre Griffon, 2002 (http://membres.lycos.fr/pierreg/NeuroVtx.html)