Enseigner les Sciences de la nature

logo ensl   Logo du ministère de l'éducation
logo CIRI logo Immuniser Lyon
logo LBMC logo Musée Mérieux
Logo Inserm igfl igfl logo CREATIS
Logo du Museum national des histoires naturelles
Logo du musée de Confluences
logo geo 3d
Logo de Lyon 1 logo lgltpe 
Logo du Museum national des histoires naturelles
Logo du musée de Confluences
logo LBMC
logo LBMC
logos composé logo COP In My City logo Investissement d'avenirLogo du musée de Confluences
logo Météo France Logo du musée de Confluences
logo EVSlogo Grand Lyon
Vous êtes ici : Accueil / Thématiques / Neurosciences / Actualisation des connaissances / Vision / ENSEIGNER / AIRES CEREBRALES ET VISION / Résultat de l'exploitation des cas cliniques

Résultat de l'exploitation des cas cliniques

Exploitation des résultats et conclusions à propos des aires corticales impliquées dans la construction visuelle

 Les parties surlignées de la même couleur dans le tableau indiquent une continuité de raisonnement depuis le type d'anomalie clinique jusqu'à son utilisation pour faire le lien entre les aires cérébrales et la vision

 

Type d'anomalie constatée Origine biologique de l'anomalie Enseignements à tirer Localisation des lésions

Cécité globale

Au moment de l'admission du patient : cécité complète avec hallucinations visuelles, amnésie antérograde, désorientation spatio-temporelle

A court terme : impossibilité de reconnaître les objets par la voie visuelle (possible par la voie tactile),

                       cécité quasi-complète épargnant deux îlots dans la zone maculaire et le quadrant inférieur gauche,

                         maintien de la capacité à détecter les mouvements, importants troubles de la mémoire,

Au bout de 5 ans : récupération des capacités de reconnaissance des stimuli projetés sur les secteurs les plus centraux de la rétine, absence de reconnaissance des objets présentés ailleurs dans le champ visuel sauf s'ils sont en mouvement, troubles de la mémoire

Hémorragie cérébrale bilatérale en région occipitale dans le territoire des deux artères cérébrales postérieures : infarctus ayant détruit la majeure partie du cortex strié sauf le cortex strié postéro-supérieur de l'hémisphère droit qui a été épargné

- Le cortex strié est essentiel à la vision : aire visuelle primaire V1

- Il est territorialisé : traite les informations visuelles dans une zone qui dépend de la position des objets dans le champ visuel

- Il n'est pas le seul à intervenir dans la vision : d'autres aires corticales sont nécessaires pour une perception globale de l'image

img1_cas_clinique.JPG

Aire visuelle V1 (cortex strié)

Perte de vision des couleurs : 

Absence de vision des couleurs dans la partie droite du champ visuel binoculaire (la patiente voit le monde "gris" ou "sale"),

réponse correcte aux questions relatives à la couleur des objet (ex: quelle est la couleur du sang?),

trouble d'alexie sans agraphie (elle peut écrire une phrase grammaticalement complexe mais est incapable de la relire).

Atteinte dans le territoire de l'artère cérébrale postérieure gauche ayant entraîné une lésion dans la partie postérieure et interne de l'hémisphère gauche.

- La perception des couleurs est possible grâce à une aire corticale postérieure et interne : l'aire visuelle V4

- Les informations du champ visuel droit sont traitées dans le cortex gauche

- Il existe une aire corticale impliquée dans la reconnaissance des mots écrits : la VWFA

img2_cas_clinique.JPG

Aire visuelle V4

 

Cécité au mouvement

Incapacité à percevoir un mouvement (la patiente ressent des "arrêts sur image" de plusieurs secondes tout au long desquels elle ne perçoit qu’une image immobile en perdant toute conscience visuelle des mouvements dans son environnement), capacité normale de reconnaissance des visages et des objets, de lecture et de distinction des couleurs

 Accident vasculaire cérébral ayant entraîné des lésions bilatérales de la substance grise uniquement au niveau de la jonction temporo-occipitale et des lésions de la substance blanche sous le cortex occipital latéral (atteinte plus importante pour l‘hémisphère droit).

 

 - La perception des mouvements est possible grâce à une aire corticale temporo-occipitale : l'aire visuelle V5

- Cette aire corticale n'est pas impliquée dans la reconnaissance des visages et des objets, ni dans la lecture ni dans la perception des couleurs : d'autres aires corticales sont nécessaires pour une perception globale de l'image

 img3_cas_clinique.JPG

Aire visuelle V5

 lllusion de mouvement

Au cours de crises épileptiques, illusion de mouvements des objets de l'environnement, paraissant se déplacer du centre vers la périphérie, à l'intérieur du champ visuel gauche

 

Tumeur cérébrale temporo-occipitale droite

Un enregistrement EEG pratiqué durant une crise a révélé un point de départ des crises épileptiques au niveau de la jonction temporo-pariéto-occipitale.

 

- L'aire corticale temporo-occipitale est impliquée dans la perception des mouvements : aire visuelle V5

- Les informations du champ visuel droit sont traitées dans le cortex gauche (ici, le schéma fonctionne à l'envers puisqu'un dysfonctionnement de l'aire V5 crée des mouvements non réels)

 Pas d'image disponible
 

Incapacité à reconnaître des visages

Troubles de reconnaissance des visages (s'il croise sa femme dans la rue, le patient ne peut pas la reconnaître à moins qu'elle ne lui parle ou qu'elle ait un signe distinctif qu'il connaît au niveau des vêtements par exemple), difficultés à représenter son propre visage dans un autoportrait (le patient est artiste peintre)

 Accident vasculaire cérébral ayant entraîné des lésions dans le cortex inféro-temporal droit

 Le cortex inféro-temporal est indispensable au traitement et à l'association d'informations visuelles concernant les formes et les couleurs et qui sont nécessaires pour la reconnaissance des visages : l'aire IT

 img5_cas_clinique.JPG

Aire visuelle IT (inféro-temporale)

 

 

Conclusion :  Il apparaît que plusieurs régions corticales interviennent dans la perception visuelle et que ces aires visuelles sont spécialisées. En effet, chaque aire ne traite pas à elle seule toutes les caractéristiques d'une image puisque les dysfonctionnements constatés concernent un aspect de la vision (couleur, mouvements etc.). Il faut donc une collaboration entre les aires pour l'élaboration d'une perception globale. Les aires corticales sont à l'arrière du cerveau mais ne sont pas forcément contiguës.

La grande étendue des lésions empêche de localiser précisément les zones corticales impliquées dans chacune des fonctions lésées. La localisation précise des différentes aires corticales qui viennent d'être nommées nécessite une seconde approche ayant une résolution plus importante : l'IRM fonctionnelle.